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 L'honorable tournoi de Karak Azgaraz

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Essen
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MessageSujet: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyVen 4 Oct 2019 - 9:50

Ainsi débute le tournoi de...
L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  Azgara10
Image tirée du DLC éponyme du jeu-vidéo Warhammer the End Times : Vermintide


malheureux rougit


     « Je n'aime pas ça.
     - Je déteste ça.
     - C'est non seulement ridicule, c'est aussi dangereux qu'insensé.
     - Si son père, les ancêtres veillent sur lui à présent, voyait comment gouverne son empressé de fils, il sortirait de la pierre pour lui coller la raclée de sa vie.
     - Décidé en moins d'une journée, à ce qu'on m'a raconté ! Scandaleux !
     - Si toutes les décisions se prenaient ainsi quand nos pères étaient là, le karak ne serait qu'une ruine !
     - Une ruine ! Infesté de vermines, oui !
     - Un nid de grobis, oui !
     - Je vais te le dire, moi : du temps de Zaladrin son père, ça ne serait jamais passé comme ça.
     - Du temps de Zaladrin ! Du temps de Zaladrin ça périclitait déjà, mon p'tit père ! J'en donne ma barbe à couper !
     - Non mais regardez-les, regardez-moi ça ! Ils traînent de la patte, on dirait des naines engrossées !
     - Ils n'y connaissent plus rien, les jeunes de nos jours, il faut tout reprendre des bases, sinon ça va nous tomber sur la tête, c'est moi qui te le dis.
     - Comment ont-ils appelé ça ? Une reine ? Qu'est-ce que c'est que ces bêtises encore ?
     - Une arène. J'en ai vu durant mes voyages de jeunesse, mais je te dis que là, ça ne ressemble même pas à un enclos à moutons.
     - Un enclos à moutons ! J'ai vu des enclos à poulets faits mieux que ça ! Regarde-moi ces fondations ! Regarde-moi ce terrain ! La première pluie va ramollir la glaise et ça va s'effondrer comme une construction humaine !
     - La première pluie, le premier coup de vent, oui.
     - Le premier coup de vent ! Même au soleil, la glaise va sécher et les fondations vont s'effondrer, ah, par les ancêtres, heureusement que mon paternel, les ancêtres veillent sur lui, ne voit pas ça !
     - Moi, ce que je vois, c'est du travail fait avec le marteau laissé chez soi. Voyez-vous, la moitié des bâtisseurs est affairées tout en bas chez les umgi ! Eh bien moi, j'aurais rappelé les bâtisseurs d'ici et de là-bas et ensemble nous aurions progressé sur les tunnels ouest, en plus ça pullule de grobis par là-bas !
     - Ça, mon p'tit père, c'est à la guilde des guerriers qu'il faudrait dire ça mais, voyez-vous, la moitié sont en train de convenir qui devrait oui ou non aller défendre l'honneur de la guilde ou bien s'ils devraient y aller tous ensemble !
     - Des tire-au-flanc ! Des bons-à-rien ! Pas étonnant que les grobis et les thaggoraki sont de retour ! Ils flairent la faiblesse de cette génération !
     - La faiblesse ! La débilité mentale, oui ! Ça ose s'équiper de gromril alors que ça ne sait même pas tenir la hache par le bon bout !
     - C'est un miracle, c'est la volonté des ancêtres qui maintient encore la vermine à distance, n'est-ce pas ? Ah, et...
     - Ho ! Torgrim !
     - Fraki !
     - Encore à radoter ?
     - La paix, Velma, ma jolie ! Je t'ai déjà dit...
     - Freya, nous sommes...
     - Vous discutez dehors par une humidité pareille ?!
     - La paix ! Du temps de mon père...
     - Du temps de ton père, tu n'étais jamais en retard au repas !
     - Maismaismais vois donc la folie que font ces jeunes barbes !
     - Bahbahbah ils sont bêtas comme des ânes, ça c'est sûr, mais ça n'excuse pas que les côtelettes vont être froides !
     - Hm, grm, bon, bon, on arrive, Velma, on arrive.
     - Ah, tu ne m'auras pas à ce jeu-là, mon trésor ! Freya et moi savons que vous êtes prêts à passer l'hiver à honorer la mémoire du passé, alors tant que vous ne serez pas à table, nous, on ne bougera pas d'ici !
     - Parfaitement ! Fraki ! C'est adorable à Torgrim et Velma de nous inviter, nous devons honorer leur tablée ! Honte à toi !
     - Hein ?! Maije... Heu...
     - Heu... Bon. Fraki, la table est servie et, heum, ah, c'est que je sens d'ici en plus, ça sent divinement, Velma, ma douce...
     - Vieux roucoulard ! Va va je t'aime toujours, mais on y va ! Laissez les jeunes travailler, ils répareront leurs bourdes plus tard !
     - Bon. Après toi, noble ami.
     - Honorable Torgrim, tu es l'hôte, après...
     - FRAKI !
     - TORGRIM ! Les petits-enfants n'en peuvent plus d'attendre !
     - Bon bon...
     - Groum bararoum...
     - Comme tu dis...
     - Par nos ancêtres...
     - Par Grimnir...
     - … Grungni...
     - … et Valaya...
     - A table...    


trinquer
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Essen
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptySam 12 Oct 2019 - 16:34


***


     Ubersreik, la cité impériale proche du karak, renaissait une fois de plus de ces cendres grâce aux prouesses ouvrières des nains : là où des humains auraient trouvé mille excuses pour ralentir leur besogne, les nains œuvraient sans baisser la cadence de l'aurore au crépuscule. Le bourgmestre en était absolument ravi mais souhaitait néanmoins que leur départ se fasse le plus tôt possible : la brigade de Morgrim Morgrimsson avait élu domicile dans l'auberge la plus proche de l'hôtel de ville. Ainsi, tous les soirs, il entendait leurs chants étranges et gutturaux résonner tel un mugissement de middenlanders alcoolisés, cacophonie abominable ressemblant tantôt à une litanie mortuaire, tantôt à un concert d'orgues sigmarites entrecoupé d'éclats de rire tonitruants...


(traduction du Khazalid faite un beau soir par Morgrim à l'aubergiste)

Ce bon Durin
Ce bon Durin
Ce bon Durin
Avait un bon coup de burin
Avait un bon coup de burin !

Ce bon Durin
Un bon matin
Ce bon Durin
Un bon matin
Courtisa la fille de Thorin
Courtisa la fille de Thorin !
Ce bon Durin
Ce bon Durin
Ce bon Durin
Courtisa la fille de Thorin
Courtisa la fille de Thorin !

Ce bon Durin
Était malin
Ce bon Durin
Était malin
Passa sa barb' autour d'ses reins
Passa sa barb' autour d'ses reins !
Ce bon Durin
Ce bon Durin
Ce bon Durin
Passa sa barb' autour d'ses reins
Passa sa barb' autour d'ses reins !

Ce bon Durin
Était taquin
Ce bon Durin
Était taquin
Il lui dit deux-trois mots coquins
Il lui dit deux-trois mots coquins !
Ce bon Durin
Ce bon Durin
Ce bon Durin
Il lui dit deux-trois mots coquins
Il lui dit deux-trois mots coquins !

Ce bon Durin
Était beau brun
Ce bon Durin
Était beau brun
Elle fondit telle neige au matin
Elle fondit telle neige au matin !
Ah le beau brun !
Ce bon Durin !
Ah le beau brun !
Ce bon Durin !
Elle fondit telle neige au matin
Elle fondit telle neige au matin !

Ce bon Durin
Lui prit la main
Ce bon Durin
Lui prit la main
Et ils trouvèrent un' meule de foin
Et ils trouvèrent un' meule de foin !
Main dans la main
Main dans la main
Main dans la main
Main dans la main
Ils trouvèrent une meule de foin
Ils trouvèrent une meule de foin !

Ce bon Durin
Tout plein d'entrain
Ce bon Durin
Tout plein d'entrain
Lui donna un bon coup d'burin
Lui donna un bon coup d'burin !
Tout plein d'entrain
Ce bon Durin
Tout plein d'entrain
Ce bon Durin
Lui donna un bon coup d'burin
Lui donna un bon coup d'burin !

     Lorsque l'aubergiste eut demandé à Morgrim s'il y avait une suite, le nain lui répondit que la plupart des nains s'accordaient sur à dire que Durin se mariait avec la fille de Thorin mais que la chanson ne s'y intéressait tout simplement pas : en général, en fonction du nombre de bières ingurgitées, les couplets finissaient par être répétés de manière plus ou moins aléatoire, avant que quelqu'un ne conclût la chanson sur « le bon coup de burin ». Des chansons comme celles-ci, avait alors ajouté le contremaître nain, il y en avait des dizaines qui circulaient entre les guildes des Montagnes Grises, et des centaines, voire plus, chez leurs voisins à l'est. Il fallait impérativement remercier leurs ancêtres pour leur avoir transmis la mémoire de la plupart des chansons, les créations nouvelles étant plutôt rares mais généralement bien accueillies.
     L'aubergiste, qui tenait la taverne de son père et qui faisait lui-même partie d'une lignée ayant géré une auberge depuis le règne de l'empereur Magnus, eut l'évidente sagesse de saluer chaleureusement la beauté de la chanson, suite à quoi une nouvelle tournée de bières fut commandée, et les nains en entamèrent une nouvelle (chanson et tournée)...

***

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Gromdal Drekgiti
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyJeu 31 Oct 2019 - 4:11

* * *

        Engoncés dans leurs armures rutilantes, les visages cachés sous des casques dorés, les deux guerriers se jaugeaient, tournant l’un autour de l’autre, gantelets serrés sur leurs armes massives. Un marteau en face d’une grande hache. Barbe noire contre barbe blonde. De part et d’autres, les encouragements fusaient de l’assemblée qui les entourait.

        « Allez Braki, montre leur !
        — Godrun, fait lui tâter de ton marteau ! »

        Soudain, les deux nains se lancèrent l’un contre l’autre, avant de se séparer après avoir échangé quelques coups… infructueux. La grande hache de Braki avait mordu l’armure de Godrun, sans plus d’effet que de la rayer. Le marteau de Godrun lui, fut dévié sans efforts.
(Braki : 2T, 1T annulée, 0B. Godrun : 1T annulée.)

        Les cris s’intensifièrent : on voulait du spectacle ! Bien décidé, Braki fit voler ses tresses blondes en s’élançant dans un assaut féroce qui, en plus de percer la garde de son adversaire, l’empêcha de riposter !
        (Braki : 2T, 1B, -1PV ! Godrun : 1T, 0B)

        On acclama l’un, et on encouragea l’autre à se reprendre :
        « Par la barbe de tes ancêtres, Godrun, montre leur comment on se bat chez les Drazhgrundreugi !! »

        La mâchoire de ce dernier se serra dans sa barbe noire, et il s’élança en poussant un cri de guerre. Braki joua avec aisance en profitant de la même ouverture dans la garde de son adversaire que précédemment (Braki : 2T, 1B, -1PV!), avant de se rendre compte qu’il venait de s’exposer comme Godrun l’attendait ! La contre attaque fut sans pitié (Godrun 4T, 3B, -3PV !!! Braki perd une attaque), et le nain blond fut violemment repoussé de plusieurs pas, sous les acclamations de l’audience, impressionnée du revirement de situation !

        Mais Godrun n’en resta pas là, et pressa à son avantage, en s’élançant à la poursuite de son adversaire. Braki essaya de riposter sous l’assaut vigoureux, mais n’arriva cette fois pas à percer la garde habile de Godrun. (Braki : 2T, 0B.) Coup après coup, le marteau força Braki à ployer… jusqu’à ce que sa hache vole de ses mains et s’écrase au sol, le laissant désarmé. (Godrun : 4T, 3B, -3PV!!! Braki perd ses attaques restantes)

        Le marteau s’abaissa, lentement… et les deux nains échangèrent une poignée de main vigoureuse, se félicitant mutuellement pour ce duel qui les avait laissés tous deux à bout de souffle. Les applaudissement fusèrent, célébrant tant l’affrontement spectaculaire que ses deux participants.


* * *

        Depuis son poste excentré du Grand Hall, Drungar regarda les deux guerriers s’éloigner sous les acclamations de la foule. Lui-même avait été impressionné par le duel, et en tant que martelier, il avait vu sa part de combats…
Les deux nains partis, le roi Thuringar se leva et pour saluer chaleureusement les envoyés humains en l’honneur de qui il avait fait organiser ce duel. Et quel duel, se disait le martelier, les umgi avaient de quoi être impressionnés !
Thuringar serrait solennellement la main au plus âgé des humains (qui portait à son menton une pâle excuse de barbe), lorsqu’une voix rocailleuse particulièrement grave s’adressa à Drungar dans son dos.

        « Par Thungni, que se passe-t-il ici ? »
        Il ne se retourna même pas pour répondre :

        « La délégation humaine venant d’Ubersreik vient d’arriver, notre roi leur donne une grande cérémonie d’accueil.
        — Ils ne sont pas beaucoup, continua son interlocuteur, de mon temps, les humains savaient nous montrer respect en venant en grande pompe. »

        Drungar retint un soupir. Longue-barbe, hein ? Par Grungni, pourquoi c’était toujours à côté de lui qu’ils venaient grommeler pendant sa garde ?

        « D’autres suivront, les umgi d’Ubersreik tenaient à venir en premier pour montrer qu’ils tenaient à cœur leur relation privilégiée avec le Karak, ont-ils dit.
        — Relation, relation… ils mettent leur ville sens dessus-dessous et viennent pleurer à l’aide ensuite. C’était déjà comme ça du temps mon trisaïeul, et ça n’a pas changé depuis. Je me rappelle quand on me racontait comment Gorbad Griff’eud’fer... »

        Le martelier roula des yeux, le longue-barbe était lancé pour un moment. Il songeait très fort à couper, certes poliment, le vénérable ancêtre. Lorsqu’un détail le fit s’arrêter.

        « … je suis descendu moi-même quand on a reconstruit leur cité après le passage des démons venus de Drachenfels. Aidé à purger un peu les ruines, poser quelques runes. Quel foutoir cette époque, mais au moins on savait s’y prendre mieux qu’aujourd’hui. »

        Cet épisode remontait à plus de trois-cents-ans, se souvenait Drungar. Aucun longue-barbe de la forteresse n’aurait pu participer à une expédition guerrière de cette époque, c’était tout simplement trop vieux.
        Piqué par la curiosité, le martelier se retourna précipitamment, et tomba nez à nez avec un nain qui croulait presque littéralement sous une foisonnante barbe blanche, aux tresses et attaches multiples. Le peu du visage qui était visible était couvert de rides, et deux yeux profondément enfoncés dans leurs orbites le toisaient sans fléchir. Dans une main à la peau sèche, couverte de ridules et autres marques de vieillesse, il tenait un gigantesque marteau de guerre gravé de runes qui brillaient puissamment. Pour n’importe quel nain de la forteresse, il n’y avait aucun doute sur l’identité du vieux, très vieux longue-barbe qui se tenait devant lui.

        « Hrafni Hrotgarsson, le doyen de… balbutia un Drungar incrédule
        — ... le doyen des seigneurs des runes, oui mon garçon, c’est bien moi ! le coupa l'interpellé d’un air exaspéré.
        — Mais, mais… vous n’êtes pas sorti de vos quartiers depuis près de cent ans…
        — Eh bien j’ai décidé d’en sortir, et il n’y a pas à gamberger sur l’affaire, grommela Hrafni. J’ai des choses à faire, et ce n’est certainement pas à attendre que passe une foutue délégation d’umgi venus de leur piètre cité. Je suis venu pour poser ma participation à leur « honorable tournoi », pas voir les humains se dandiner devant le roi, ça je l’ai déjà assez vu ! »

        Les yeux de Drungar s’agrandirent encore plus.

        « Vous participez au… ? »

        Le seigneur des runes fit la moue.

        « Oui oui… des choses à faire, à éprouver mon garçon. Ce marteau… » Ce disant, il avait frappé le sol du manche de son arme, et Drungar aurait pu jurer qu’il avait senti la pierre trembler sous ses pieds. « … a besoin d’une épreuve du feu. Aussi futile qu’un tournoi puisse être, ça fera l’affaire pour le moment. »

        Le seigneur des runes continua à grommeler dans son dos, mais Drungar ne l’écoutait plus, s’étant retourné gauchement. Il resta un moment les yeux dans le vague. Un tournoi, des umgi dans la forteresse, les seigneurs des runes qui sortaient de leurs ateliers après des siècles… Ces prochaines semaines s’annonçaient décidément riches en évènements. Peut-être un peu trop à son goût…


* * *


        Alors que les deux combattants nains s’en retournaient, chacun de son côté, vers l’assemblée, le vieux Gunther Hindelschtrossheblunter, représentant officiel du Bürergmeister Von Brüner d’Ubersreik (qui présentait ses plus plates excuses pour son absence), eut un petit rire bon enfant.

        « Eh bien eh bien, mazette, quel superbe duel. »

        Il fit une petite pause, alors que quelques discussions prononcées à voix basses un peu partout faisaient bruisser la salle comme une cour d’école. Sans paraître s’en rendre compte, le vieillard à la barbe blanche se crut obligé d’ajouter d’un ton qu’il croyait malicieux :

        « En tous cas, c’est pas passé loin. L’un de ces braves aurait pu se faire couper la barbe »

        Ce fut comme si on avait posé un oreiller sur les oreilles de chacun. En un éclair, toutes les conversations se turent, et la délégation humaine sentit le poids de plusieurs dizaines de regards se poser sur eux. Erhard poussa un soupir tout en levant les yeux au ciel. Tout ce temps, au cours du voyage, à tenter de briefer ce vieil imbécile sur ce qu’il fallait dire devant des nains, et surtout sur ce qu’il ne fallait surtout pas dire, n’avait apparemment servi à rien. Pas qu’il en fut surpris, car ce brave vieux Gunther semblait ne pas avoir beaucoup écouté ces conseils. Pour sa défense, il n’entendait plus grand-chose, ce qui rendait son choix par Von Brüner encore plus surprenant. Peut-être que le Bürgermeister avait voulu se débarrasser un temps de ce conseiller un peu encombrant, et peut-être s’était-il dit que son grand âge et sa barbe aideraient à se faire bien voir des nains. Peine perdue. En deux phrases, il avait déjà ruiné des semaines de préparation.

        Le malaise ambiant s’étira un peu en longueur, personne n’osant réagir trop promptement. Erhard croisa le regard de sa sœur. Sybille avait la même expression que lui, mélange de résignation et de déception. Il se demandait comment rattraper le coup avant que le représentant officiel ne déclenche une guerre totale en ajoutant un commentaire. Eux, de la famille Mikaelson, avaient déjà eu affaire à des nains à plusieurs reprises, mais fallait-il se mettre en avant maintenant ?

        « Ce que le représentant Hindelschtrossheblunter a voulu laisser entendre, c’est que ce magnifique duel nous a tous très impressionnés, et que nous serions ravis, et plus qu’honorés d’assister à un tournoi dont les participants seront d’une telle qualité. »

        Toutes les têtes se tournèrent vers l’individu qui venait de s’exprimer. Erhard et Sybille ouvrirent les mêmes grands yeux ronds. Leur frère, Johannes, s’était faufilé jusqu’au premier rang, et avait lancé cette réplique visant à calmer un peu le jeu.

        « Je rêve ou Johannes essaye de régler un problème de façon pacifique ? » Chuchota Sybille, un petit accent d’ironie dans la voix. « Je n’ai pas vu ça se produire depuis au moins un siècle. »

        Erhard déglutit. « On dirait bien, mais je me méfie. Avec lui, on n’est jamais au bout de nos surprises. » Son vampire de frère avait toujours eu une nature prompte à l’affrontement, et il était habitué à ses beaux discours qui n’avaient pas une once de sincérité.

        Dans l’assemblée naine, le silence fut brisé là aussi par quelques chuchotements. Tous regardaient successivement Johannes, jeune homme blond richement vêtu au sourire éclatant, et le roi Thuringar, qui n’avait pas encore réagi. Le vieux Gunther semblait oublié, mais ce dernier fit quelques petits pas timides vers l’avant, comme pour affirmer son ascendance sociale sur Mikaelson. Parmi l’assemblée humaine, tout le monde l’observait également, avec des expressions diverses. Certains semblaient soulagés, d’autres en colère, mais la plupart étaient manifestement complètement déboussolés. Il avait pris tout le monde de court, et aucun ne s’y étaient attendus.

        L’attente d’une réaction du roi ne fut pas longue. Ce dernier finit par ouvrir les bras, un grand sourire éclairant son visage d’une expression débonnaire.

        « Vos commentaires nous honorent, amis umgi. Nous serons à notre tour ravis de vous compter parmi les participants de notre grand tournoi. »

        Dans les minutes qui suivirent, le protocole empêcha quiconque de parler de façon informelle. Étonnamment, Johannes fut mêlé de plus près aux discussions à caractère officiel, son intervention l’ayant manifestement mis en valeur auprès des nains. Erhard et Sybille, depuis l’arrière, priaient intérieurement pour que leur frère ne commette pas d’impair diplomatique. Ce ne fut cependant que bien après, confortablement installés dans l’une des meilleures suites de l’auberge du “Grand Vent” de la zone réservée aux impériaux étrangers (aucun n’ayant le droit de loger dans la forteresse), qu’ils purent discuter de façon plus personnelle.

        « Tu nous as surpris, Johannes. » Déclara Erhard de son habituelle voix traînante. « Et je dois dire en bien. »

        « Comme tu le vois, cher frère, je ne suis pas homme à ne pas sauter sur l’occasion. Je ne sais toujours pas quoi faire du vieux Gunther Hindelschtrossheblunter, mais sa maladresse m’a au moins permi de me mettre sur le devant de la scène. »

        « Cela dit, il y a un point auquel tu n’as pas pensé je crois. Vu que tu sembles reprendre peu à peu le rôle de représentant, tu ne vas pas pouvoir participer au tournoi. Ça ne serait pas convenable. »

        Un large sourire fendit le visage maigre de Johannes alors qu’il regardait le visage calme aux cheveux noirs de son frère.

        « Mais j’y ai déjà pensé. Il faudra que ce soit toi qui défende nos couleurs. Il n’y a pas de raisons que je sois le seul à m’amuser. »

        « Et pourquoi pas moi ? » Demanda Sybille d’une voix où pointait la frustration ? Erhard se tourna vers elle.

        « Tu le sais très bien, sœur. Nous ne mettons pas en doute tes aptitudes au combat, mais la société naine est un monde d’hommes, et nous ne pouvons nous permettre de les offenser. Souviens-toi que nous faisons tout cela pour notre famille. Cela n’a rien d’un jeu. »

        Elle fit une moue désapprobatrice.

        « Ça semble être un jeu pour vous deux en tous cas. Je vous laisse donc à vos discussions importantes, entre hommes. »

        Erhard leva la main, essayant de l’empêcher de sortir, mais elle avait déjà claqué la porte avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche. Il plissa les lèvres de frustration. Quand comprendrait-elle ? Johannes avait lui-aussi l’air contrarié, et il se dirigea vers la porte pour la poursuivre.

        « J’ai déjà annoncé ton nom comme combattant, Erhard. Je vais chercher Sybille. En attendant, je te conseille de fourbir tes armes. »


Spoiler:
 

Traduction réalisée d'après Grudgelore, de Nick Kyme et de Gave Thorpe.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyVen 1 Nov 2019 - 4:16

* * *

        Gorim Okanirson, chef du clan Grandmarteau, posa les yeux sur Karak Azgaraz pour la première fois en quarante ans. Bien sûr, il ne voyait pas vraiment la forteresse enfouie ; mais la forme toujours familière de la montagne, les statues magistrales gravées dans la falaise et les défenses de la porte lui donnait presque l’impression de voir les tunnels, la salle du trône et les logements, comme par transparence. Sa longue habitude savait où était logé chaque clan, par où partaient les mineurs et où se retrouvaient les guildes.

        L’appréhension se mêlait à cette joie de retrouver le foyer de ses ancêtres. Enfin, pas de tous ses ancêtres : il pouvait remonter son filon généalogique jusqu’à de prestigieux aïeuls plus anciens que la fondation de ce jeune karak. A cette pensée l’amertume remonta dans sa gorge aussi vite que la bile d’un troll. Il était chef du noble clan Grandmarteau, porteur d’un artefact magique inestimable hérité de générations en générations ; et depuis qu’il avait accédé à ce titre, des conseillers malavisés et des humains comploteurs avaient dispersés sa fortune et son clan.

          Il était parti avec tous les Grandmarteaux à la recherche de richesses, d’or sous les collines de l’Empire ; il avait créé une mine à la recherche d’or, et seulement quelques années plus tard, au moment où il allait pouvoir exploiter pleinement les richesses de la mine, des hommes de l’empire l’en avait spolié, en prétendant l’avoir acheté pour une somme minable. Il avait, de son mieux, fait vivre son clan dans l’Empire, mais sa fortune avait bien vite disparu. Alors qu’ils auraient dû être reconnaissants, son clan, sa famille, avait préféré retourner à Karak Azgaraz ou vers d’autres territoires. Certains s’étaient même implantés dans les porcherie qu’étaient les grandes villes humaines, s’habillaient et travaillaient comme des humains.

          Et puis, alors qu’une quinzaine de mineurs seulement restaient encore avec lui, cherchant à récupérer la mine, un humain de passage lui avait volé son marteau, celui qui donnait son nom à son clan, la dernière marque de prestige qui lui restait. Et depuis, pendant dix ans, Gorim et ses derniers mineurs avaient abandonnés leurs espoir de récupérer la mine, à la recherche de l’artefact et de son voleur. Dix années harassantes, mais finalement la persévérance avait payé.

          A la tête de la dizaine de prospecteurs qui le suivait encore, les derniers du clan Grandmarteau, Gorim cala l’arme aux runes étincelantes sur son épaule, bien visible, et se dirigea vers l’entrée Est de Karak Azgaraz, décidé à retrouver l’autorité sur son clan et sa place dans la forteresse. Un tournoi, voilà une bonne occasion de montrer son expérience, sa robustesse et son courage. Une fois victorieux, il rayonnerait par le prestige comme l’or à la lanterne du mineur !

* * *

          « Je refuse de passer ma vie enfermée dans ces geôles ! »

          Beuglant depuis une bonne heure à l'adresse de son oncle, Ember n'en démordait pas. Fermement campée, elle lui tenait tête en affichant une mine déterminée. La barbe tremblante de colère, lui hésitait à corriger son vis à vis imberbe.

          « J'ai juré au frangin agonisant que j'prendrais soin d'sa fille unique, vociféra-t-il. Que sur mon honneur rien ni personne te f'rais jamais l'moindre mal ! Et j'compte bien t'nir mon serment !
          — Sauf que t'es bon qu'à m'tenir en laisse pour ça ! répondit-elle sans en démordre. Sûr qu'il va être dur à rompre dans ces conditions ! Koldrak s'retournerait dans sa tombe de te voir f...
          — J'te permet pas d'parler d'mon frère ainsi ! » l'interrompit son oncle en la giflant sans préavis.

          Surprise, Ember fit un pas de côté avant de s'essuyer la lèvre d'un revers du poignet.

          « Rien ni personne ne me ferais le moindre mal que tu disais. » reprit-elle avec amertume.

          Secouant sa tignasse orange, la naine s'étira les épaules avec un regard sombre alors que son protecteur n'en démordait pas.

          « Tu es le frère de mon père, Kildrak. Vous avez grandis et été entraînés ensemble. Or, Koldrak, tu ne l'as jamais battu au combat, que se soit à la hache ou au pugilat. Que se soit avant ou après qu'il perde son nom. Et avant de tomber, c'est lui qui m'a apprit à me défendre, comme si j'étais née barbue. »

          Elle leva le poing face à son oncle rouge de colère.

          « Je sors de cette forteresse. Empêche moi donc si tu l'oses. »

          D'un geste rageur Kildrak attrapa le poignet de sa nièce. Mais faisant preuve d'une vivacité inattendue, la cadette le gratifia d'un uppercut au menton de sa main libre. Le nain en tomba à la renverse, le champ de vision constellé d'étoiles. Il ne pouvait décemment pas renier sa nièce : elle avait le crochet de son père !

          « Je sors de cette forteresse, répéta-t-elle en tournant les talons. Et j'ai besoin ni de la bénédiction ni de la protection de quelqu'un de plus fragile que moi. »

          Son regard s'embuant de larmes en réalisant l'ampleur de ce qu'il venait de se passer, Kildrak roula sur un coude. Il tendit l'autre bras en sa direction, s'apprêtant à l'appeler... mais s'abstint. Elle avait raison. A souhaiter la protéger, il la tenait prisonnière de ses appartements. Qu'aurait pensé son frère d'un tel comportement ?

          Ruminant dans sa barbe, il se releva, réfléchissant. Le caractère ardent de leur clan coulait dans ses veines, cela ne faisait aucun doute. Pour la retenir il faudrait la garder pieds et poings liés... en revanche, il pouvait reconnaître son erreur et l'accompagner au-dehors pour tenir sa promesse, quoi qu'elle en dise.

          Il grogna à cette idée qu'il chassa rapidement de son esprit. Juste l'accompagner au-dehors serait suffisant. Et quitte à sortir, autant lui remettre le pendentif runique de leur clan, le bien le plus précieux de son défunt frère...

* * *

        L’entrée de la forteresse de Karak Azgaraz était un lieu animé ces derniers temps. Les convois marchands tournaient sans arrêt et ce malgré les températures des hauteurs des montagnes grises, mais les équipes de reconstruction aussi.

        La cité d’Ubersreik n’allait pas renaître de ses cendres de sitôt et le train logistique ne semblait pas diminuer en intensité. Ce qui n’était pas forcément étonnant pour ceux qui avaient vu l’état de la ville impériale ces derniers jours.

        Marchands, maçons et autres convoyeurs se frôlaient donc aux abords de l’imposante œuvre creusée dans la façade montagneuse sans plus faire attention à ces passants qu’ils voyaient tous les jours maintenant. Néanmoins, de nouvelles têtes se mêlaient à la foule depuis peu. Des curieux pour la plupart, à la suite de l’annonce d’un tournoi cela était bien normal, mais aussi de possibles participants. Le sourire aux lèvres ou à la barbe, c’était selon, ils rivalisaient de verve et de regards désapprobateurs, tergiversant ainsi de futurs résultats dans l’arène. On y trouvait surtout d’anciens participants des festivités d’Ubersreik qui avaient été disqualifié dans les premiers tours et qui se disaient qu’ils pourraient bien retenter leur chance ce coup-ci.

        A nouveau, rien de bien inhabituel.

        Ce qui sortait un peu plus de l’ordinaire en revanche, était la figure d’un nain austère tout encapuchonné. Sa barbe aussi respectable que grisonnante se fondant presque avec son manteau aux couleurs de l’ébène, il avançait en regardant droit devant lui. Les quelques nains qui le croisaient, en apercevant brièvement la tunique ornée de rouge sous l’épaisse cape, signait avec déférence une de leurs divinités avant de regarder ailleurs.

        En arrivant près des gardes de la forteresse qui vérifiaient méticuleusement la nature des marchandises qui entraient, le longue-barbe se releva subtilement et vissa son regard de plomb dans celui de la sentinelle la plus proche. Ce dernier, après un instant d’hésitation, s’inclina subtilement avant de prendre la parole :

        « Tromm à vous, prêtre de Gazul.
        — Tromm, grommela-t-on en retour.
        — Je ne me souviens pas vous avoir vu dans Azgazraz… Viendriez-vous d’un autre Karak ?
        — Effectivement. Mon nom est Vorlek Dunbalsson, du clan Barbe-de-Bronze à Karak Norn, mais j’arrive de Gargrimvarn » lui répondit-t-on laconiquement.

        La sentinelle lança un regard bref à son collègue non loin avant de reprendre :

        « Votre voyage fut bon ?
        — Productif, enchaîna le prêtre en posant sa main gantée sur une lourde hache sobre qui n’en était pas à sa première bataille.
        — Ah… Je n’en doute pas. Heum, puis-je vous demander la raison de votre venue ? Nous n’avons que quelques enterrements de prévu et les prêtres de la forteresse sont bien assez pour… »

        Le nain encapuchonné décala ses bras pour qu’ils se placent dans son dos, révélant ainsi qu’il portait une armure sous sa tunique, mais aussi une petite flamme stylisée brodée sur son épaule. Ce qui ne passa pas inaperçu auprès de ses interlocuteurs.

        « Le tournoi m’intéresse, reprit Vorlek.
        — Vraim… ? Devrions-nous nous inquiéter ?
        — C’est à moi d’en décider. Puis-je passer ? »

        Le garde s’inclina à nouveau en indiquant le chemin vers une des plus petites portes qui entouraient le mastodonte en pierre qui servait d’entrée principale.

        « Merci. Que Gazul guide vos pas. »

        Et le nain austère reprit sa marche. Le garde et quelques autres de ses collègues l’observèrent marcher pendant un instant avant de s’en retourner à leurs offices.

        Aucun d’entre eux ne tenta de soulever le fait que le lac de Gargrim avait été envahi par une petite bande de mort-vivant ces derniers mois. Ni à quel point ils se doutaient que l’endroit avait dû être passablement pacifié à présent. Mais, avec un membre de l’Ordre des Gardiens, fallait-il s’attendre à autre chose ?



cri de guerre


Spoiler:
 

Traduction réalisée d'après Grudgelore, de Nick Kyme et de Gave Thorpe.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyVen 8 Nov 2019 - 3:48

Prélude au Tournoi - La Chasse aux Trolls

        L’archidiacre Jean Coteas venait de terminer son inscription au tournoi, avec toute la troupe de braves impériaux qui l’avait accompagné depuis Ubersreik. Son arrivée avait fait grand bruit, tant dans le “Grand Vent” — le village en surface bâti pour loger les participants humains du tournoi— que dans la forteresse elle-même. Un participant imprévu d’une telle envergure, voilà qui en avait remué plus d’un. Entre le vieux Gunther Hindelschtrossheblunter qui sentait désespérément que la place d’honneur dans les yeux des nains allait lui échapper et les vieux longues-barbes du Conseil des Anciens, à moitié curieux de voir un de ces ‘grands’ de l’Empire, à moitié ennuyés de devoir accueillir en bonne et due forme un umgi imprévu, car ils se devaient d’honorer le représentant de Sigmar qu’il était. Le Roi, Thuringar, était en effet absent, parti de l’autre côté de la vallée régler quelque problème bille en tête comme l’était son habitude.

        C’était justement l’un de ces vénérables anciens qui conversait avec l’archidiacre, échangeant des nouvelles sur les événements récents d’Ubersreik et celles de la forteresse, lorsque passa devant eux une cohorte de nains flanquée de quelques humains, tous en armures et guidés par quelques rangers. Cela ne manqua pas d’attirer l’attention de Coteas, qui s’empressa de questionner son interlocuteur :
        « Les rangers du Val Est ont repéré deux vieux trolls dans une grotte, leur Thane propose d’organiser une battue pour les étrangers et les participants du tournoi. » fut la réponse du longue-barbe, dont le visage se fendit d’un air dédaigneux. « Futilité s’il en est, pas besoin d’autant de monde pour deux trolls… Pah, mais c’est ce qui fait bouger les badauds d’aujourd’hui… »
        Jean Coteas ne s’arrêta pas sur les grommellements du nain… il n’en avait que trop l’habitude pour y prêter attention. Il préféra s’attarder sur les membres de l’expédition, et finit par tomber sur Erhard Mikaelson.

        Voilà qui s’avérait intéressant, car il n’avait pas eu l’occasion de s’entretenir avec la famille Mikaelson, tant ils avaient été occupé par les préparations de leur voyage officiel pour Azgaraz dans le convoi officiel de la ville. Peut-être était-ce là l’occasion d’en apprendre plus sur la façon dont son parent Johannes Mikaelson avait vaincu le revenant chaotique pendant les événements du tournoi de la cité impériale. Prenant respectueusement congé du longue-barbe du Conseil, l’archidiacre alla à la tête de l’expédition et demanda à rejoindre la chasse. Il y fut chaleureusement accueilli : le moral était haut dans la troupe, et les impériaux de la troupe observaient amusés les nains chantonner, se bousculer et rire entre eux à l’idée de chasser le troll, et le temps maussade ne semblait pas pouvoir endiguer leur enthousiasme.

        À son grand dam, Jean Coteas ne put pas tirer grand chose d’Erhard Mikkaelsson. Le jeune homme reçut ses questions d’un air froid et lui répondit platement que s’il voulait des détails sur les événements du tournoi, c’était à son frère qu’il devait s’adresser, avant de s’enfermer dans un profond mutisme.

        Dans la troupe s’étaient également mêlés d’autres participants du tournoi. Gorim Grandmarteau voyageait en tête de file, bien décidé à marquer son retour d’un grand coup en obtenant le premier sang.
Son visage dissimulé sous un casque à masque intégral, et ses tresses ramenées sur son torse afin de les faire passer pour une barbe, Ember espérait elle aussi s’illustrer dans la chasse à venir, et qu’elle ait dû se faire passer pour un homme  pour participer au tournoi n’allait pas l’en empêcher !
        Non loin, Hrafni Hrotgarsson grommellait dans sa barbe, se demandant s’il pourrait donner à son marteau une première épreuve du feu, suivi de peu par un Vorlek renfrogné à l’idée de faire goûter à sa hache autre chose que les chairs faisandées des non-morts. Derrière eux se tenaient les humains ayant pris part à la chasse, avec Erhard et Jean Coteas.

* * *

        La troupe finit par sortir d’entre les pins et déboucha sur la prairie herbeuse du Val Est, parsemée de hauts rochers moussus. Ils s’approchèrent du flanc de la montagne, et  l’entrée béante d’une sombre caverne se révéla à eux. Là, deux rangers les attendaient, un air sombre aux visages.

        « Il y a plus de trolls que prévus, thane, expliqua le premier.
        — Une petite dizaine tout au plus, au vu des traces de pas qui mènent à la grotte. On a pas encore eu le temps d’aller plus loin.
        — Jusque là, rien de surprenant ni d’insurmontable, leur répondit le thane. Vu tout le monde que l’on a là, ça ne devrait pas être un problèm... »

        Il n’alla pas plus loin, car un hurlement guttural déchira la vallée. Sur un des rochers qui parsemaient la vallée, un troll s’était dressé de toute sa taille, et agita une rudimentaire massue dans leur direction avant de sauter à terre. Aussitôt, telles des diables hors de leurs boîtes jaillirent de la caverne un petit groupe mi-courant, mi-titubant des bêtes massives armées de masses de fortunes. Il ne s’agissait que d’une question de secondes avant qu’ils ne se jettent sur la troupe des nains et des humains.

        « Par Grungni, aux armes, rangers, avec moi ! » éructa le chef des rangers.

        Quelques carreaux eurent le temps de voler avant que les premiers trolls n’arrivent au contact et fassent voler leurs massues. La mêlée s’engagea et son vacarme couvrit bientôt toute voix.


        En première ligne, les rangers, pourtant habitués aux escarmouches avec les trolls, tentaient tant bien que mal de contenir les bêtes, et Vorlek les avait rejoint aussitôt qu’il avait empoigné sa hache. Avec quatre autres guerriers, il s’élança contre l’un des trolls, gras et couvert de solides écailles grisâtres.
        Les nains firent pleuvoir les coups sur les genoux et les cuisses du troll dans le but de faire tomber la bête, mais un large mouvement de sa massue les força à reculer… avant de se rendre compte que la bête se préparait à vomir. Jurant dans sa barbe, Vorlek sauta sur le côté et réussit à esquiver le plus gros du jet d’acide au fumet pestilentiel. (Vomi : 3T, 0B). Le prêtre de Gazul put voir du coin de leur tout un pan de sa cape disparaître en grésillant. L’odeur allait lui coller à la peau pour toute la journée et le lendemain, réalisation qui eut seulement pour effet de l’énerver plus que nécessaire.
Le troll poussa un cri de douleur lorsque le fer de hache sectionna son pied droit et le fit ployer du genou. Dans sa rage, le troll abattit son poing sur Vorlek, mais il en fallait plus pour faire broncher le nain vétéran. (Vorlek : 2T, 2B, -2PV !! / Troll : 2T,1B, -1PV !)
        Ce dernier ne perdit pas son élan. Un deuxième coup de hache entailla le flanc de la bête. Un troisième pénétra plus profondément dans la blessure qui se refermait déjà. Le troll se plia de douleur, et son propre coup s’écrasa sans trop de force sur l’épaule de Vorlek, qui l’encaissa avec un grognement. La tête de la bête était désormais à portée de sa hache, et il ne manqua pas l’opportunité. L’arme s’enfonça dans le cou épais et mordit les cervicales. Le troll s’effondra dans un râle guttural. (Vorlek : 3T, 3B, 1Invu, -2PV !! / Troll : 3T, 1B, -1PV !)
        Alors que Vorlek reprenait son souffle, les autres rangers qui n’avait pu que regarder le nain mettre le troll à terre presque d’une traite, fondirent sur la bête et abattirent leurs haches sur son cou, envoyant rouler la tête du troll sur l’herbe. On ne prenait pas de risque face aux capacités presque surnaturelles de régénération d’un troll.


        De son côté, Ember prit soin de se dissimuler dans la masse d’un groupe de nains qui se ruait sur un deuxième troll. Celui-ci, loin de paraître impressionné par cette attaque coordonnée, gonfla ses joues et s’apprêta à éructer lui aussi un jet de vomi acide sur les combattants nains. À cette vue, Ember donna de violents coups de coudes à ses équipiers, et le collier sur son torse s’illumina. Tandis que le troll vomit sa bile sur elle, un impressionnant jet de flammes jaillit, interceptant l’attaque du troll qui finit évaporée par la chaleur (Ember : souffle, 5T, 0B. Troll : vomi, 12T, 0B). Les rangers autour d’elle étaient sous le choc, ce genre de technique n’étant pas commun, même dans leurs rangs, mais la jeune naine ne perdit pas un instant et se rua à l’attaque.
        Brandissant sa hache, elle fit une roulade sous les jambes du troll qui était encore aveuglé par de la fumée et de la vapeur. Son premier coup ouvrit une large blessure dans le flanc de la créature, qui meugla de douleur. Les rangers commencèrent par grincer des dents, se disant que ce blanc-bec ne savait visiblement pas que les trolls pouvaient régénérer de telles blessures (Ember : 3T, 3B, 1 invu, -2 PV !). Mais à leur ébahissement, il n’en fut rien, et ils s’aperçurent que l’arme d’Ember était entourée de flammes. La blessure cautérisée, le troll ne pouvait pas se soigner.
        Ce dernier, que la douleur commençait à affaiblir, ne parvint pas à donner suffisamment de force à sa riposte, qui rebondit mollement sur l’armure de la naine (troll : 1T, 0B). Tandis que les rangers se ruaient à l’attaque, Ember contourna son adversaire et asséna un deuxième coup derrière la nuque, qui le décapita à moitié (Ember : 2T, 2B, -2PV !). La bête, ainsi neutralisée, fut à son tour démembrée par les rangers nains et la jeune naine qui ne lui laissèrent aucune chance.


        Malgré la force de leur premier assaut, les trolls commencèrent à accuser des pertes. Ils reculaient ainsi sous les tirs et les coups d’une bande de nains et humains enragés par la perte de leurs compagnons. La situation avait bien tourné depuis le début de l’embuscade et même les cerveaux idiots des monstres finissaient par s’en rendre compte. Il leur fallait un coup d’éclat s’ils voulaient reprendre la main.
        Ce fut alors qu’un des trolls, un des plus petits mais aussi des plus noueux, eu alors une idée, fait assez rare pour être noté. Il chercha des yeux une cible facile aux abords de l’escarmouche et fila en sa direction à grand renforts de coups de massue en tout sens pour se frayer un chemin. S’il broyait ce type assez vite, alors il pourrait probablement partir avec son butin avant de se faire broyer à son tour par les barbus. Un plan d’une grande complexité pour un troll donc.
Hrafni Hrotgarsson vit donc un troll plus sec que les autres foncer dans sa direction. Enfin, pour être exact, il plissa des yeux puis se tourna vers un impérial non loin qui ne savait plus où donner de la tête dans ce merdier.
        « On affronte quoi déjà ? » grommela alors l’ancêtre nain.
        Avant que l’impérial ne puisse reprendre ses esprits devant une question aussi improbable, le troll était sur eux. Forcément, plusieurs rangers nains avaient accouru en poussant des exclamations rageuses en voyant le seigneur des runes ainsi en danger, mais ils avaient été pris de court par la tactique de percée du troll et se trouvaient trop loin pour l’aider. Lesdits rangers virent alors le serment du tueur passer en boucle dans leurs têtes tandis que la massue énorme de la bête, qui riait bêtement à l’idée de son repas, vint s’écraser sur le casque du vieux nain imperturbable.
        *poc* fit-elle (Troll : 1T, 1B, 1 svg ), à la surprise d’à peu près tout le monde… Sauf Hrafni en fait qui avait pourtant toujours la massue sur sa tête. Le vieux nain n’avait pas bougé d’un iota et semblait même imperceptiblement plus grognon que d’habitude.
        « Hmrpf. Malotru » grogna-t-il.
        Le seigneur des runes leva son bras. Au bout duquel se trouvait son marteau.
        Il y eu comme une sorte de flash précédant une onde de choc tonitruante qui ébranla toute personne à côté de la zone d’impact et le troll disparut dans une gerbe de sang et de viscères (Hrafni : 1T, 1B, -3PV !!! ). Toute personne présente à cet instant et tentant d’en donner la description après les faits appuya sensiblement sur le mot « disparition » d’ailleurs.
De son côté Hrafni regarda son œuvre ensanglantée. Et un sourire discret déforma la commissure de ses lèvres ridées. C’était un début.
        Puis, une demi-douzaine de nains en panique vint entourer le seigneur des runes. Ils ne comptaient pas se faire avoir une nouvelle fois… Même si après avoir vu l’ancien à l’œuvre, ils doutaient un peu de l’utilité de leur protection.


        Toujours en tête, Gorim entendait bien montrer à tout le monde la force du clan Grandmarteau. Il avait en ligne de mire le premier troll à avoir poussé un hurlement, celui qui, à son avis, devait “mener” cette petite bande. Quittant le gros de la mêlée, il intercepta cette créature qui fut la dernière à rejoindre le combat. La bête était imposante, recouverte d’une épaisse peau grisâtre et brandissant un tronc d’arbre à deux mains. Son visage hideux était déformé en une immonde grimace alors qu’il beuglait un cri de guerre guttural.
        La rencontre entre les deux adversaires en charge fut décevante pour l’un comme pour l’autre. Gorim avait habilement esquivé l’attaque maladroite de son opposant monstrueux qui n’avait au final fait que l’égratigner (Troll : 1T 0B), mais lui de son côté avait été incapable de percer le cuir du troll (Gorim : 3T 0B). Un duel sans merci s’engagea, Gorim rivalisant d’adresse pour parer ou esquiver les coups amples et imprécis de la bête (Troll : 2T 0B), sans pour autant parvenir à faire mieux que quelques frappes sur les bras et les jambes du troll. Celles-ci, promptement régénérées, ne faisaient que gêner la créature (Gorim : 2T 0B).
        Leur duel s’éternisa, aucun des deux n’arrivant à prendre le dessus sur l’autre. Encore et toujours, Gorim n’arrivait pas à porter le moindre coup important, majoritairement à cause de la différence de portée entre son arme et celle du troll (Gorim : 1T 0B). À un moment, il finit par entendre un violent claquement, et vit la créature reculer d’un pas tandis qu’une vive lumière jaillissait de son propre casque. Une des attaques du troll devait avoir porté, car la rune de protection de son heaume venait de s’activer (Troll : 1T 1B 1invu). Gorim tenta alors d’en profiter, et se rua sur le troll pour tenter de le sonner. Cependant, son attaque n’eut pas plus d’effet que les précédentes (Gorim : 2T 0B), car la bête, loin de s’être laissée déstabiliser fit preuve d’une vivacité surprenante. Reprenant son aplomb alors que les coups du nains rebondissaient sur son torse, le troll arma un coup net, d’une violence inouïe, qui atteignit Gorim au creux de l’abdomen. Le souffle coupé, le nain sentit ses pieds quitter le sol, et quelques secondes plus tard il atterrissait lourdement sur le dos (Troll : 2T 2B, blessures multiples, -4 PV !).
        Il n’eut pas le temps de repartir au combat. En se relevant, il vit qu’autour de lui la plupart des créatures étaient mortes, et un important groupe de rangers mettaient à présent en pièces celui qui venait de l’envoyer au sol. Il cracha de dépit. Cela ferait une ligne de plus sur les trolls au Damaz Kron du clan Grandmarteau.


        À l’arrière, Erhard n’avait pas perdu son temps. Au contraire, c’était même lui qui avait chargé le troll qui lui faisait face, quittant les rangs des humains à l’arrière de la troupe. Enfin, il avait de quoi passer son humeur maussade. Cette bête lente et maladroite allait en faire les frais.
        Arrivant à portée d’épée, le vampire se fendit avant que la bête ne puisse réagir, et sa lame lacéra par deux fois le ventre du troll qui … ne recula pas comme il s’y était attendu. Au contraire, les entailles se refermèrent à toute vitesse, sous les yeux médusés du vampire. Son espoir de distraire le troll avant le coup fatal venant de tomber à l’eau, Erhard eut tout juste le réflexe de dresser son bouclier face à la riposte du troll… pour manquer de peu d’être sonné par l’impact de la massue du troll, et il dut reculer à son tour, le bras gauche grièvement meurtri. (Erhard : 2T 0B / Troll : 2T, 1B, blessures multiples: -2PV !!!)
        La bête se révélait peut-être un peu plus coriace que prévu. Mais elle n’allait pas faire la fière bien longtemps. Son épée se dressa à nouveau et, prenant appui sur le rocher à côté de lui, il s’élança dans les airs pour arriver tête à tête avec le troll étonné, qui ne put réagir à temps : la lame s’enfonça en travers de sa gorge, perforant veines, artères et trachée, avant de ressortir de la blessure dans une gerbe de sang.
        Ehrard ratterrit derrière le troll, un sourire satisfait aux lèvres.
        « Je lui ai tranché la gorge, pathétique... » murmura-t-il pour lui-même. Ces bêtes maladroites n’avaient aucun réflexes, c’était presque trop facile d’atteindre leurs points vitaux. Les humains au moins avaient cet avantage de parfois présenter un tant soit peu de défense, et de défi. D’un instant à l’autre devrait retentir le bruit mat du troll qui s’effrondrait derrière lui, terrassé.

        La massue le prit au niveau des côtes, et l’envoya voler comme une poupée de chiffons. Violemment, il heurta un rocher et s’effondra au sol. Derrière lui, le troll poussa un hurlement triomphal, une main griffue portée à la blessure à son cou qui finissait de se refermer. Voyant qu’Erhard ne bougeait plus, il retourna son attention sur les autres humains à l’arrière de la troupe, prêt à en découdre.
(Erhard : 2T, 2B, -2PV !  Troll : 2T, 1B, -1PV !)


        Les quelques impériaux présent s’étaient rassemblés autour de Jean Coteas des Entommeures en voyant les guerriers nains qui tentaient de maintenir un semblant de formation face aux trolls enragés. Il était un symbole vivant de leur foi après tout, il devait donc être de bon conseil.
        « Archidiacre ! cria ainsi un des soldats pour attirer son attention. Que faisons-nous ?! »
        Le prêtre-guerrier de haut rang eu une moue circonspecte et garda un calme olympien malgré la situation. Puis, il annonça d’une voix forte, l’œil brillant d’une ferveur sans faille :
        « Crois en Sigmar ! Il faut que tu crois encore plus ce que tu crois, et quand tu commences à croire ce que tu crois, il n’y a personne au monde qui peut te bouger ! »
        Et sans autre forme de procès, l’homme chauve en armure chargea, une litanie sigmarite incompréhensible aux lèvres. Les soldats, eux, étaient encore en train d’essayer de comprendre le charabia de l’archidiacre quand ils réalisèrent que Jean Coteas venait de partir sans eux vers le troll le plus proche : celui qui venait d’envoyer valdinguer Erhard Mikaelson.
        Le troll en question était content. Son repas venait à lui sans qu’il n’ait besoin de faire quoi que ce soit. Une bonne journée donc. Ainsi, sans plus se presser, le monstre leva mollement sa massue pour faucher cet énergumène qui baragouinait tout seul. Quelle ne fut pas sa surprise quand il s’aperçut que non seulement l’humain venait d’esquiver sans sourciller son ustensile de cuisine (Troll : 1T) mais qu’en plus son futur repas venait d’inverser le sens de l’articulation de son genou droit d’un coup de marteau vengeur. (Jean Coteas: test de peur réussi 4T, 2B, 1 invu, -1PV!)
        Meuglant de douleur, le troll vint s’affaler à moitié au sol en tenant son membre blessé, une occasion pour le sigmarite qui n’arrêta pas ses attaques (Troll : 0T / Jean Coteas: 1T, 1B, 1 invu). Néanmoins, si les coups de marteau de l‘archidiacre frappaient droit, ils touchèrent surtout le dos et les épaules de l’animal qui s’était recroquevillé temporairement. Ainsi, les quelques côtes fêlées reprirent leur forme plus vite qu’elles n’étaient brisées.
        Sentant qu’il avait retrouvé l’usage de sa jambe droite, le troll se leva brutalement à nouveau en balayant largement autour de lui avec sa massue pour faire reculer son assaillant (Troll : 2T, 2B, 2 svg  / Jean Coteas:i 1T, 0B). Ce fut alors ce moment que choisit la troupe de l’impérial pour attaquer. Harcelant la bête à grands renforts de cris et de lances, les soldats humains forcèrent le troll à s’éloigner de leur archidiacre (Troll : 0T ). Voyant alors que la situation allait en sa faveur, Jean Coteas s’écria :
        « Continuez mes ouailles ! L’engeance se doit de périr, par Sigmar ! »
        Et au prêtre-guerrier de courir à nouveau dans la mêlée, marteau en avant. L’arme n’eut d’ailleurs pas à parcourir beaucoup d’espace avant de terminer une nouvelle fois dans une genou difforme (Jean Coteas: 1T, 1B, -1PV !) et le troll termina une fois de plus par terre. Excédé par ce manège de va-et-vient de de décalquage de ses articulations, la bête tenta de lancer son arme sur le prêtre sigmarite (Troll : 1T,1B, 1svg) mais elle ne fit que frôler l’homme de foi sans plus l’égratigner. Ce dernier s’approcha de la tête du troll blessé et gronda :
        « Et ainsi, par ma main et celle de Sigmar, disparaît le pêché qu’est ton existence ! »  (Jean Coteas: 2T, 1B, -1PV !)
Son marteau béni s’abaissa vivement, anéantissant définitivement toute forme de vie sur sa route dans moultes gerbes de sang noirâtres.


        Le combat ne dura plus très longtemps : avec plus de la moitié des trolls mis au sol, les bêtes restantes tentèrent de prendre la fuite, ce que les nains ne leur permirent pas. Si l’un d’entre eux réussit à s’enfuir pour de bon, les autres furent ralentis à grands coups de carreaux d’arbalètes avant de se faire submerger par les guerriers nains bien déterminés à en finir.

        On se réunit rapidement autour des gisants, pour aider les blessés et identifier les morts. Si seule une poignée de nains et d’humains y avaient laissé la vie, les blessés des plus légers aux plus graves étaient nombreux. Mais les rangers, habitués à ces situations, s’affairaient déjà à préparer des bandages, béquilles et autres brancards de fortunes. Derrière eux, Vorlek et Jean Coteas récitaient des prières pour les défunts.

        Un bras en écharpe, le thane des rangers, épaulé par quelques guerriers, c’était arrêté pour examiner les trolls.
        « Une attaque du genre n’est pas dans l’habitude des trolls, presque trop complexe pour eux… » grommella-t-il.
        Soulevant le bras d’une des bêtes, il révéla une chaîne d’acier sur ses poignets, brisée. Il avait déjà trouvé un collier et une chaîne au cou d’un autre troll. Ses yeux se rétrécirent au point de n’être que des fentes : cela ne présageait rien de bon.
        « Grungni... Je vais devoir en toucher un mot au roi. »


cri de guerre  *


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyMar 19 Nov 2019 - 13:28

* * *


        Les journées passèrent et se ressemblèrent. Tous les matins, voire le soir, quelques badauds et autres motivés se pressaient aux portes de “Grand Vent” pour demander à participer au tournoi.
        Et quelque soit leur motivation, Hrorgosak Gorikson ne l’approuvait point vraiment. Thane du régiment des gardiens de la porte de Karak Azgaraz, le longue-barbe grommelait ainsi dans sa barbe alors qu’un énième umgi venait insulter la mémoire de ses ancêtres en entrant dans la cité en sifflotant.

        « Et il chante faux en plus… grogna le nain.
        — Oh, pas tant que ça», tenta de le calmer un de ses jeunes collègues.

        Le regard furibond de Horgosak finit de faire taire l’impertinent. Un coup d’œil vers la barbe tressée de manière un peu lâche du jeunot, suivit d’une moue désapprobatrice suffit à faire passer un autre message. Et au jeune garde nain de repartir pataud à son poste en cachant légèrement sa pilosité du regard inquisiteur de son aîné.



        De son côté, et n’ayant point entendu les grognements du thane, Elric von Reitz continua à siffloter un air marin qu’il connaissait par cœur. Une fausse note l’interrompit. Pestant alors contre l’air froid des montagnes et sur le fait qu’il n’était point assez salé, il humidifia ses lèvres avant de reprendre. Mieux.
        On ne l’y reprendrait pas de sitôt à quitter les flots pour les monts tiens. Mais quand on avait besoin de fonds et que les rumeurs sur les tournois locaux allaient bon train… Eh bien, on tentait sa chance comme on bravait une vague sans savoir ce qu’il y avait derrière : avec un sourire aux lèvres.
        Laissant sa main tomber sur le pommeau ouvragé de son épée, Elric parcouru d’un doigt le sceau de sa famille qui y était gravé avec soin. Oh, nombre de loups de mers se souviendrait du nom des Von Reitz après tout ça. Une fois sa compagnie maritime mise sur pied, alors il…


        Mais l’impérial ne put continuer à suivre le flot de ses pensées. En effet, un chant entraînant et possédant pourtant une subtilité dont seuls les nains savaient faire preuve venait de retentir au travers des contreforts. Se retournant, le noble impérial pu contempler l’arrivée en fanfare d’une série de caravanes annonçant à tue-tête l’arrivée de « la Chorale des montagnes itinérantes ».
        Sur l’une des caravanes, celui qui devait être le chef d’orchestre du chant en cours se tenait fièrement, menant les voix des autres nains avec une maestro impeccable au vu des conditions.
        A quelques occasions, un nain ou une naine annonçait ainsi la venue d’un certain Jandrom Polsson Bilman. Une annonce à laquelle le nain se tenant sur la caravane de tête répondait par un refrain martial tout en agitant un marteau d’une facture certaine.


        Hrorgosak Gorikson regarda la caravane passer les yeux exorbités par la haine… Puis, il comprit que cette troupe de saltimbanques venait pour le tournoi, eux aussi.
        Trop, c’était trop. Et le vieux nain fila en furie à l’intérieur des murs pour organiser son inscription. Il allait leur montrer à ces énergumènes ce que c’était les vrais valeurs d’un combattant qui se targuait de tournoyer : la discipline, le calme, la fermeté… et une bonne hache.


* * *


Une table est dressée au milieu de la place du temple de Sigmar du village de Rottfurt. Même si le soleil brille au-dessus des toits, la plupart des maisons gardent leurs volets fermés. Quelques habitants vaquent à leurs occupations, mais tous ont l’air de ruminer leurs pensées. Seule la place du village est vraiment animée : Ce jour-là, l’envoyé du culte de Sigmar le tout-puissant est venu collecter les impôts du village pour l’évident bonheur des habitants.

Un groupe de notables et de marchands est aligné sur un côté de la place petite place. Ils tiennent leurs chapeaux devant eux et serrent les dents. Juste au pied du temple, un carré de piquiers et d’arbalétriers encadre le représentant de Sigmar et ses clercs. Le prêtre collecteur d’impôts est assis et compte les taxes déjà recueillies . Un notable vient de déposer une bourse pleine d’or sur la table où s’empilent déjà plusieurs autres, de la vaisselle d’or et d’autres richesses.


Le notable : Les impôts sont là…

Frère Steuer : N’oublies-tu rien mon fils ?

Sœur Abgaben : Les acclamations ?

Frère Steuer : Et l’enthousiasme ?

Le notable : à contrecœur : Vive le père Trouptili de Caroussel

Tous les bourgeois : tout aussi tristement : Vive le père Trouptili de Caroussel…

Sœur Abgaben : Vive notre bienfaiteur !

Tous les bourgeois : Vive notre bienfaiteur…

Trouptili de Caroussel : levant la tête de ses comptes : Vive notre grand ami !

Tous les bourgeois : Vive notre grand ami…

Sœur Abgaben : Par Sigmar !

Tous les bourgeois : Par Sigmar…

Frère Steuer : PAR SIGMAR !

Tous les bourgeois : Par Sigmar…

Trouptili de Caroussel : Bon ça ira comme ça, vous pouvez y aller…

Le notable rejoint les autres bourgeois du village. Leurs yeux lancent des éclairs dans la direction du collecteur d’impôts, puis ils quittent la place.

Trouptili de Caroussel : Les impôts ! tout ça c’est pour Sigmar !

Il lance un regard en direction d’une coupe en argent, tend la main et la met légèrement à l’écart des autres trésors. Puis il fait discrètement de même pour d’autres objets et pièces.

Trouptili de Caroussel : pour lui-même : ça c’est pour moi…

Sœur Abgaben : Votre sainteté, les notables ont fini de payer.

Trouptili de Caroussel : Déjà ? Soit. Nous demanderons la contribution des pauvres demain, je finis tout d’abord de compter tout ça.

Sœur Abgaben : Il faudra sans doute apporter une seconde table.

Trouptili de Caroussel : Dans ce cas précisez bien qu’elle ne comptera pas dans les impôts ! Ces paysans sont capables d’éviter de payer en or par ce genre de procédés !

Sœur Abgaben : Sa sainteté est si prévoyante.

Trouptili de Caroussel : Bah ! Après tout, que l’impôt soit pour Sigmar ou pour l’Empereur, les gueux cherchent à éviter les taxes de la même façon. T’ai-je déjà raconté que j’étais collecteur d’impôt pour l’Empereur avant d’être prêtre ?

Sœur Abgaben : soupirant : Oui mon père, au moins une dizaine de fois. Et sa Sainteté Volkmar au moins autant dans les moments où il exprime son admiration pour votre foi immense.

Trouptili de Caroussel : déçu : ha. Bon. Tant pis.

Sœur Abgaben : où irons-nous chercher les impôts ensuite ?

Trouptili de Caroussel : Nous verrons selon ce que nous aurons en total ici. Et ne dites pas « chercher les impôts », mais « en appeler à la générosité du peuple de Sigmar », ça passe mieux.

Frère Steuer : Mon père, il y a là un répurgateur qui voudrait vous parler. Il dit s’appeler Richter Ketzerfeuer.

Trouptili de Caroussel : Mmmmm ? Qu’il vienne.

Les soldats au coin de la place s’écartent et laissent passer le grand escogriffe qui venait de se faire annoncer. Le répurgateur de près de deux mètres est coiffé d’un chapeau typique de sa profession. L’ensemble homme-chapeau dépasse alégrement le sommet des piques des soldats. Il porte sur son dos un grand sac visiblement rempli de pièces d’armures. Sa main tient une grande épée par la garde. Mais le trait du physique de Richter Ketzerfeuer qui marque le plus au premier regard est sa très longue moustache. Absurdement horizontale, elle menace de ses pointes bien au-delà des épaules du chasseur de sorcières.

Richter Ketzerfeuer : Bonjour mon père.

Trouptili de Caroussel : intimidé : euh… bonjour mon fils ?

Richter Ketzerfeuer : Je suis de passage dans la région et j’ai entendu parler de votre présence mon père. Je viens implorer votre bénédiction sur mon épée avant les combats qui m’attendent.

Trouptili de Caroussel : eh bien… Très bien mon fils, euh… alors… euh… hem hem… Sœur Abgaben ?

Sœur Abgaben : las : Au nom de Sigmar le très grand fondateur de l’empire…

Trouptili de Caroussel : Ha oui c’est vrai ! je le savais en plus ! Au nom de Sigmar le très grand fondateur de l’empire, je bénie cette épée, qu’elle serve la gloire de l’Empereur, de la Foi et qu’elle nous détende contre les forces du Chaos.

Frère Steuer : « défende » votre sainteté.

Trouptili de Caroussel : agacé : Oui oui, C’est ce que j’ai dis.

Sœur Abgaben : discrètement à frère Steuer : Il n’a fait qu’une seule erreur cette fois.

Richter Ketzerfeuer : Merci mon père, soyez certain que j’utiliserai cette épée à bon escient.

Frère Steuer : au répurgateur : Dites-moi… Votre visage me dit quelque chose… N’étiez-vous pas l’un des participants du grand tournoi de la Reiksgard ?

Richter Ketzerfeuer : Si fait !

Sœur Abgaben : On dit que les combats furent magnifiques ! La communication impériale a fait part partout de la gloire immense que ce fut d’y participer ainsi que de la perfection de l’organisation du déroulement !

Richter Ketzerfeuer : J’ai eu le déplaisir absolu d’être trainé dans cette mascarade par la félonie d’un hérétique que je pourchasse depuis ! Il est même parvenu à corrompre un prêtre dans un plan machiavélique pour me pousser au tournoi !

Trouptili de Caroussel : effrayé : Un hérétique ? Il est dans la région ?

Richter Ketzerfeuer : Non, malheureusement. J’ai perdu sa piste en Talabecland. Mais soyez sûr que quand je me lancerai très bientôt sur sa piste à nouveau !

Soudain, Trouptili semble reconnaitre le répurgateur. Il plisse les yeux et cherche dans sa mémoire où il a bien pu croiser le chemin d’un tel personnage. Soudain il se rappelle de celui dont il avait causé l’inscription au tournoi d’Altdorf quelques mois plus tôt par de mauvaises indications.

Trouptili de Caroussel : HA ! L’homme perdu avec un autre homme sur un cheval !

Richter Ketzerfeuer : Pardon ?

Trouptili de Caroussel : tentant de masquer son effroi : Euh… rien du tout… je pensais à cet hérétique !

Richter Ketzerfeuer : sombre : Oui. Parfois moi aussi je me réveille ainsi quand il vient me hanter dans mon sommeil.

Sœur Abgaben : Puisez le courage dans la foi mon fils.

Richter Ketzerfeuer : Merci mon père. Si je puis me permettre de changer de sujet, qu’allez-vous faire de tout cet argent ?

Trouptili de Caroussel : sur le champ : TOUT EST POUR SIGMAR !

Richter Ketzerfeuer : intrigué :Et la part mise de côté-là-bas ?

Trouptili de Caroussel : oh ça…euh…disons que… euh… C’est pour la construction d’une chapelle.

Frère Steuer : étonné : Une chapelle mon père ?

Trouptili de Caroussel : très agacé : Mais oui mon fils ! Tu n’as aucune mémoire pas vrai ? Je t’ai déjà dis dix fois que je voulais construire une chapelle !

Frère Steuer : surement mon père, surement, excusez-moi…

Trouptili de Caroussel : à part : cet idiot a bien failli me faire prendre !

Richter Ketzerfeuer : Une chapelle ? où donc cette chapelle ?

Trouptili de Caroussel : euh…euh… à…euh… à Ubersreik, pour participer à la grande reconstruction de la ville.

Richter Ketzerfeuer : Quelle chance incroyable ! j’allais justement dans cette direction pour l’honorable tournois de Karak Azgaraz mon père ! Je vais pouvoir me joindre à votre troupe pour la fin du voyage !

Trouptili de Caroussel : avec un sourire crispé : Haaaaaaaaa oui quelle chance… haaaaaaa oui quelle chance…

Richter Ketzerfeuer : Avec votre bénédiction je suis certain de pouvoir retrouver mon honneur lors des affrontements !

Frère Steuer : Les nains organisent un tournoi ?

Richter Ketzerfeuer : Il parait ! Quelle formidable occasion se retrouver une réputation n’est-ce pas ? J’en profiterai pour demander si la magie des maîtres des runes nains pourrait m’aider dans ma quête de l’hérétique.

Frère Steuer : Je vous le souhaite mon fils !

Sœur Abgaben : Nous serons heureux de voyager avec vous.

Trouptili de Caroussel : ah oui… très heureux…

Richter Ketzerfeuer : Quand comptez-vous prendre la route ? Je serai prêt à partir demain matin. Il me faut acheter des vivres et faire reprendre ma semelle qui commence à vouloir rejoindre Morr.

Trouptili de Caroussel : sautant sur l’occasion : Quel dommage mon fils ! Nous devions justement prendre la route immédiatement !

Richter Ketzerfeuer : déçu : oh… ne pouvez-vous pas m’attendre seulement jusqu’à ce soir ?

Trouptili de Caroussel : Non Non ! D’ailleurs nous sommes déjà en retard ! Allez vite vous deux ! Rangez-moi tout ça !

Frère Steuer : Vraiment mon père ? Que faites-vous des impôts du reste des villageois ?

Trouptili de Caroussel : Quels impôts ? j’ai parlé d’impôts moi ? Jamais ! Dépêche-toi de plier mes bagages je veux que nous partions sur l’heure !

Sœur Abgaben : Mais…

Trouptili de Caroussel : d’une voix aiguë : TU VEUX TÂTER DU MARTEAU QUE LE SAINT VOLKMAR M’A CONFIÉ ?

Aussitôt les deux clercs s’activent et rangent les richesses en vrac dans des sacs et les chargent sur des ânes qu’apportent deux soldats. Les notables se regardent entre eux sans comprendre l’agitation soudaine de la suite du prêtre. Celui-ci pousse l’argent dans les sacs aussi vite que possible tout en cachant le plus possible son visage des yeux du répurgateur. Quelques personnes entrouvrent leurs volets, intrigués.

Une paysanne : Que se passe-t-il ?

Sœur Abgaben : Nous partons.

Un paysan : Sans prendre notre argent ?

Frère Steuer : Le très Saint Trouptili ne veut pas.

Les habitants : commençant à se regrouper sur la place : Comment ? Qu’a-t-il dit ?

Une paysanne : Il nous a épargné !

Un soldat : Il est le très généreux Trouptili !

Un paysan : J’ai entendu parler de lui ! on dit qu’il est béni de Sigmar !

La foule : Oh merci ! merci ô très saint Trouptili ! merci !

Trouptili de Caroussel : levant la tête de son chargement : que veulent-ils ?

Frère Steuer : Les villageois monseigneur ! ils vous acclament !

La cordonnière : à Richter : Messire j’ai entendu que vous aviez besoin de chaussures et de vivres ! Prenez les miennes ô vous qui accompagnez le très saint homme !

Le tavernier : Et voici mes vivres !

Richter Ketzerfeuer : Ha mon père tout s’arrange ! je vais pouvoir vous accompagner !

Trouptili de Caroussel : Pardon ?

Sœur Abgaben : Le chargement est terminé !

Trouptili de Caroussel : Attendez un instant !

La foule : Merci ! Gloire à Sigmar !

Un paysan : Se crevant les yeux ! Mes yeux ne veulent plus rien voir après avoir aperçu ce saint !

Un autre villageois : ô Trouptili je vous suivrai jusqu’à ce que mes pieds saignent !

Une autre : Un grand saint est un grand présage !

Frère Steuer : Nous devrions partir mon père !

Une villageoise : Nous ne sommes pas dignes d’un tel présage !

Un paysan : Chations notre chair en pénitence !

Sœur Abgaben : Ils vont se flageller !

Trouptili de Caroussel : paniquant : Comment ça ?

Richter Ketzerfeuer : empoignant les rênes des ânes : En avant !

Un homme : se roulant à terre : aaaaaaarg

Le tavernier : Se frappant contre un mur : Par Sigmar !!!!!

Le chef des soldats : Régiment ! en ordre de combat ! percez la foule ! forcez le passage !

Les prêtres, le répurgateur et les soldats quittent la place en courant pendant que les paysans se mutilent en criant.


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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyVen 22 Nov 2019 - 16:34

.          Le soleil se leva sur les montagnes grises. Ses rayons éclairèrent doucement les monts enneigés et les vallées verdoyantes, irradiant dans une paisible lumière rochers, herbes rases forêts de conifères. Un promeneur aguerri aurait pu y voir l’un des plus beaux spectacles du monde, à voir ces paysages millénaires être ainsi révélés par les couleurs de l’astre levant. Il se serait certainement arrêté dans sa marche, une main sur le front pour se protéger les yeux tandis qu’un sourire béat aurait éclairé son visage.

          Mais dans le village du « Grand vent », tout le monde s’en moquait bien. Des levers de soleil, on en voyait des comme ça chaque jour de l’année, ou presque. C’était même parfois plus beau avec des nuages. Mais surtout, ce matin-là était un matin spécial pour une toute autre (et bien meilleure) raison : le tournoi de Karak Azgaraz, l’immense forteresse naine toute proche, allait débuter. L’agitation était partout, chaque participant humain tenant absolument à ce que tout soit parfaitement prêt. Qui voulait que ses suivants soient le mieux habillés possible, d’autres exigeaient avoir suffisamment à manger, ou que leur armure soit lustrée à la perfection. La mixité était importante, certains concurrents n’étant que des combattants solitaires ou désargentés, qui n’étaient parfois accompagnés que d’un ou deux serviteurs au maximum. D’autres étaient bien plus accompagnés, apportant avec eux famille, serviteurs et courtisans, tout ce cortège prenant fatalement plus de temps à mettre en branle. Jean Coteas des Entommeures fut le premier à prendre, avec sa petite suite d’ecclésiastiques, le chemin menant à la grande porte de Karak Azgaraz. Le grand prêtre marchait en tête, son regard sévère ne cillant presque jamais alors que le soleil était encore sur l’horizon (quand on est habitué à la lumière de Sigmar, qu'est-ce que celle de ce petit astre ?).

          Derrière lui se forma une procession humaine quasi ininterrompue. Les participants se mettaient en route, tranquillement, pour rejoindre la forteresse naine, dont l’immense porte ouvragée se trouvait à même un imposant contrefort montagneux. Elric Von Reitz chantonnait un air marin d’un ton guilleret, laissant la nostalgie guider sa voix.

C’est un fameux trois mats fin comme un oiseau

Hisséooooo, santiano

Dix-huit nœuds, quatre-cents tonneaux

Je suis fier d’y être matelot

Tiens bon la vague et tiens bon le vent

Hisséooooo, santiano

Si Manaan nous pousse droit devant

Nous boirons ce soir à Bordeleaux

          Au début, les gens à côté de lui l’écoutèrent poliment, mais finalement, gagnés par la ferveur et l’entrain du marin, ils joignirent bientôt leurs voix à la sienne et c’est en chantant en chœur que tout un groupe passa l’arche menant à la forteresse.

          Mais une fois à l’intérieur, leurs voix se perdirent dans le brouhaha assourdissant qui régnait dans les halls de pierre du Karak. Car si les humains s’étaient activés ce matin-là au « Grand vent », ce n’était rien par rapport à l’activité qui agitait les couloirs et les salles de la grande forteresse. Le roi Thuringar souhaitait lui aussi que tout soit prêt, mais avec les standards nains. Ainsi, pas un seul dawi n’était inactif : les uns terminaient les inscriptions et organisaient les combats, d’autres s’activaient aux cuisines ou aux brasseries pour fournir les boissons (dont la demande promettait d’être constante ET très importante), et d’autres encore polissaient les pierres, nettoyaient les couloirs et astiquaient les armes. Car même si seules les trois premières salles de la forteresse étaient accessibles aux humains, il ne fallait pas se contenter de repousser la poussière sous le tapis. Après tout, certains de leurs visiteurs étaient nains aussi, et le roi Thuringar avait été très clair : TOUT le Karak devait briller. Hrorgosak Gorikson, qui se dirigeait lentement vers l’arène, se fit la réflexion amère qu’il n’aurait pas dû falloir une telle occasion pour que tout soit parfaitement en ordre. Dans les temps jadis on n’était pas aussi négligent. Certainement la faute aux nouvelles générations se dit-il en grommelant, faisant inconsciemment s’écarter de lui tout nain de moins de deux siècles.

          La grande arène, bien sûr, était le centre de l’attention. Ici point de palissades en frêne, de tentures en tissu ou de ridicules grilles. Installée dans le faste grand hall, sous les statues des chefs, des ancêtres et des dieux, c’était une construction circulaire en pierre et en bois de Wutroth, aussi belle et grande que possible malgré la précipitation dans laquelle s’était déroulée sa construction. D’une hauteur de dix mètres, de forme elliptique, elle pouvait largement accueillir les milliers de spectateurs prévus, mais ne manqua pas de faire claquer la langue des longues-barbes, qui voyaient pour leur part d’un mauvais œil ce ‘satané machin tout moche’ envahir le majestueux (et encore plus gigantesque) hall. L’un d’entre eux tança vertement un poil au menton pour marcher de façon impudique sur une dalle du sol ‘posée par son grand-père Burgong’. Le jeunot, pris au dépourvu, ne put que s’enfuir devant ce courroux inattendu. Mais la plupart des gens étaient très impressionnés par l’édifice, qui faisait presque irréel du fait de son emplacement. Alors qu’il s’approchait, accompagné de sa sœur Sybille et d’une grande quantité de serviteurs, Erhard Mikaelson se dit qu’elle était bien plus belle que celle d’Ubersreik. Mais malgré cette admiration intérieure, son visage inexpressif n’en laissa rien paraître.

          L’effervescence gagnait l’intérieur de l’arène et ses alentours immédiats. Sur les gradins on se bousculait, humains et nains cherchant à avoir les meilleures places, à installer leurs groupes d’amis ou leurs familles. Il y eut quelques échanges tendus (les mots ‘rancune’, ‘Damaz Kron’ et ‘tais-toi Snorri’ furent prononcés à plusieurs reprises), mais globalement l’ambiance était plutôt aux réjouissances. Non-loin de l’entrée, Orik Barikson, un des banquiers du Karak, installa un grand stand de paris, où plusieurs de ses scribes prenaient déjà des mises et notaient les annonces des premiers clients. Orik était un nain gras, dont la splendide vêture disparaissait presque entièrement sous son imposante barbe blonde aux multiples tresses, et un sourire débonnaire éclairait son visage alors qu’il se frottait les mains. Par Grungni, les affaires promettaient d’être florissantes.

          À l’intérieur de l’arène elle-même, dans les salles réservées aux participants, la tension était palpable. Certains trompaient l’attente en discutant, d’autres faisaient mine de s’occuper de leur équipement, et certains se contentaient de rester immobiles, muets comme des carpes. Ember Kildraksniz, camouflée en homme nain sous le seul nom d'Ember, faisait partie de ces derniers, ne voulant pas que sa voix la trahisse au dernier moment. Et pourtant, elle brûlait de se joindre aux autres, de parler tactique, faits d’armes ou simplement raconter une blague. La situation l’énervait passablement, et elle caressait machinalement le pommeau de sa hache. Son premier adversaire allait lui servir de défouloir.

          Un peu plus loin, Jandrom Polsson Bilman s’esclaffa à la suite d’une blague racontée par Gorim Grandmarteau. Pour autant, il était lui aussi sur les nerfs. Tous ces gens le prenaient de haut parce qu’il était chanteur. Il allait leur montrer. De son côté, Gorim était bouillant. Son clan allait bientôt sortir de l’ombre, il se le jurait intérieurement.

          Richter Ketzerfeuer marchait à pas lents dans la pièce, son regard perçant cherchant inconsciemment des traces d’hérésie. Il finit par croiser celui de Vorlek Dunbalsson, qui faisait à peu près la même chose. Le prêtre de Gazul avait les yeux aussi inquisiteurs que les siens, et au moins aussi sévère. Ils s’affrontèrent du regard pendant trois bonne minutes, sans un mot ni un geste, puis chacun se détourna, se jurant de faire payer l’autre si l’occasion se présentait.

          Les seuls qui n’étaient apparemment pas affectés outre mesure par l’ambiance étaient Erhard et Hrafni Hrotgarsson. Le vampire n’en avait simplement rien à faire, se concentrant surtout sur l’honneur de sa famille. Le maître des runes de son côté n’avait même pas aperçu la moitié des personnes présentes, et il se contentait de réfléchir aux différents tests auxquels il allait soumettre son marteau runique. De nombreux nains le saluèrent respectueusement lorsqu’ils passèrent devant lui, mais il ne leur prêta aucune attention (à leur grand désarroi).

          À l’extérieur, les gradins finissaient de se remplir. Quelques cris pouvaient encore être entendus tandis que les retardataires s’assaillaient (‘eh Snorri, pousse-toi !’). Dans la loge d’honneur, située au-dessus des autres et disposant d’un balcon crénelé, le roi Thuringar était assis sur un siège de pierre et de métal délicatement entremêlés. Sur sa droite se trouvaient les notables de la forteresse, à l’exception de Hrafni, qui était mêlé aux combattants (au grand dam du roi). Les longues barbes en question arboraient tous un air sévère et renfrogné, signe du désaccord qu’ils manifestaient avec toute cette affaire. Sur la gauche du souverain étaient installés les membres de la délégation officielle d’Ubersreik. Directement à côté de Thuringar était tassé le vieux Gunther Hindelschtrossheblunter, qui avait réussi à sécuriser ce siège. Depuis que son autorité était silencieusement remise en question par Coteas et Mikealson, on avait découvert tout l’esprit retors du vieillard, qui désormais protégeait jalousement ses prérogatives. Pourtant, les nains l’ignoraient de plus en plus, ce qui avait le don de l’énerver. Pour l’heure, il était à moitié assoupi sur son siège, regardant mollement les gradins. Juste après lui se trouvait Johannes, qui s’assurait de garder l’air souriant et sympathique malgré l’inconfort de son siège de pierre. Les nains semblaient avoir apprécié son numéro de l’autre jour, car le roi passait désormais de plus en plus souvent par lui pour transmettre des messages. Pour autant, il se méfiait de ces guerriers barbus. Les siens avaient toujours eu beaucoup de mal à les faire plier, et avaient échoué plus souvent qu’à leur tour. Il s’agissait d’être extrêmement prudent. Il sourit en se rendant compte que pour une fois c’était lui-même qui se disait d’être prudent. Son frère aurait été fier.

          L’heure avançait, et sur les coups de dix-heures, Thuringar se leva. D’un signe de sa part, des musiciens situés tout autour de la circonférence de l’arène se mirent à jouer une note basse sur de grands cors cuivrés. Progressivement, les sons s’effacèrent, pour laisser place à un silence que seuls quelques bruits venant de l’extérieur vinrent troubler. Se saisissant d’un bloc de pierre gravé d’une rune de son alpha, le roi prit la parole d’un ton solennel.

          « Mes chers amis, frères dawis de cette superbe forteresse ou d’ailleurs, camarades humains de la surface, je suis fier de déclarer ouvert le premier tournoi de tout le Karaz Ankor, j’ai nommé l’honorable tournoi de Karak Azgaraz ! »

          Il y eut une pluie d’applaudissements. Les paroles du roi, prononcées devant la rune alpha, étaient ensuite diffusées par les nombreuses runes de son béta disposées un peu partout dans les gradins. Thuringar attendit que le calme revienne, puis reprit.

          « Ce tournoi a pour but de renforcer nos valeurs ancestrales de martialité et d’honneur, mais aussi nos liens avec les humains, avec qui nous nous entraidons depuis plus de deux millénaires. »
          Le roi ignora superbement les regards appuyés des longues barbes lorsqu’il évoqua les valeurs, tout comme la petite voix dans sa tête qui lui disait que c’était aussi pour gagner de l’argent grâce aux paris.

          « Je sais que vous n’êtes pas venus écouter le long discours d’un roi sur la fraternité et la solidarité, mais pour voir des combats sans merci menés au nom de cette fraternité. Je vous propose donc, sans plus attendre, d’abréger ce discours qui n’a déjà que trop duré, et de laisser la place aux vrais invités d’honneur : les combattants ! »

          Il y eut un tonnerre d’applaudissements alors que les compétiteurs pénétraient un par un sur le sol de l’arène, se mettant en rangs serrés devant la loge d’honneur. On dut dire à Hrafni où se placer, car le maître des runes n’avait pas suivi les instructions données au préalable par les hérauts du roi. Thuringar essaya d’estimer leur nombre. Ils étaient plus d’une centaine, avec beaucoup de nains. Un sentiment de fierté enserra son cœur.

          « Chers amis, ce jour est le vôtre. Sachez montrer bravoure, force et honneur. Les peuples de deux mondes vous regardent. Nous sommes tous là pour vous, alors, et je le dis non sans une certaine émotion, que le meilleur gagne ! »

          Nouveau tonnerre d’applaudissements, les combattants firent un salut au roi, puis au public, et rentrèrent à l’intérieur de l’arène, laissant la place aux hérauts du roi, équipés de listes. Les cors retentirent à nouveau, et les premiers noms furent appelés.

***


          Une semaine passa, et les combats s’enchaînèrent presque sans interruption. Les seuls à travailler plus que les hérauts qui appelaient les combattants et arbitraient les duels étaient les brasseurs qui devaient fournir les breuvages consommés par les spectateurs (et les participants également, sans rire !). Il y eut plusieurs évènements notables, comme lorsque Hrorgosak tenta de faire disqualifier son adversaire pour cause de « barbe trop courte et trop mal taillée » ou quand Richter crut reconnaître un des participants humains. Il tenta de le tuer en le traitant d’hérétique et de ‘boulanger démoniaque’, au grand désarroi des organisateurs qui eurent toutes les peines du monde à le retenir. Les éliminations s’enchaînèrent, certaines causées par un trop grand nombre de défaites, et d’autres par des blessures sérieuses. Un contingent de prêtresses de Valaya veillait au grain, prenant en charge toute personne blessée pour le remettre vite sur pied.

          Enfin, le huitième jour, il n’y eut plus que dix combattants en lice. Ceux-ci furent répartis en deux groupes, qui s’affronteraient pour désigner les deux participants à la finale.

          Groupe 1 :
          Richter Ketzerfeuer (Ethgri Wyrda)
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          Elric Von Reitz (Brokk Gunnarsson)
Spoiler:
 
          Hrafni Hrotgarsson (Gromdal)
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          Vorlek Dunbalsson (Kaops/Hjalmar Oksilden)
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          Jean Coteas des Entommeures (MagnanXXIII)
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          Groupe 2 :
          Jandrom Polsson Bilman (Essen)
Spoiler:
 
          Erhard Mikaelson (Arcanide Valtek)
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          Gorim Grandmarteau (Oleg Von Raukov)
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          Hrorgosak Gorikson (Doobloom)
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          Ember Kikraksniz (vg11k)
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Dernière édition par Arcanide Valtek le Lun 25 Nov 2019 - 13:15, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyDim 24 Nov 2019 - 15:26


.          En ce huitième jour du tournoi, qui atteignait sa deuxième phase, la ferveur populaire était déjà incroyable. L’arène, bâtiment aussi majestueux que gigantesque, s’apprêtait à être le théâtre d’affrontements entre les meilleurs guerriers de l'événement, ceux qui avaient fait preuve du plus de force, d’habileté, de pugnacité et d’endurance. Chacun d’entre eux avait déjà acquis sa légende, forgée à grand coups de marteau, de hache ou d’épée, et avait prouvé qu’il avait largement sa place dans cette élite.

         Le roi Thuringar, assis sur son trône, était déjà impressionné par ce qu’il avait vu au cours de la semaine, et était impatient d’assister à la suite. Autour de lui, il pouvait sentir le public trépigner, car même si le brouhaha était tout aussi fort que d’habitude, il y avait une certaine tension, une sorte d’attente, qui se manifestait par une soudaine baisse du volume sonore dès qu’il bougeait une main ou la tête. Clairement, le peuple attendait qu’il annonce le début de la phase de groupe, mais bien qu’il n’attendait que cela lui aussi, les combats ne commençaient qu’à dix heure, pas avant.

         Pour tuer le temps, il jeta un coup d’œil à sa droite. Le thane Burlok Alaricsson, vénérable nain de deux cents ans tout rond, qui avait été un des plus farouches opposants au projet de tournoi, siégeait comme toujours avec son habituelle mine renfrognée. Il n’avait pas décroché un mot depuis le matin, mais Thuringar savait, à voir ses yeux qui scrutaient l’immense horloge du hall à intervalle régulier, que lui aussi attendait la reprise des combats. Même s’il préfèrerait se faire Tueur que de l’admettre.

         Poussant un soupir, le roi se tourna de l’autre côté. Le vieux Gunther s’étant endormi, son regard se porta sur Johannes Mikaelson, dont les yeux perçants croisèrent les siens avec la rapidité d’un faucon. Le jeune homme avait toujours son demi-sourire arrogant, et Thuringar ne pouvait s’empêcher de se sentir légèrement mal à l’aise en cet instant. Certes, cet humain avait su merveilleusement bien mener sa barque dans ses relations avec les nains, jouant admirablement du plat de la langue, mais il semblait toujours cacher son jeu, et garder ses vraies pensées pour lui. Et ces pensées, Thuringar avait le sentiment qu’il ne les aimerait pas. Pas du tout.

         « Comment va madame votre sœur ? » S’enquit le roi, toujours soucieux de ne pas avoir l’air de snober qui que ce soit. Vu que Burlok ne lui aurait répondu que par monosyllabe, autant essayer de faire la conversation avec cet humain.

         Johannes décroisa les jambes, et se pencha en avant sur son siège. « Oh, elle va très bien, mais elle n’assiste pas aux combats. Elle a assez mal pris que mon invitation à siéger ici ne s’étende pas à elle, et elle refuse d’être seule dans les tribunes. »

         Le roi haussa les sourcils. La façon dont certaines femmes réagissaient était au-delà de sa compréhension. « J’en suis navré » répondit-il, « mais nous ne pouvons pas accueillir tout le monde, elle doit bien le comprendre. »

         Johannes n’eut pas le temps de formuler une réponse. La grande horloge annonçait à présent dix heures pile, et la foule se mit à scander des chansons, des vivats et autres « pousse-toi Snorri ! ». Thuringar se leva, se saisit de sa pierre runique et s’avança vers le balcon de la tribune.

         « Mes chers amis, nous voici arrivés au moment que vous attendiez tous. Aujourd’hui, et pendant les prochains jours, les meilleurs guerriers de ce tournoi vont s’affronter. Je vous demande de les acclamer bien fort, ils l’ont amplement mérité. Mais désormais sans plus attendre….PLACE AUX COMBATS ! »

         Son annonce fut en partie couverte par les chants de la chorale des Montagnes Itinérantes, qui scanda en chœur un air guerrier sous les applaudissements du public. Les cors furent une nouvelle fois sonnés, et Kregac Argrunsson, le premier héraut du roi, s’avança sur le terrain, accompagné de Durgin, son scribe. Le héraut tendit la main, et Durgin y plaça diligemment un parchemin avant de mettre devant lui une pierre gravée elle aussi d’une rune de son alpha.
 

Premier Groupe : Richter Ketzefeuer (ethgri Wyrda) VS Jean Coteas des Entommeures (MagnanXXIII)

         « Le premier combat » énonça le héraut « opposera le répurgateur Richter Ketzerfeuer à l’archidiacre Jean Coteas des Entommeures ! »

         Sans plus attendre, les deux serviteurs de Sigmar s’élancèrent dans l’arène pour se placer sur les dalles ouvragées prévues à cet effet. Chacun avait, à sa façon, acquis une réputation certaine auprès du public. Personne n’avait en effet oublié la tentative de meurtre de Richter sur un participant, et beaucoup de monde avait eu à subir ses recherches inquisitrices pendant la semaine. Le répurgateur avait en effet fouillé une bonne partie du « Grand Vent » à la recherche d’hérétiques, et entendait bien en trouver.

         De son côté, l’archidiacre Jean Coteas avait surtout été la sévérité et la sérénité incarnées. Il n’avait jamais un mot plus haut que l’autre, et entonnait toujours une prière à Sigmar avant et après chaque combat. Celui qui s’apprêtait à se tenir ne faisant pas exception, il se signa et pria silencieusement. Ketzerfeuer, qui n’avait pas l’intention de contrarier son dieu, fit de même, mais pas avant d’avoir bu une rasade de sa flasque d’« eau de Sigmar » modifiée.

         Une fois cela fait, les deux combattants se mirent en place, l’un brandissant une rapière d’acier et l’autre un imposant marteau de guerre. Leurs regards se croisèrent, sévérité inquisitoriale contre son pendant ecclésiastique, et la foule retint son souffle. Puis ils foncèrent l’un sur l’autre.

         Leur première passe d’arme fut d’une violence extrême. « SIGMAAAAAR ! » hurla Richter, tandis qu’il déchaîna toute son énergie sur un Jean Coteas, qui fut bien en peine de contenir ses assauts. Pourtant, malgré toute sa férocité, le répurgateur ne parvint pas à trouver la faille dans l’armure de plates de l’archidiacre, et son seul coup porté à la tête fut esquivé au dernier moment par un Jean Coteas impassible (Richter : 4T, 3B, 2svg, 1invu !). De son côté, ce dernier cherchait le bon moment pour agir tout en restant sur la défensive, et le trouva quand Ketzerfeuer porta trop loin un de ses coups. « Trop lent ! » dit-il dans un murmure, et Richter sentit une violente douleur à l’abdomen alors que le marteau du prêtre le repoussait en arrière (Jean : 1T (sur 5A !), 1B, -1PV !).

         « Vous êtes bon, mein Herr » commenta le répurgateur avec une sincérité douteuse, « mais Sigmar me protège. »

         « Sigmar récompense la force et la droiture » répondit Jean Coteas, « pas la fureur mal dirigée. Maîtrisez-vous. »

         Malgré ces paroles aigres, leurs passes d’arme suivantes furent bien plus calmes, chacun prenant la mesure de son adversaire (Richter : 2T, 0B ! Jean : 0T). Un coup de rapière par-ci, un moulinet du marteau par-là, mais aucun coup ne porta. Richter était de plus en plus gêné par l’armure de Coteas, qui ne lui laissait presque aucune marge de manœuvre. Il était habitué à affronter des hommes équipés de cuir, de tissu ou de mailles, pas un blindage mobile (Richter : 2T, 0B !). Profitant de cet avantage, l’archidiacre prit soudain les devants et s’enfonça dans la garde de son adversaire avec un « pour Sigmar ! » retentissant. Richter, soudain débordé, ne put que reculer en trébuchant, esquivant malgré tout le pire (Jean : 2T, 2B, 1invu ! -1PV !).

         « Avec tout mon respect, monseigneur Coteas, je me dois de dénoncer vos entreprises. Vous usez d’artifices qui ne font que ralentir l’échéance. Sigmar ne peut que m’accorder la victoire, alors ne faites pas tant d’histoires. »

         Jean Coteas, qui n’était plus tellement d’humeur à tenter de raisonner ce fou furieux qui lui servait d’adversaire (et parfois de collègue), se contenta d’attaquer à nouveau.

         Richter l’accueillit en reculant à nouveau. Le répurgateur changea de tactique, et feinta sur la droite. Pour son grand plaisir, l’astuce fonctionna, lui permettant de frapper dans une des failles de l’armure du prêtre-guerrier. Mais alors que son coup allait porter, une vive lumière détourna son attaque. Jean Coteas, de son côté, sentit son pendentif de protection s’échauffer contre sa poitrine (Richter :1T, 1B dont 1 CF, 1 Invu). Merci Sigmar dit-il en pensée, avant de projeter violemment son marteau dans son adversaire d’un revers rageur (Jean : 1T, 1B, -1PV. Richter n'a plus qu'1A). La foule émit un « Oooooh ! » impressionné, Richter fut à nouveau projeté en arrière, et cette-fois ci il trébucha et tomba au sol.

         « C’est fini à présent » lui asséna Coteas, qui ne voulait pas lui faire plus mal qu’il n’était nécessaire, malgré ce que lui criaient ses nerfs, « vous avez perdu ».

  Un grognement venant du sol lui répondit par la négative. « Pas…encore…perdu…Sigmar…SIGMAAAAAR ! » Et sous ses yeux ébahis, Richter Ketzerfeuer se releva et projeta son bras armé en direction de sa tête. L’archidiacre, qui ne s’attendait pas à un tel revirement, ne réagit pas à temps, mais un nouvel éclair de lumière jaune dévia le coup (Richter :1T, 1B dont 1 CF, 1 Invu). Ce répit lui permit de frapper à son tour, visant les jambes, mais Richter esquiva d’un salto qui déclencha une holà d’étonnement dans le public (Jean : 2T, 2B... 2 INVUS à 6+ !!!).

         « Nous n’en avons pas fini, archidiacre. Vous croyez que j’étais vaincu, mais j’ai fait exprès de faire croire que j’étais vaincu. Je ne suis pas vaincu. » Richter repartit à l’assaut, tentant à nouveau la feinte qui lui avait permis d’attaquer efficacement quelques instants plus tôt. Mais Jean Coteas ne s’y laissa pas prendre une nouvelle fois. Opposant à son adversaire une zone sans aspérité de son armure (Richter : 1T, 1B, 1svg), il fit un grand moulinet du marteau et lui faucha les jambes, le projetant au sol une nouvelle fois. Il ne perdit pas de temps, et décocha un coup de pied à la main d’épée du répurgateur, lui faisant lâcher sa rapière sous le choc.

         « Vous avez perdu, mein herr. Veuillez s’il vous plaît ne pas en faire plus, ça serait embarrassant. »

         Richter, vaincu, ne prononça plus un seul mot (Jean : 1T, 1B, -1PV. Richter perd sa dernière attaque).

         Victoire de Jean Coteas des Entommeures.



Deuxième groupe : Erhard Mikaelson (Arcanide Valtek) contre Hrorgosak Gorikson (Doobloom)


         Le premier combat s’étant terminé, la foule se retrouvait alors aussi intriguée qu’excitée à l’idée d’enchaîner sur le deuxième duel du premier jour de la compétition.

         Et cette fois-ci, une bonne majorité des nains se joignirent aux encouragements festifs que les deux ecclésiastes impériaux avaient reçu plus tôt. Après tout, l’un des leurs entrait dans l’arène ! Et pas des moindres, car beaucoup ici le connaissaient. Il fallait dire que le Thane des gardiens de la porte de la forteresse avait sa réputation dans le Karak. Et il ne se priva pas d’en rappeler la teneur en foudroyant du regard une bonne demi-douzaine de nains un peu trop enthousiastes à l’idée d’aller déposer leurs paris.

         Face à lui, Erhard Mikaleson se contenta d’une entrée à la sobriété toute noble. Il n’avait que faire des fanfreluches auxquelles s’adonnaient la plupart des participants. Une personne de son rang –et de sa nature – n’avait pas d’intérêt à se donner de la sorte en spectacle… Puis, quelques images de la participation de son frère Johannes au précédent tournoi d’Ubersreik lui revinrent simultanément en tête, à son plus grand désarroi.

         Les deux combattants vinrent se placer sur les dalles ouvragées et se tinrent prêt dans l’attente du signal depuis la loge royale. Justement, le roi finissait d’observer son thane d’un air impérieux et se redressa en levant la main.

         D’un geste aussi bref que vif, le roi Thuringar trancha dans le vif du sujet et indiqua aux combattants qu’il était l’heure de montrer quel fer ils étaient faits !


         Erhard ne se fit pas plus prier et fila vers le nain. Ce dernier ayant compris qu’il n’aurait jamais l’avantage de la vitesse, il tint sa position en préparant un bon crochet avec sa hache dont il avait le secret.

         En quelques enjambées, Erhard était sur son adversaire et abattit son épée, ce qui surpris un brin ce dernier d’ailleurs car il ne s’attendait pas à tant de vivacité. Levant son bouclier à la hâte Hrorgosak para ce premier coup (Erhard : 2T, 1T annulée, 1B, 1Svg !) tout en sentant bien qu’il avait failli se faire avoir par un adversaire qu’il avait mal jaugé. Mais un Gorikson n’était pas du genre à se laisser faire et la hache qu’il tenait en joue s’envola pour s’infiltrer dans la garde ouverte d’Erhard ce qui le fit reculer en grognant (Hrogosak : 3T, 1T annulée, 1B, -1PV !).

         Agacé de voir qu’il ne s’était toujours pas remis des blessures causées par « l’incident » avec les trolls, Erhard serra des dents en tenant son flanc dont l’armure était légèrement enfoncée. Une pointe de colère vint approcher son esprit, mais il l’éteignit aussitôt. Oh non, hors de question pour lui de reproduire les erreurs de son frère impétueux. C’était en restant calme qu’il vaincrait.

         Reprenant sa garde, Erhard attendit le nain qui avait décidé de passer à l’offensive. La hache fila droit, peut-être trop car le coup était ostensiblement prévisible (Hrogosak : 3T, 1B, 1Invu) et le vampire en profita allègrement pour répliquer à son tour (Erhard : 3T, 1B, -1PV !).

         En entendant le grand claquement métallique qui venait de résonner alors que Hrorgosak venait de se faire repousser, plusieurs nains dans l’assemblée changèrent de ton. Il n’était plus l’heure des encouragements, mais plutôt celle des invectives guerrières. Le thane les entendit et, tout en s’assurant que sa blessure à l’épaule était superficielle, il leur répondit à grands coups de « Khazuk ! »

         Sentant que l’ambiance se durcissait, Erhard réalisa qu’il devait abréger un peu ce duel avant que les esprits ne s’échauffent trop à son encontre. Commencer en attirant l’attention sur lui et sa famille n’était pas de bon augure. Mieux valait gagner en sobriété.

         Le longue-barbe, revigoré par le chant de guerre qu’il entendait dans les tribunes, s’avança d’un air résolu (ce qui ne changeait pas trop son expression d’ailleurs) vers son adversaire. Après avoir raffermi sa prise sur sa fidèle hache, il passa à l’attaque dans une série de passes qui auraient attisé le respect de ses plus benjamins… Si Erhard ne les avait pas toutes bloquées avec une facilité déconcertante. Le noble se permit même le luxe d’un estoc en plein dans le casque du nain, ce qui désorienta ce dernier.  (Hrogosak : 3T, 3B... 3svg !!!! / Erhard  : 3T, 1B, -1PV ! ).

         Suite à ce pied-de-nez qui ne fit qu’enrager le vieux nain, une série de passes s’engagea où aucun des deux opposants ne trouva d’ouverture dans la garde d’en face (Erhard : 1T, 1B, 1svg / Hrogosak : 3T, 1B, 1svg / Erhard : 0T/ Hrogosak : 2T, 2B, 2Invu / Erhard : 2T, 1B, 1svg / Hrogosak : 3T, 1B, 1svg).

         Frustré par ce combat qui durait encore, Erhard finit par forcer sa chance et bouscula le nain d’un coup de botte dont la brutalité surpris surtout les nains. En effet, ces derniers se demandèrent un instant comment était-il possible qu’un umgi déséquilibre un nain si facilement… En tout cas, le thane ne put rien faire d’autre que voir son adversaire profiter de cette occasion en venant mordre son flanc exposé
(Erhard : 2T, 2B, -2PV ! (Hrogosak perd 2A) /Hrogosak : 1T, 0B).

         Sévèrement blessé cette fois, Hrorgosak n’arriva même pas à lever son bras qui portait son bouclier pour parer le revers de l’impérial qui appuya son avantage sans attendre. (Erhard : 3T, 3B, 1svg, -2PV !)

         Après cet énième coup, Hrorgosak lui-même dû admettre qu’il n’arriverait à rien d’autre dans ce duel, pas dans l’état où il était. Et le nain mit un genou à terre, grinçant des dents de honte. Il leur ferait payer cet affront à ces umgi … En temps voulu.

         De son côté, si Erhard savourait sa victoire, il n’en montra rien et il s’en retourna rejoindre sa famille avec flegme pour observer la suite des évènements.

         Victoire d’Erhard Mikaelsson.
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Gromdal Drekgiti
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyLun 25 Nov 2019 - 15:32

Premier groupe : Elric von Reitz VS Vorlek Dunbalsson

          Elric se posa sur sa dalle, le port noble et le visage avenant, et lança quelques saluts à la foule. Enfin, surtout aux humains de la foule, les nains ayant l’air un peu plus renfrognés, probablement à cause du duel précédent. Elric, lui était de bonne humeur. Même s’il avait été appelé pour son duel, il avait eu le temps de voir le premier des deux combats depuis les tribunes. Et quand bien même, on avait aussi une belle vue sur l’arène quand on attendait son tour ! Voyant que son adversaire s’approchait à son tour de sa propre dalle, il s’inclina à son attention. Un duel armé n’empêchait pas qu’il soit amical, non ?

          Vorlek préféra ne pas renvoyer le salut souriant. Il préférait la plus simple méthode du regard d’acier. Quand il n’avait pas son ratisse-rancune dans les mains, c’était du regard qu’il envoyait du plomb. Les nains s’échauffèrent en voyant le prêtre de Gazul rentrer. Sa performance pendant la première semaine avait été à la hauteur de la réputation de l’Ordre des Gardiens. Peut-être à un point même que les courtes-barbes aux premiers rangs des tribunes préféraient applaudir discrètement plutôt que de s’attirer le regard inflexible du longue-barbe.

          Les cors retentirent, marquant le début du duel, et les duellistes s’élancèrent l’un contre l’autre sans plus attendre. Alors qu’il s’apprêtait à frapper, Vorlek fut perturbé par une drôle de sensation… il se sentait soudainement comme… plus vulnérable. Déconcerté, il se contenta d’encaisser les coups de son adversaire sur les gantelets, sans que ses propres ripostes ne soient très efficaces, s’écrasant contre le bouclier de son adversaire. (Elric : 3T 0B, Vorlek : 2T 1B 1Svg) Les sourcils du prêtre de Gazul se froncèrent : il sentait de la magie là-dessous, et cela ne lui plaisait guère !

          Elric se fendit à nouveau, mais si son arme passa cette fois la garde de son adversaire, elle ne réussit point à en percer l’armure ancestrale. (Elric : 2T 1B 1Svg) Cependant, il put remarquer l’air encore plus contrarié du vieux nain.

          « Quelque chose ne va pas, maître nain ? »

          Mais Vorlek ne répondit pas, il préférait laisser sa hache faire les négociations. Une passe puissante s’abattit alors sur l’impérial surpris, qui ne put empêcher son bouclier de se faire écarter, et l’acier nain lui mordre l’épaule. (Vorlek : 1T 1B : -1PV !)

          « Hmpf, Umgak. » grommela Vorlek pour lui-même.

          Prestement, Elric s’écarta de sous la trajectoire de la hache, pour mieux revenir à l’assaut… Mais la garde experte du prêtre de Gazul ne le laissa pas passer. Pire encore, il ne put reculer de son attaque sans un deuxième impact sur son épaulière ! (Elric : 3T 0B, Vorlek : 2T 2B 1Svg : -1PV !)

          Grimaçant, le noble impérial ignora un instant la douleur. Pas question de laisser l’avantage à son adversaire ! Il riposta immédiatement, et son instinct ne le trompa pas. Passant au-delà de l’arme du nain, son épée fila droit, et laissa une longue estafilade sur la joue de Vorlek. (Elric : 2T 2B 1Svg : -1PV !) Malheureusement pour lui, cela eut plus pour effet d’énerver le longue-barbe que de le déstabiliser, et la contre-attaque fut tout aussi impitoyable ! (Vorlek : 2T 1B : -1PV ! Elric passe à 2A.) Dans les tribunes, les nains poussèrent des Oh ! et des Ah !, perdus entre conspuer l’umgi pour tenter de défigurer l’éminent prêtre, ou célébrer ce dernier pour ses propres passes, tant les échanges étaient trop rapides.

          Elric sentait l’épuisement le gagner. Cela ne l’empêcha pas de repartir à l’assaut sans hésiter. Sa botte ne réussit pas à prendre en surprise le nain vétéran, qui laissa son armure arrêter la lame pour donner un coup de botte renforcée à l’acier dans le tibia de son adversaire qui s’était trop approché. (Elric : 1T 0B, Vorlek : 2T 2B 1Svg 1PV ! Elric passe à 1A.)

          Par Sigmar et par Manann, se dit Elric alors qu’il reculait en boitant, il ne m’aura pas si facilement ! Il se laissa alors boiter plus que de raison, même après le choc passé. Le prêtre de Gazul s’approcha pour en finir… et fut en effet pris par surprise lorsque son adversaire bondit sur ses pieds en un éclair pour se fendre et passer sous sa garde, l’épée mordant la maille sous ses gantelets ! (Elric : 1T 1B 1PV !) Confus, Vorlek ne put riposter aussi bien qu’il l’avait prévu, son assaut s’écrasant sur l’armure de plate impériale. (Vorlek : 2T 1B 1Svg).

          Elric, au souffle un peu rauque, tenta de retarder l’inévitable, se mettant sur la défensive, et sacrifia ses attaques pour des parades qui ne laissèrent aucune d’ouverture au vieux longue-barbe malgré ses assauts répétés.

          (Elric : 0T, Vorlek : 0T
          Elric : 0T, Vorlek : 2T 0B
          Elric : 1T 0B, Vorlek : 1T 0B)

          Finalement, malgré sa défense exemplaire, il sentit qu’il arrivait au bout de ses forces. Après une dernière passe sans grande énergie (Elric : 1T, 0B), la hache naine fit voler son épée, et vint s’appuyer symboliquement contre son gorgerin. Baissant la tête, Elric s’avoua vaincu (Vorlek : 2T 2B 2PV!).

          Vorlek, retirant son arme, lui adressa lui aussi un hochement de tête, preuve qu’il reconnaissait la bravoure de son adversaire –geste exceptionnel s’il en était. Suivant son exemple, les nains dans les tribunes célébrèrent aussi bien le vénérable Gardien que ce noble impérial qui s’était battu avec courage et détermination, jusqu’au bout.

          Alors qu’il s’éloignait pour sortir de l’arène de son côté, Elric entendit la voix rocailleuse du vieux prêtre s’adresser à lui :
« Tu te bats plutôt bien pour un umgi, umgi. Mais tu devrais arrêter d’utiliser tes bibelots magiques… ne ternit pas la mémoire de tes ancêtres, tu aurais la bravoure pour les rendre un tant soi peu fiers. »
Elric secoua la tête en passant sous la voûte en pierre de l’arène, un petit sourire aux lèvres. Typiquement nains, ces nains.

Victoire de Vorlek Dunbalsson



Deuxième groupe : Jandrom Polsson Bilman (Essen) contre Gorim Grandmarteau (Oleg Von Raukov)

          Le dernier combat ayant quelque peu amélioré l’esprit des nains, on annonça le suivant en grande pompes. Deux nains s’avancèrent alors depuis les entrées de l’arène sous les hourras de leurs congénères. Enfin, l’un plus que l’autre.

          Si Gorim Grandmarteau fut accueilli avec une certaine camaraderie malgré le passé difficile de son clan, Jandrom ne reçut que des regards circonspects de la part des nains. En grande partie parce qu’il venait de faire son entrée cornemuse aux lèvres et qu’une véritable chorale accompagna son annonce depuis les tribunes.

          Le tout musical était empreint d’une ardeur certaine qui aurait pu tirer un sourire aux plus assagis des longues-barbes… Si l’artiste avait fait partie d’une quelconque forteresse. Pour le moment, les plus conservateurs ne voyaient là qu’un jeune énergumène qui se donnait en spectacle pour faire l’intéressant. Les autres spectateurs suivirent par contre le rythme avec entrain malgré le jugement des autres.

          Sentant que ce spectacle musical risquait de s’éterniser, le roi Thuringar envoya le signal du début du combat pour accélérer un peu les choses. Les cors retentirent alors avec force, couvrant avec un aplomb certain le numéro musical de la chorale des montagnes itinérantes.

          Comprenant qu’il devait remettre son couplet à plus tard, Jandrom lâcha sa cornemuse en urgence et dégaina son marteau dans le même mouvement. Gorim, lui, ne s’était pas fait attendre pour entamer sa charge résolue vers son adversaire et les deux marteaux virent s’entrechoquer dans un vacarme plus que sonore. Néanmoins, l’artiste n’avait pas eu le temps de se préparer à ce changement de rythme et son adversaire lui fit bien comprendre son erreur en manquant de le désarmer (Gorim : 2T, arme magique détruite, 1B 1invu! / Jandrom : 1T 0B).

          Avec un cri de douleur peu harmonieux, Jandrom sentit sa main presque craquer sous l’impact impitoyable de Grandmarteau. Il tenait toujours son arme, mais de là à l’utiliser proprement… Il lui fallait de l’air cependant et il en brassa assez avec son arme pour se faire de la place et ainsi rétablir le statu quo (Gorim : 1T 0B/Jandrom : 1T 0B). Mais n’entendant pas laisser le moindre temps mort à son opposant, Gorim reprit son élan aussitôt (Gorim : 1T 1B 1PV!) envoyant tituber un Jandrom qui peinait à trouver son rythme(Jandrom : 0T).

          Sûr de ses assauts, le dernier des Grandmarteau continua à pousser son attaque. C’était quand il était chaud qu’il fallait battre le fer après tout ! Mais sa comparaison métallurgique fut comme de mauvais augure quand son coup vint ripper sur le gromril presque caché sous les atours du chanteur (Gorim : 1T 1B 1Svg).

          « Première fausse note ! » s’exclama Jandrom en faisant volte-face tout en profitant de l’élan pour toucher Gorim en pleine tête. Un autre tintement d’une tonalité bien différente se fit entendre au travers du Karak alors que le casque de Gorim effectuait son œuvre (Jandrom :2T 2B 1invu 1PV !) mais pas assez pour bloquer toute la force du choc. Sonné mais pas vaincu, Gorim entendit clairement le cliquetis caractéristique de la rencontre entre le sol en roche et le morceau d’aile enchantée qui se tenait autrefois sur la droite de son couvre-chef.

          Emettant un grognement peu amène, réparer son casque prenant un certain temps à chaque fois, Gorim ne vit même pas arriver le revers de l’arme de Jandrom (Gorim : 0T /Jandrom : 2T 1B 1PV !)

          « Deuxième fausse note ! Il va falloir prendre des leçons pour corriger tout cela ! » ricana à nouveau Polsson Bilman.

          Cette fois, Gorim était furieux. Comment est-ce que ce sans clan osait-il se moquer de lui de la sorte ? Trop de fausses notes ? Il allait voir si son crâne sonnait faux oui ! Et au Grandmarteau de filer telle une flèche vers un Jandrom rigolard. Un petit échange eu lieu, mais les coups ne firent qu’égratigner quelques bouts de tissus (Gorim : 3T 0B / Jandrom : 2T 0B).

          « Vous perdez le rythme à ce que je vois ! Tenez, tentez donc de suivre. Un, deux, trois, un deux… »
Trop c’était trop. L’heure était au tomber de rideau pour ce malotru, pensa Gorim.

          « Khazuk ! hurla-t-il en frappant.  (Gorim : 1T 1B 1PV !)
          — … ‘Khazuk, Khazuk. Ta bouche répondit l’écho !’ » (Jandrom : 2T 1B 1PV ! Gorim a désormais 2A)

          Outré par cette invective tout droit sortie d’une expression bretonienne, Gorim perdit presque ses moyens alors que Jandrom rigolait encore de sa bonne blague. (Gorim : 1T 0B / Jandrom : 1T 0B).

          Sentant néanmoins ses forces l’abandonner, Gorim Grandmarteau puisa dans une denrée qu’il avait à foison pour continuer : sa détermination. Et ce fut avec un chant de son clan qu’il leva son arme à nouveau en grinçant des dents… Pour qu’elle se fasse dévier par un Jandrom danseur qui se permit même d’ajouter une percussion au tout (Gorim : 1T 0B / Jandrom : 2T 1B 1PV ! Gorim a désormais 1A)

          La tête de Gorim carillonnait en tous sens et la position de son adversaire se fit de plus en plus lointaine. Le dernier coup à la tête avait dû casser quelque chose. Mais il entendait distinctement l’air sifflotant de son adversaire.

          « Tu… Tu ne t’arrêtes donc jamais de jacasser ? » (Gorim : 0T)

          Un grand choc.

          Gorim se réveilla au sol, son crâne avait cessé de vibrer il fallait croire. Et Jandrom se tenait au-dessus de lui.

          « Maintenant oui. » (Jandrom : 2T 2B 2PV !) « Sans rancune ? » demanda l’artiste en tendant la main à son opposant. Celle qui n’avait pas été à moitié broyée plus tôt.

          Dans un grommellement, Gorim accepta l’aide et, une fois relevé s’en alla rejoindre les siens, sans remarquer que Jandrom massait ostensiblement et lentement sa main d’arme.

          « La cornemuse, ça ne sera pas pour tout de suite, j’en ai peur… » remarqua alors Jandrom pour lui-même.

Victoire de Jandrom


Spoiler:
 

Traduction réalisée d'après Grudgelore, de Nick Kyme et de Gave Thorpe.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyMer 27 Nov 2019 - 15:08

Premier groupe : Richter Ketzerfeuer (Ethgri Wyrda) contre Hrafni Hrotgarsson (Gromdal)

.          Alors que les tribunes se remettaient encore du dernier combat, le roi préféra accélérer un peu les évènements. Surtout que Gunther Hindelschtrossheblunter commençait à marmonner des inepties qui aurait fait passer les grommellements des anciens du clan juste à côté pour des poèmes.

        Kregac Argrunsson vit le signal depuis l’arène et appela aussitôt les deux participants à comparaître.

        Dans la demi-seconde, le répurgateur arriva avec une rigueur toute personnelle et des sortes de tics nerveux un peu inquiétants. Il fallait croire que sa rencontre avec Jean Coteas avait eu quelques séquelles sur son calme, à moins que ça ne soit les soins hâtifs qu’il s’était prodigué de son côté… En tout cas, sa gorgée d’Eau de Sigmar alors qu’il arrivait sur la dalle ouvragée sembla le calmer efficacement.

        Néanmoins, et ce à la surprise de bon nombre de spectateurs, l’autre côté de l’arène était désespérément vide. Le roi Thuringar, inquiet, fit comprendre par le biais d’un geste sec que Kregac avait intérêt à s’expliquer et vite. Mais le héraut semblait tout aussi perdu que son souverain. Selon toute vraisemblance, le vieux maître des runes n’était tout simplement pas là.

        « Par Grungni, mais où est-ce que Hrotgarsson a-t-il bien fini ?! grogna le roi en tapant du poing sur son siège.
—Eh bien, ici. Pourquoi ? »

        Aussitôt le monarque se tourna, l’air sidéré, à sa gauche, où se tenait Hrafni avec le plus grand des calmes. La totalité des longues-barbes ne savait plus vraiment où se placer non plus d’ailleurs. Seul le pouffement contenu de Johannes Mikaelsson tenta, en vain, de briser le silence tonitruant qui venait de tomber sur la tribune royale.

        « Mais… Mais vénérable ancien ! s’étrangla presque Thuringar.
— Oui, oui ! C’est bon, j’suis là maintenant, pas la peine de hurler.
— Pourquoi n’êtes-vous donc pas dans l’arène ?!
— Il a peur !! s’exclama Richter dans le fond, mais personne ne l’écoutait vraiment.
— Hein ? Arène ? fronça encore plus des sourcils Hrafni.
— Oui ! Celle du tournoi enfin ! Celui auquel vous vous êtes inscrit !
— M’enfin de quoi tu parles … Ah. Ah, oui, c’est vrai, la sauterie. »

        Le vieux nain jeta un coup d’œil autour de lui, une moue un peu plus déçue aux lèvres. Thuringar, lui, avait déjà à moitié abandonné.

        « C’est ça votre arène ?
— Vous… Vous l’avez déjà vu.
— Je n’avais pas fait attention la première fois.
— Ah.
— J’ai déjà vu des cabanes umgi plus grandes.
— Si vous le dites, vénérable. »

        Hrafni prit un instant pour s’approcher du bord de la tribune avant de cogner du pied dans la plus grande dalle de marbre noir qui se tenait non loin. Il y eu un poc insignifiant.

        « Mais… Mais ça tient mêm’pas d’bout votre truc ! » s’insurgea le maître des runes.

        Thuringar dû concentrer une grande partie de sa volonté pour ne pas émettre de son de désespoir en cet instant.

        « Au nom des ancêtres de cette forteresse, pourriez-vous aller concourir maintenant ?
— Grmblbl, bien, bien, si vous insistez. » – se résigna-t-il avant de se retourner sèchement – « Mais si cet ouvrage umgak me tombe dessus, c’est votre faute ! »

        Et le vieux nain s’en alla avec sa démarche de rocher acariâtre. Dans les tribunes, quelques maçons qui avaient entendu l’échange considérèrent un changement de carrière.


        Une minute plus tard, et les deux participants étaient enfin en place. Richter ne tenait plus vraiment sur place de son côté, l’Eau de Sigmar devait être utilisée rapidement après tout… Heureusement pour lui, le signal fut envoyé bien vite et le répurgateur partit tel une comète vers son adversaire.

        « Par Sigmar, je vaincrais ! tonna Richter avec ferveur
— Qu’est-ce qu’il dit ? » s’enquit le vieux nain.

        Ne prenant même pas en compte l’état placide de son opposant, Richter considérant cela comme une ruse, le répurgateur vint abattre sa lame au niveau du bras armé du nain (Richter : 5T, 3B, 2invu, BM : -2PV / Hrafni : 0T). La lame s’enfonça de moins de quelques centimètres en crissant, ce qui surprit un peu l’impérial, mais il avait touché !

        Puis, il remarqua que le nain le regardait. Il semblait contrit.

        « Dites, umgi, vous auriez pu attendre le début du combat. »

        C’en était trop pour Thuringar qui sauta presque de son siège et envoya valdinguer sans précaution un des musiciens de la tribune pour lui prendre son cor avant de souffler dedans avec force. Le son, grave et puissant, emplit le grand hall de sa tonalité… A plusieurs reprises.

        Hrafni leva alors un doigt qui semblait capable de planter des clous.

        « Ah. Là on est bon. »

        Richter, qui se demanda alors sur quel type d’engeance il avait bien pu tomber, recula d’un pas. Puis il se rappela que la peur ou la retraite étaient hérétiques lorsqu’on servait Sigmar, enfin du moins dans sa version du bon petit livre de l’inquisiteur. Et il se requinqua pour partir à nouveau à l’assaut ! Cela avait peut-être à voir avec le fait que Jean Coteas le regardait avec amusement depuis les tribunes, mais personne n’en était bien sûr.

        La lame du répurgateur fendit l’air et il retenta son attaque contre le bras du nain. S’il désarmait l’ancêtre, alors sa victoire était assurée ! (Richter : 1T, 1B, BM : -2PV !!)

        Cette fois, Hrafni sentit la douleur. Cela faisait bien longtemps qu’il ne l’avait pas ressenti sous cette forme tiens. Mais bon, le cor avait sonné, l’umgi s’était bien amusé, alors autant en terminer.

        Le marteau se leva. Puis se baissa. (Hrafni : 1T, 1B, BM : -4PV !!)

        Un silence profond suivit l’impact. Les regards allèrent du vieux nain qui tournait déjà les talons en observant son arme dévastatrice, au répurgateur étalé une demi-douzaine de mètres plus loin. A vrai dire, peu de spectateurs eurent envie d’applaudir, ils n’avaient pas bien compris ce qu’il s’était passé. Ce qui convint à Hrafni, on ne s’entendait plus forger avec tout ce vacarme.

Victoire de Hrafni



Deuxième groupe : Ember Kikraksniz (vg11k) VS Hrorgosak Gorikson (Doobloom)

          L’heure était venue d’assister au dernier combat de la journée. Thuringar, depuis la loge d’honneur, leva le bras d’un air solennel. Aussitôt, Kregac Argrunsson se pencha sur son parchemin, et lu à haute voix les noms d’Ember et de Hrorgosak Gorikson.

          Les deux combattants entrèrent dans l’arène. Ember, le visage camouflé sous un imposant heaume intégral, était prête à en découdre, trépignant d’impatience depuis le matin. Et en plus, son adversaire était un vieux shnock, l’incarnation même du conservatisme qui l’énervait tant. Ça allait être un plaisir ! La poignée de sa hache la démangeait, et c’est sûre d’elle qu’elle se plaça sur la dalle runique.

          En face, Hrorgosak, désormais remis de son duel contre Erhard Mikaelson, la toisait d’un regard peu amène, ce qui bien sûr ne changeait pas d’habitude avec lui. Il nota que son adversaire ne se tenait pas assez droit, qu’il manifestait trop d’impatience au combat, et qu’il avait l’outrecuidance de ne pas révéler son visage. Par Grungni, mais qui était ce jeune poil au menton qui se croyait tout permis simplement parce que le hasard des sélections les avaient mis sur un pied d’égalité ? Refermant ses doigts sur la poignée de Sahar, sa hache, il se dit qu’il allait falloir y remédier, et tout de suite !

          Les cors sonnèrent, tous deux se mirent en garde, et s’élancèrent l’un sur l’autre avec une rage de vaincre toute naine, Hrorgosak en poussant un cri de guerre et Ember en restant silencieuse. Mais à la grande surprise du vieux nain, le médaillon de son adversaire s’illumina d’une lueur rougeoyante juste avant l’impact, et libéra soudain une vague de flammes qui se dirigea droit sur lui !

          Hrorgosak ralentit l’allure et se protégea de son bouclier, qui lui évita tout dommage (Souffle d'Ember : 7T, 1T Annulée, 3B, 3Svg !). Pourtant, cette distraction momentanée lui avait fait perdre Ember de vue, et c’est alors qu’il se redressait en se demandant où elle était passée qu’un choc violent venant de la droite le fit rouler par terre. Ember l’avait contourné, et l’avait attaqué par le côté (Ember : 1T d'impact, 1B, -1PV !). Mais il en fallait plus pour vaincre le vieux thane, et ce dernier se releva d’un seul mouvement, et aperçut Ember lui fonçant à nouveau dessus. Le choc tant attendu eut lieu, mais aucun ne parvint à reprendre l’avantage (Hrorgosak : 2T, 1B, 1svg/Ember: 2T, 1B, 1Svg).

          Hrorgosak laissa éclater sa fureur. « Tu te bats comme un lâche avec tes trucages grossiers. De mon temps, on savait affronter l’adversaire les yeux dans les yeux ! » Ember sourit sous son heaume. Si c’était ça qu’il voulait, il allait être servi ! Elle se lança alors dans une série de passes d’armes avec le gardien de la porte, jouant au maximum de sa rapidité et de sa forme physique. Mais alors qu’elle pensait dominer l’échange, Hrorgosak fit soudain glisser la hache de la naine sur son bouclier, et l’instant suivant il se tenait devant elle. Avant qu’Ember ne puisse réagir, son adversaire lui avait asséné un violent coup de hache sur le heaume, qui se mit à vibrer très fort alors que sa vision se brouilla une fraction de seconde (Hrorgosak : 3T, 2B, -2PV!/Ember : 1T, 1B, 1svg).

          Ember recula pour reprendre ses esprits, mais Hrorgosak pressa son avantage. Ember tâcha de se défendre, tant et si bien qu’une estafilade apparut sur le nez et la joue du vieux nain. Mais cela ne sembla que l’énerver encore plus, et il chargea en grognant un nouveau cri de guerre, renversant Ember qui tomba sur le dos (Hrorgosak : 3T, 2B, -2PV !/Ember : 3T, 3B, 2svg, -1PV ! Ember n'a plus qu'une attaque). La foule poussa un « Ooooh » impressionné.

          « C’est terminé je crois » fit sa voix rocailleuse alors qu’il se détournait déjà. Mais à sa grande surprise, un bruit métallique le fit se retourner, et sous les vivats impressionnés de la foule il s’aperçut que son adversaire se relevait. Ember, de son côté, suait à grosses gouttes. Elle avait clairement sous-estimé ce vieux de la vieille, et se jura qu’on ne l’y reprendrait plus. Mais là, à bout de forces, elle ne voulait plus qu’une chose : lui faire ravaler sa suffisance à coup d’acier !

          Hrorgosak était encore sous le choc de la voir se relever, et alors qu’elle tituba vers lui il se contenta de parer le coup maladroit qu’elle tenta (Hrorgosak : 1T, 0B / Ember : 0T). Pourtant, l’instant d’après il se maudit de cette hésitation de sa part, car son adversaire sembla recouvrer toute sa rapidité, et lui asséna à son tour un violent coup derrière le casque qui l’envoya valser alors que ses propres attaques ne firent que lui en effleurer l’armure (Hrorgosak : 3T, 0B/Ember : 1T, 1B, -1PV ! Hrorgosak passe à deux attaques).

          Hrorgosak sentait lui aussi ses forces s’amenuiser. Il voulait en finir, et vite, mais ce jeune teigneux malpoli ne se laissait décidément pas faire. Un corps à corps furieux s’engagea, un corps à corps où chacun d’entre eux était à bout d’énergie mais refusait de céder. Une botte fut bloquée in extremis (Hrorgosak : 2T, 0B/Ember : 0T), une contre-attaque ne trouva que de le gromril (Hrorgosak : 2T, 1B 1svg !/Ember : 1T, 1B 1svg !), une attaque rageuse fut simplement esquivée d’un pas de côté (Hrorgosak : 0T/Ember : 0T). La foule était captivée, et même les vieux nains de la tribune d’honneur oublièrent un moment de bougonner. Devant eux, et à présent dans un silence de cathédrale, se déroulait un des duels les plus serrés de tout le tournoi. Hrorgosak et Ember semblaient comme en transe, et même si leurs mouvements perdaient peu à peu en rapidité, le spectacle était sidérant (Hrorgosak : 1T, 0B/Ember 1T, 1B, 1Svg ; Hrorgosak : 1T 0B/Ember : 0T ; Hrorgosak : 2T, 0B/Ember : 1T, 1B, 1svg).

          Ember sentait que son adversaire faiblissait plus vite qu’elle. Elle le sentait et au fond de ses tripes elle en était contente. Enfin, elle pouvait lire autre-chose que le mépris sur le visage de Hrorgosak. Elle y lisait à présent la fatigue, la concentration, et surtout la fureur. La même fureur qui l’animait elle-même à cet instant. Peut-être lui et moi avons plus en commun que je ne le pensais se dit-elle alors qu’elle bloquait une nouvelle attaque (Hrorgosak : 2T, 1B, 1Svg). Car mon visage doit certainement avoir la même expression. Et soudain, elle la vit : l’ouverture. Hrorgosak avait trop ouvert sa garde. Elle s’engouffra dedans, et parvint à lui porter un coup de pied qui le fit reculer de plusieurs pas, maquant de le faire tomber (Ember : 1T, 1B, -1PV ! Hrorgosak passe à une attaque). Elle exulta, puis tomba presque à genou, le souffle court. La fatigue prenait son dû sur elle aussi, et sévèrement.

          Hrorgosak tituba quelques instants, le temps que le monde arrête de tourner. Puis, voyant que son adversaire était essoufflé, il releva bien haut sa hache. Ce n’était pas fini, par Grungni, oh que non. Pourtant, ils étaient tous les deux épuisés, si bien que leurs échanges prenaient à présent la forme d’attaques de moins en moins cohérentes et de plus en plus lentes. Hrorgosak manquait de force (Hrorgosak : 1T, 0B), et Ember n’avait plus l’air de savoir manier une hache (Ember : 0T). Le vieux thane menait à présent la cadence, envoyant moulinet sur moulinet de sa grande hache, qui même s’ils ne rencontraient que le gromril de l’armure d’Ember, celle-ci ne pouvait que se défendre sans arriver à attaquer (Hrorgosak : 1T, 1B, 1svg/Ember : 0T). Jusqu’à ce qu’enfin, à bout de fatigue, Ember n’arrive pas à bloquer un coup, qui s’écrasa sur son heaume avec une telle violence qu’elle vit trente-six chandelles. Quand elle reprit ses esprits, elle était au sol, incapable de bouger le moindre muscle. Hrorgosak vacilla pendant un instant, et alors que la foule se levait pour l’applaudir et acclamer ce magnifique duel, il s’effondra lui-aussi au sol, vaincu par la fatigue (Hrorgosak : 1T, 1B, -1PV/Ember : 1T, 0B)

Victoire de Hrorgosak Gorikson.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyMer 4 Déc 2019 - 16:30

La dégustation de bière

.          En cette fin de huitième journée du tournoi, chacun rentra peu à peu chez lui avec plus ou moins d’allégresse. Les heureux gagnants des paris repartirent avec le sourire, au contraire de ceux qui avaient perdu qui s’en allèrent en grommelant. Sur la place du village du Grand vent, l’ambiance était tout de même surtout à la fête et aux réjouissances. On parlait surtout des combats, du talent de tel ou tel combattant, de ses chances de gagner dans les jours qui viennent. « Mais si, je te dis que ce Hrorgosak Gorikson va aller loin. Tu l’as vu ? Il ne lâche rien, même au bord de la défaite.

-          La défaite ? Tu veux dire celle que lui a infligée Mikaelson ? En voilà un qui ira loin.
-          Peuh, il ne vaut rien face à l’archidiacre Coteas. Tu l’as vu écraser ce répurgateur ? C’est clairement lui qui gagnera.
-          Moi, je dis que vous oubliez le vieux maître des runes. Il me fait peur avec son marteau. »

           C’est dans cette bonne ambiance que s’installèrent peu à peu des étals de vente de bière sur la place. Les brasseurs de la forteresse faisaient peu cas de l’origine de leurs clients, pourvu qu’ils payent, et les habitants du village réservé aux ‘surfaciens’ leur avaient semblé être un bon moyen de gagner quelque cliquaille. Ainsi, les conversations dévièrent rapidement vers ces ilots de bonne humeur, et bientôt c’est une chope mousseuse à la main que les conversations reprirent. La nuit tomba, sans grand effet, car des lampes furent allumées, donnant à l’endroit une atmosphère chaleureuse de fête de village où personne ne se connaissait mais agissait comme si.

           ‘Il Maestro’ Jandrom Polsson et sa chorale occupaient à eux seuls un étal entier. Après avoir animé la foule à plusieurs reprise avec leurs chants (et ce malgré l’immonde acoustique de cet espace extérieur), ils profitaient d’un flux quasi constant de bière pour rire en chœur après avoir chanté de même. « Et là, je lui ai dit ‘sans rancune’ ?, à ce cher Gorim. Il a dû en manger l’autre aile de son casque. » Jandrom déclencha l’hilarité de son auditoire à cette remarque. Il était de notoriété publique que Gorim Grandmarteau était très à cheval sur l’honneur, essayant tant bien que mal de reconstituer celui de son clan, et cela amusait beaucoup le jeune nain roux. Renversant la tête en arrière pour boire une bonne lampée du breuvage ambré qu’il tenait à la main, son regard s’arrêta net sur un duo qui fendait la foule sans paraître la voir.

           « Eh, toi là, Mikaelson ! » S’écria-t-il en tendant le bras vers Erhard et Sybille qui se retournèrent surpris. « Tu t’es bien battu tout à l’heure. Ça te dirait de boire à ma victoire ? Je boirai à la tienne de cette façon. »

           Erhard lui lança un regard qu’on réserve d’habitude aux mouches particulièrement insistantes, alors que Sybille prenait un air amusé. « Sans façon, maître nain » finit par répondre le vampire aux cheveux noirs après un instant de réflexion. « Je crains de ne pas avoir le temps de me mêler à des activités aussi dégradantes. Bien le bonsoir. »

           Mais avant qu’Erhard ait le temps de se détourner, la voix de Jandrom se fit narquoise. « Je m’en doutais. Vous ne tenez certainement pas l’alcool de toute manière, à voir comme vous êtes pâlichon. La seule bière qui vous irait, c’est celle dont on ne sort pas. »

           Sybille éclata d’un rire cristallin qui fit se retourner une demi-douzaine d’hommes autour d’elle. Mais Erhard n’avait désormais d’yeux que pour le nain. Son visage n’exprimait toujours pas la moindre émotion, mais sa réaction ne se fit pas attendre. Sans quitter ‘Il Maestro’ des yeux, il s’avança à pas lents vers l’étal du brasseur et se saisit d’une chope pleine en faisant tinter une piécette sur le comptoir d’un même mouvement. Alors que l’assistance le regardait d’un air mi-amusé mi-intimidé, il déclara « un Mikaelson ne se laisse pas insulter de la sorte sans réagir. » Levant bien haut la chope en question, il clama « à votre victoire, maître Polsson Bilman », et vida le récipient d’une traite sous le regard ébahi des nains et de sa sœur.

           Jandrom fut le premier à réagir. Alors qu’Erhard le défiait toujours du regard, il partit d’un grand rire qui fut presque immédiatement repris par le reste des ‘Montagnes Itinérantes’. « Vous ne vous démontez pas, Mikaelson. Permettez que j’honore ma part du contrat. » Il s’apprêta à boire à son tour, mais Erhard l’arrêta d’un geste, un vague sourire aux lèvres.

           « Je viens de vider une chope entière à votre victoire. Je me sentirais quelque peu lésé que vous n’en fassiez pas de même pour moi. »

           Jandrom fut d’abord interloqué, puis son sourire rejoint celui du vampire. « Très bien, faisons donc ça. » Un instant plus tard, le nain aux cheveux de feu vidait sa propre chope après avoir dit d’une voix solennelle « à votre victoire, Herr Mikaelson ».

           Les conversations autour d’eux reprirent, mais Erhard et Jandrom continuèrent leur conversation. Jandrom prit un ton malicieux. « Si je puis me permettre, Mikaelson, je trouve que vous n’avez pas vraiment rendu honneur au roi Thuringar aujourd’hui. » Il lui présenta une deuxième chope pleine. « Que diriez-vous de le faire séance tenante ? ». Erhard pencha la tête sur le côté d’un air entendu, et se saisit à son tour de la chope. « Mais bien volontiers. À la santé du roi Thuringar ! » Et il vida le récipient aussi vite que le précédent. Sa nature de vampire lui permettait d’être presque immunisé aux toxines de l’alcool, aussi entendait-il rabattre le caquet de ce nain, quel que soit le temps que ça prendra.

           « À votre tour, maître Polsson Bilman. Il serait bon de votre part de boire à la santé de Gorim Grandmarteau. Qui sait à quel point vous avez pu le blesser, dans son corps et dans son orgueil. Il mérite au moins cette considération.

-          Vous avez raison. Réparons ça tout de suite !

           « Hep ! » fit une voix alors que Jandrom terminait sa deuxième pinte. « Je vous entends boire à la santé des uns et des autres, mais personne n’a encore bu en l’honneur de Sigmar, c’est inadmissible ! »

           Là, devant eux, se tenait Richter Ketzerfeuer, comme surgi de nulle-part. L’air féroce, le répurgateur avait les bras croisés, et son regard n’était pas très engageant. Pour toute réponse, Jandrom lui fit un signe de sa choppe vide.

           « Mais venez donc, Ketzer’, je boirais bol…volontiers à la santé de Sigmar quand…quand vous aurez bu à celle du haut-roi Thorgrim. Je suis certain que votre dieu ne vous en tiendra pas…rancune ! »

           Il rit de sa blague, imité par l’assistance. Sybille eut un haussement d’épaule accompagné d’un « ah, les hommes » avant de se fondre dans la foule. De son côté, Richter soutint le regard du nain. « Si c’est le prix à payer, je vais tester cette boisson d’hérétique. Mais uniquement pour en déterminer les effets ! »

           Se saisissant sèchement de la pinte pleine que lui tendait Jandrom, il s’exclama « pour le haut-roi Thorgrim ! », puis entreprit de vider la chope. Alors, Erhard et Jandrom en reprirent chacun une, prononcèrent ensemble un « pour Sigmar » et l’imitèrent. La soirée s’annonçait distrayante.

***

           Elric Von Reitz déambulait mollement entre les gens, bredouillant au passage des « pardons » et des « s’cusez ». Il en était à sa quatrième pinte, et après avoir chanté à tue-tête pendant une demi-heure avec les quelques marins qu’il avait pu trouver dans ce bazar, il avait été soudain pris d’une sérieuse envie d’uriner, là, tout de suite. Mais malheureusement, céder à ce besoin en public aurait été malvenu, du moins est-ce la conclusion à laquelle son cerveau embrumé était arrivé après intense réflexion. La conclusion s’était imposée : il fallait trouver un endroit tranquille, et après avoir bafouillé quelques excuses et adressé un sourire à deux ou trois accorte demoiselle, il s’en était allé à la recherche dudit havre de paix.

           Dix-neuf seconde plus tard, il émergea de la foule dans une ruelle bien plus tranquille. Il se dit que l’endroit, sans être idéal, pourrait faire l’affaire. Mais c’est alors que ses yeux se posèrent sur la lune. Quel bel astre, au final. On ne fait pas assez attention à la beauté de ce qui nous entoure, je vous le dit ma bonne dame. Tout à cette contemplation, Elric finit par se dire qu’il serait ma foi fort poétique d’accomplir le besoin naturel qui le pressait en contemplant la lune et les étoiles. Et quel meilleur endroit pour cela que les rochers qui entouraient le village ? Aucun ! Il se mit donc à courir, et arriva bien vite à l’endroit souhaité, juste à la sortie du Grand vent, au milieu des gros rochers qui bordaient la route. La lumière artificielle était faible, et il se laissa aller à uriner en admirant lune, étoiles et monts enneigés.

           Alors qu’il s’apprêtait à retourner à la fête, un grognement à sa droite attira son attention. « Eh » fit-il d’une voix enrouée, « si vous vouliez être tranquille, je suis désolé. Mais j’me casse là. Je vous laisse. » Pourtant, loin de se calmer, l’individu continua ses grognements, à tel point que quelques connexions se firent dans l’esprit du marin. Ça ne ressemblait en fait pas du tout au bruit que ferait un humain. Ou un nain, même un de ces vieux spécimens qui avaient l’air d’avoir un visage bougon vissé sur le crâne. C’était clairement autre-chose.

           Soudain, une ombre se déplaça dans la périphérie de son champ de vision. Elric était à présent sur ses gardes, et ses yeux s’habituaient peu à peu au manque de lumière. Le truc qui se trouvait là avait l’air assez peu commode en fait, encore moins qu’un vieux nain. Sa main se posa naturellement sur la poignée de son épée. Et grand bien lui en fit, car soudain une énorme paire de mâchoires équipée de pattes se rua sur lui.

           « Par la troisième chopine du capitaine Roth, un squig ! » Jura Elric en dégainant précipitamment. Mais, sous l’effet de la surprise, il ne put qu’esquisser un coup maladroit que la créature vorace ne ressentit même pas (Elric : 2T, 0B). Voyant les mâchoires se refermer sur lui, il se détourna au dernier moment, mais la créature le percuta tout de même de plein fouet, le propulsant contre un rocher (Squig : 4T, 3B, 1Svg, -2PV).

           « Saleté de moule à gâteau de tonnerre de Bordeleaux, tu vas me le payer ! » Elric, empoignant correctement son arme cette fois, se redressa et vit la créature affamée foncer sur lui à toute jambe, le croyant trop blessé pour poursuivre. Mais c’était mal le connaître. Etant habitué à être balloté par les tempêtes, il fallait plus qu’une vilaine chute pour le déstabiliser, et il le prouva bien. Alors que le squig s’apprêtait à le mordre à nouveau, il lui offrit son bouclier à la place (Squig : 4T, 2B, 2svg), tandis que sa lame chercha et trouva le chemin d’une des pattes de la créature qui glapit de douleur (Elric : 1T, 1B, -1PV).

           « Finissons-en, la bestiole. J’ai autre-chose à faire ce soir, comme aller voir une ou deux donzelles. » Il ne laissa pas au squig la chance de s’en tirer. Son épée dessina un arc de cercle parfait sur lequel se refléta le clair de lune. Il y eut un nouveau cri de douleur de la part de la bête rougeâtre qu’il venait presque de couper en deux, puis plus rien d’autre que sa respiration haletante (Elric : 3T, 3B, -3PV).

           Elric nettoya le sang qui recouvrait sa lame en l’essuyant sur la peau de la créature, puis il retourna vers le village, bien décidé à noyer le souvenir de cette rencontre avec plusieurs pintes. Il constata avec tristesse que le combat l’avait dégrisé, et en voulut encore plus à ce squig décédé. En chemin, il tomba sur une scène plutôt cocasse : Jean Coteas des Entommeures, l’air contrit, soutenait un Richter Ketzerfeuer passablement éméché (Jean Coteas : test de force réussi. Richter : test de force raté). Le chapeau de travers et ne tenant plus sur ses pieds, le répurgateur chantait à tue-tête « Sigmar...il est vraiment très…hips…fort. C’est mon ami et bien plus…hips…encore ! » Tandis que l’archidiacre, visiblement incommodé par l’haleine alcoolisée de son vivant fardeau, faisait tout son possible pour le ramener dans sa chambre le plus vite possible.

           Une fois mêlé à la foule, il vit que d’autres participants au tournoi avaient passé une soirée aussi bonne que celle de Richter. Affalés sur un bar, la forme trapue au poil roux de Jandrom Polsson et celle, plus fine, d’Erhard Mikaelson, discutaient avec ce qu’ils voulaient certainement faire passer pour de la conviction. Le nain ‘levait’ sa chope. « Il faudrait aussi honorer Jean Raoul, portier de l’auberge de l’oie sauvage, qui est quand-même…hips…vachement sympa. » Erhard répondit d’un hochement de tête entendu, un étrange sourire vissé sur son visage, et tous deux burent cul-sec (Jandrom et Erhard : test de force raté). Il croisa la sœur Mikaelson qui fonçait avec un air de furie sur le duo éméché, mais il ne resta pas pour voir quel sort elle réservait à son frère. Elric n’en avait cure, et passa le reste de la soirée à chercher des donzelles pour leur raconter son récent exploit contre une horde de squigs affamés.



Balades dans les tunnels :

           Alors que l’on festoyait à la surface, l’ambiance était plus morose au cœur de la montagne.

           Le rapport du thane des rangers à Thuringar sur l’attaque des trolls avait attisé la curiosité du roi nain. Grandement même. Ainsi, alors que les combats se déroulaient en bon ordre dans le grand hall, le roi avait fait doubler la garde des entrées de la forteresse. Avec ce qui puait le grobi à plein nez, il valait mieux être prudent. Après tout, ces rebuts de la création savaient comment titiller les défenses naines aussi bien que ces derniers savaient comment leur ouvrir le crâne à la hache.

           Les ordres passèrent d’une bouche à une oreille naine, dans un secret relatif. On ne voulait pas affoler la population et encore moins reporter le tournoi à la veille de son commencement sur la base d’une « inquiétude ».

           Forcément, en tant que thane des gardiens de la porte, Hrorgosak Gorikson fut mis au fait de la chose. Mais uniquement après ses combats, pour qu’il puisse se remettre convenablement grâce aux soins des prêtresses de Valaya. Le longue-barbe grommela un peu contre le fait qu’on ne l’ait pas tenu au courant, mais il accepta les ordres. Quand le roi ordonnait, on obéissait.

           Par précaution, une fois la journée de duels terminés, une série de patrouilles furent organisées dans les tunnels les plus reculés de la forteresse. Plus particulièrement une série de tunnels non loin d’une ancienne mine abandonnée où quelques grobis auraient été aperçu. Et, sur un coup de tête, comme à son habitude, Thuringar trouva bon de mettre plusieurs des participants nains du tournoi ensemble pour former une desdites patrouilles. Après tout, ils avaient prouvé le jour-même qu’ils savaient se battre !

           Hrorgosak, lui, se demandait si le roi comprenait le concept de « combattre en unité » en revanche.

           La nouvelle fut alors annoncée aux participants et Gorim Grandmarteau et Ember acceptèrent sans trop hésiter. Gorim y voyait là une occasion de continuer à redorer le blason de son clan et Ember voulait faire ses preuves encore et toujours. Vorlek Dunbalsson s’ajouta à la troupe lui aussi. Les festivités de la surface ne lui plaisaient guère et protéger le Karaz Ankor faisait partie de ses vœux, même si les menaces étaient bien vivantes.

           Au moment où la troupe se mit en marche vers les niveaux inférieurs, le groupe remarqua à sa semi-surprise que Hrafni Hrotgarsson s’était ajouté à leur petite expédition. Le vieux maître des runes n’avait pas pipé mot pour expliquer sa présence, mais il s’occupait avec une attention renouvelée de son marteau runique, comme s’il s’attendait à devoir le présenter à quelqu’un. Les autres nains trouvèrent bon de ne pas poser plus de questions.


           Après avoir parcouru plusieurs tunnels de service sans rencontrer âme qui vive, Hrorgosak, qui dirigeait la troupe avec Gorim, fit signe aux autres nains d’attendre. Ses sens étaient entrainés à détecter toute forme de fraude au passage de la grande porte du Karak, alors entendre quelques bruits anormaux dans les tunnels était presque une formalité pour le longue-barbe traditionaliste... Sauf qu’il était aussi plus habitué à l’entrée sur l’extérieur qu’aux tunnels profonds et peu éclairés. Ne voyant pas une aspérité au détour d’une poutre de soutènement, le longue-barbe glissa et dévala une pente abrute mais peu profonde qui le sépara du groupe en le faisant atterrir quelques mètres plus bas avec fracas.

           Gorim, qui se trouvait juste derrière lui, s’enquit de l’état de son congénère qui lui répondit qu’il allait bien mais que sa lanterne s’était éteinte dans la chute. Le membre du clan Grandmarteau, plus habitué aux mines que les autres, compris qu’ils avaient un début de puits non terminé devant eux. Il leur faudrait trouver une autre route. Hrafni surpris alors un peu tout le monde en indiquant un passage qu’il empruntait dans sa lointaine jeunesse.

           Faisant signe à Hrorgosak de rester là où il était, la troupe s’en alla au trot dans les profondeurs pour le rejoindre en sécurité. Le longue-barbe prit alors le temps de rallumer sa source de lumière à moitié en aveugle tout en grognant contre les mineurs et leur travail d’organisation umgak.

           La lumière fut dans une étincelle. Et Horgosak vit qu’il n’était pas seul. Largement en sous-nombre même puisqu’il était entouré par au moins une demi-douzaine de gobelins qui le regardaient avec un air idiot. Les peaux-vertes semblaient sortir d’un tunnel adjacent et étaient venu s’enquérir de l’origine de tout ce vacarme. Ils ne s’attendaient apparemment pas à la venue d’un vieux nain bougon, mais ils feraient avec, se dirent-ils en pointant aussitôt leurs lances sur Hrorgosak avec un grand sourire jaunâtre.

           Dans un cri de guerre strident, les gobelins mal équipés mais motivés chargèrent le longue-barbe qui tentait de dégainer sa hache à la hâte tout en éloignant les pointes de lances avec son bouclier (Gobelins : 2T, 1T Annulée, 0B / Hrorgosak : 1T, 0B).

           « Raaah ! cria celui qui devait diriger le groupe verdâtre. L’est kosto c’lui-là ! Allez les gobz ! On s’motiv’ et on poignard’ !! »

           Sans grande surprise, le chef était aussi celui se tenait le plus en arrière. Mais ce détail stratégique n’interrompit pas l’assaut qui pris même de l’ampleur quand une des lances vint trouver une aspérité dans l’armure du nain (Gobelins : 5T, 3B, 2Svg, -1PV !). Un grand cri de joie résonna aussitôt quand le dawi grogna de douleur.

           Sauf que ce sursaut eu pour effet d’enfin permettre à Hrorgosak de dégainer Sahar, sa fidèle hache et il entreprit de faire les présentations aux deux gobelins les plus proches à grands coups de « Sales grobis ! » et « Par ma barbe ! » (Hrorgosak : 3T, 2B, -2PV !).

           Les gobelins, voyant leur grand plan génial du « fonss dans l’tas » échouer lamentablement contre un seul nain qu’ils avaient pourtant blessé reculèrent de surprise en le tenant en joue avec leurs lances tremblotantes (Gobelins : 2T, 0B). Mais ils avaient quelque peu énervé le nain qui continua son assaut avec fougue (Hrorgosak : 2T, 2B, -2PV !!).

           « Mais keske vous fouté ! s’insurgea le chef qui hurlait en fait le seul autre gobelin encore en vie. Allez ! Attak le et plus vite k’sa ! »

           Le dernier gobelin leva uniquement un regard pleurnichard vers son chef (Gobelins : 0T) et se prit un revers de hache magistral en pleine poire. Le chef, continuant de se plaindre, se prit ensuite une bordure de bouclier qui lui enfonça la mâchoire dans le crâne. (Hrorgosak : 2T, 2B, -2PV !!)

           Quand le reste de la troupe de reconnaissance arriva en courant, toutes armes dehors après avoir entendu le boucan du combat, ils trouvèrent un Hrorgosak un brin remonté mais parfaitement fonctionnel.

           « C'était un petit accident sur la route, reprenons la chasse », se contenta-t-il de commenter alors que son flanc laissait toujours paraître sa blessure légère.

           Mais alors que Vorlek comptait machinalement les morts (tout en s’assurant qu’ils le restent), Ember entendit des bruits de pas depuis un tunnel environnant. Beaucoup de bruits de pas en fait. Et en effet, ils furent bien vite agrémentés de torches en en tout genre dans le lointain et les hurlements dissonants d’une foultitude de gobelins s’ajoutèrent au capharnaüm en devenir. Les renforts arrivaient et en grandes pompes, se dirent alors les nains !

           Si l’idée de tabasser du peau-verte passa dans la tête de plusieurs d’entre eux, Vorlek indiqua qu’il valait mieux prendre une meilleure position que le fond de ce trou pour se battre. Ember, elle, renâcla sensiblement à cette idée. L’action l’attendait et l’autre vieux de la vieille austère proposait de battre en retraite ? Sottise.

           La naine s’en alla donc rencontrer les gobelins en maraude malgré les protestations de ses pairs. Le premier contact eu lieu bien vite. L’arme d’Ember rencontra une paire de crânes verts, les emmenant sans difficulté (Test de Force réussi !). Là où elle eu un peu plus de mal fut quand une dizaine de lances et poignards grouillants tentèrent de la dépecer. La naine eu alors l’idée d’utiliser son talisman (celui qui lance des flammes !).

           Une cuisson plus tard, la troupe gobeline prit un instant pour se demander s’ils affrontaient un dragon ou un nain. Après un vote dictatorial organisé par le chef de l’expédition avec lui-même, il fut décidé qu’il fallait « la fermer et attaker, bordel de zog ! »

           Ember fut alors rejointe par Vorlek qui la poussa sans ménagement en arrière avant de dégainer ce qui se révéla être un ratisse-rancune. La détonation assourdit presque toute personne présente et, ayant été faite à la va-vite, le projectile ricocha contre une stalactite sans faire plus de mal. Le prêtre de Gazul hérita même d’un lancer de lance qui vint frapper son épaule. Rien de bien grave, mais la situation ne s’améliorait pas (Test de Force raté).

           « Krut ! » gronda Vorlek en voyant qu’il n’avait que retardé de quelques secondes l’assaut des peaux-vertes. Il se tourna alors vers Ember :

           « Au nom de Gazul, quand je dis qu’on recule, on recule pauvre sot !! Tu souhaites rencontrer tes ancêtres si tôt ? »

           Et au prêtre d’attraper l’épaule d’Ember pour l’emmener avec lui. Ils croisèrent Gorim Grandmarteau qui accueillit plusieurs gobelins un peu trop entreprenants dans leur poursuite avec son arme favorite. Ses mouvements furent précis et d’une rapidité sans pareille et plusieurs crânes furent broyés à leur tour (Test de Force réussi !). Mais le nombre des assaillants était toujours suffisant pour leur faire croire qu’ils avaient une chance.
La troupe s’en fut alors en formation, entourant Hrorgosak qui, malgré sa blessure, voulait toujours se battre… Avant de remarquer que Hrafni, le maître des runes, était resté en arrière.

           « Vénérable ! crièrent plusieurs des nains en voyant cela.
— Ces jeunes… » soupira-t-il.

           Levant son marteau runique d’un geste lent, l’ancien se tourna vers la paroi la plus proche et broya un demi-mètre de roche sans même sourciller (Test de Force réussi !). Si l’impact laissa plusieurs gobelins sur le carreau, l’effondrement du tunnel qui s’ensuivit finit de les achever.

           Une fois la poussière et le fracas terminé, la troupe pu s’apercevoir que Hrafni était intact, à quelques centimètres d’un tas de roches qui devait être l’ancien tunnel.

           « Satisfaisant », grommela-t-il pour lui-même avant de rejoindre le groupe et même de le dépasser.

           Se rendant compte que l’ancêtre semblait connaître son chemin, la troupe le suivit en s’époussetant sans vraiment bien comprendre les motivations du maître des runes…

           Dans tous les cas, l’inquiétude s’était révélée avérée. Le roi n’allait probablement pas apprécier la nouvelle.

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Arcanide Valtek
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyVen 13 Déc 2019 - 16:25

INTERMÈDES


.          Dans un des niveaux inférieurs de la forteresse, à l’abri des regards indiscrets, un petit comité de nains s’était regroupé. Ils appartenaient tous à la même famille et étaient un peu plus d’une demi-douzaine, occupant ainsi largement une des petites salles d’un des temples de Gazul du Karak. Un lieu aussi sobre que le dieu qui y était associé et éclairé par deux lanternes aux flammes affables.

         Leurs visages étaient de marbre, rarement animé d’un soubresaut, alors qu’ils contemplaient pour la dernière fois feu leur ancêtre qui reposait sur une dalle au centre de la pièce. Le vieux nain était vêtu d’une cotte de maille et de différents outils de sa forge. Autour, on se tenait l’épaule ou la main en silence, les yeux dans le vague et des prières muettes aux lèvres. Puis, d’un accord commun, la famille sortit en bon ordre de la petite pièce austère.

         Ils trouvèrent Burlok Baransson, le prêtre en charge des funérailles dans le hall du temple. En comparaison aux autres œuvres architecturales naines, ledit bâtiment était définitivement petit, mais cela n’enlevait rien à son importance pour les nains de la forteresse. En voyant sortir la procession, Burlok comprit qu’il était temps.

         Reposant un registre qu’il avait consulté plus qu’il ne l’aurait souhaité récemment, le prêtre de Gazul prit quelques instants pour discuter des derniers détails avec le chef de famille. Le décès venait d’avoir lieu, il était donc temps de commencer les rites durant les quatre prochains jours. En voyant la famille partir, têtes basses, Burlok se fit la remarque que ce genre d’occasion étaient rares ces derniers temps. La majorité des décès arrivaient en dehors de la forteresse et étaient ainsi enterrés sur place. Ceux-là au moins étaient chanceux d’avoir pu rester aux côtés du défunt dans ses derniers instants.

         Mais alors qu’il allait partir s’équiper pour les derniers rites, Burlok s’aperçut qu’on l’attendait à l’entrée. Un longue-barbe nain encapuchonné se tenait en effet devant une des statues de Gazul qui ornait l’entrée du temple, la regardant avec insistance.

         « Perdu dans vos pensées, frère Dunbalsson ? » lança alors le prêtre de Gazul.

         Vorlek se tourna enfin vers son confrère et entra dans le lieu saint. Il se tint brièvement son épaule après avoir salué, la lance du gobelin ne l’avait pas loupée.

         « En quelque sorte, grommela le longue-barbe. Besoin d’aide ?
— Je vous remercie mais vous savez très bien que non, soupira presque Burlok. En revanche, je peux vous retourner la question. »

         La réponse lasse mais bienveillante du prêtre surpris presque Vorlek. Il fallait croire que ses voyages incessants lui faisaient oublier que ses confrères étaient tout aussi perspicace que lui. Y compris ceux plus jeunes.

         « … Vos services seraient appréciés, oui.
— Mes quartiers sont derrière cette porte, indiqua le prêtre. Un tonneau est dans l’armoire. »

         Les sourcils de Vorlek se froncèrent en entendant cela.

         « Vous ne buvez pas durant votre service, frère ?
— Uniquement après et, même si vous venez d’un autre Karak, vous n’êtes pas le premier Gardien à venir en ces lieux. Je vous rejoindrais après les premiers rites. »

         Et à Burlok de disparaître dans la petite pièce où le défunt gisait toujours. Laissant ainsi Vorlek seul dans le hall.

         Le longue-barbe avait déjà eu l’occasion de rencontrer Burlok lors de son arrivée quelques jours plus tôt, mais ce jeunot le surprenait toujours. Il ne montrait que peu de déférence, une maladie de jeunesse que cela, mais seulement du pragmatisme, ce qui, d’un autre côté, était une qualité au vu de sa profession.

         Une fois dans les quartiers de son confrère, Vorlek s’installa sur la paillasse et prit alors le temps d’enlever plusieurs de ses pièces d’armure, son manteau et son ratisse-rancune afin de procéder aux réparations les plus nécessaires. Son épaule le lança à plusieurs reprises. Tant et si bien que quand Burlok revint quelques heures plus tard, Vorlek soupira de soulagement en voyant que ce dernier avait déjà un baume de prêt. Toujours aussi perspicace ce petit.

         Après avoir servi une chope de bière locale à son confrère gardien, Burlok vint s’asseoir sur la seule chaise de la pièce en face de Vorlek tandis que ce dernier appliquait l’onguent avec minutie sur son épaule endolorie.

         « Dois-je m’attendre à plus de visites ? lança alors le prêtre.
— Je le crains.
— En ce cas, j’irais chercher un autre tonneau pour accompagner celui-là », indiqua Burlok avec un faible sourire.  

         Tout en prenant la choppe sur la table non loin, Vorlek murmura un remerciement avant de prendre le temps d’en humer les parfums.

         « Vous semblez rodé à cet exercice, frère Baransson, reprit Vorlek. Le haut-prêtre de Karak Norn avait mentionné que la région avait vu passer bon nombre de confrères, mais je ne pensais pas à ce point.
— Nous vivons des temps troublés. Et vous autres, membre de l’Ordre, avez le droit à un peu réconfort, même si vous semblez vous en priver volontairement.
— Les non-morts sont sans repos, pourquoi m’en accorderais-je ?
— Mais n’êtes-vous pas en train de profiter d’un instant de répit ? s’enquit le prêtre.
— Si c’est à cela que ressemble le répit pour toi, alors tu ne sais pas de quoi tu parles jeune dawi. »

         Burlok ne prit pas mouche de la pique, mais il était vrai qu’un longue-barbe, bière à la main, qui tentait de soigner son épaule en réparant ses équipements usés par les voyages à l’arrière d’un temple honorant la mémoire des morts… ne sonnait pas forcément comme enviable.

         Les deux prêtres de Gazul restèrent alors dans la petite pièce de vie en silence. L’un terminant ses réparations tandis que l’autre préparait son équipement pour la suite des rites.

         Une fois prêt, Vorlek se rééquipa et partit. Il avait à peine touché à sa bière, n’en prenant que quelques gorgées lapidaires en argumentant qu’il « n’avait pas besoin de bien plus ». Burlok et lui se saluèrent et le longue-barbe repartit vers la surface.

         Tout en entrant à nouveau dans la pièce où le défunt forgeron se trouvait, Burlok soupira brièvement. Et dire que certaines personnes s’étonnaient encore de la durée de vie relativement courte des membres de l’Ordre. Celui-là était un coriace, comme tant d’autres, mais encore combien de temps allait passer avant qu’il n’aille rejoindre Gazul ?


***


- Et tu as vu sa façon de manier la grand'hache ? C'était stupéfiant ! Si j'avais les bras pour, sûr que j'irais lui demander comment qu'il fait ça ! Et puis…

         Kildrak retint un soupir. En lâchant enfin la bride de sa nièce - pas qu'il eut vraiment le choix de toute façon - il avait espéré qu'elle prenne vite un bon coup sur la tête qui lui remettrait les idées en places. Mais le résultat n'était pas vraiment celui espéré. La naine ne tenait pas en place, impatiente d'enfiler à nouveau son casque à visière intégrale.

- …puis ce troll ! Si tu avais été là pour l'voir mon oncle ! Il était tellement grand, j'ai cru un instant qu'il allait m'écraser ! Il …
- Attends, s'étrangla l'aîné en réalisant ce qu'elle racontait. Tu t'es joint aux patrouilles des galeries ? Mais tu aurais pu te faire tuer ! Ce n'est pas ce qu'on avait..
- J'en ai fait du condiment pour notre ragoût d'hier, éclata de rire la naine ardente. Découpé en morceaux si p'tits qu'ils ont pas repoussés !

         Dévisageant Ember, sa nièce, il réalisa à quel point elle était heureuse de raconter ces quelques aventures. La fois précédente où il avait put entendre son rire remontait à plus d'une décennie… Mais de quel bois se chauffait-elle ? Née avec l'apparence d'un joyau immaculé mais le cœur d'un dragon, elle n'était pas la fille de son frère pour rien. Finalement, la retenir derrière les murs de leur fort perdu au fond des montagnes grises avait peut-être été une erreur. Ember avait peut-être ce qu'il fallait pour vivre au-dehors, sans être accompagnée par toute une garnison. Possiblement, si elle avait seule neutralisé un troll, c'est elle qui aurait escorté la garnison de leur modeste fort…

- … gobelins puants dans les boyaux, continuait-elle alors qu'il laissait errer ses pensées. Y sont pas si terribles que ça. Enfin y' faut dire, j'étais bien entourée avec d'autres gars de la compet'. Comme j'ai hâte de leur faire tâter de l'acier Zharrgrungon !

         Des… des gobelins ? Répéta Kildrak en clignant des yeux d'effarement.


***


         Le lendemain de son combat contre Gorim Grandmarteau, Jandrom avait entrepris de s'isoler du mieux possible dans les montagnes environnantes. Equipé d'une sacoche contenant un frugal repas pour midi, ne désirant s'encombrer ni d'une arme, ni d'un instrument de musique, le chef de chœur emprunta avec allégresse un semblant de sentier menant vers le haut des crêtes. La journée était splendide, les combats ne reprenaient que le soir, c'était le moment ou jamais pour se rafraichir les idées et se dégourdir les jambes.

         Il tomba bien vite sur le guet du karak : trois rangers descendant le même sentier qu'il remontait ne se contentèrent guère de répondre à son salut. D'une manière peu amène, ils lui demandèrent s'il était saoul dès le matin ou s'il avait subitement décidé de rejoindre ses ancêtres avant l'heure. Après tout, il fallait d'après eux être au moins l'un des deux pour s'aventurer ainsi en pleine nature hostile, seul et sans armes... Le chef de chœur peina à argumenter sa cause : le fait qu'il crût à sa bonne étoile ne suffisait manifestement pas à faire bouger d'un iota l'opinion des rangers, qui lui intimèrent à son excursion aussi inutile qu'inconsidérée. Jandrom considéra un court instant la bagarre : c'est qu'il allait leur montrer, à ces nains de peu de foi, de quel bois se chauffe le grand maestro ! Il n'aurait sans doute pas hésité dans sa prime jeunesse et se serait pris une belle rouste de ses aînés ; or à présent, il avait sans doute ses chances de tromper leurs réflexes, mais savait qu'il n'en tirerait nul honneur. Il opta alors pour un ultime argument ; si celui-ci ne marchait pas, tant pis, il rentrerait au karak...

         « Écoutez, messieurs, - il s'efforça d'être à la fois ferme et courtois, - je suis un nain, libre de circuler où bon me semble. Nul serment ne m'en retient. Votre insistance est généreuse mais je vous conjure de me laisser passer. »

   Son éloquence sembla faire effet : les rangers se turent, visiblement confus, et se dévisagèrent un court moment. L'un d'eux regarda ses chausses, l'autre jeta à Jandrom un regard blasé, le troisième enfin, prit la parole pour le trio :

         « Vous avez raison, maître Bilman, et nous sommes navrés de la gêne occasionnée, mais s'il vous arrivait quelque chose dans ces montagnes, l'incident jetterait une ombre sur notre karak et, si je suis honnête, sur notre détachement. Vous pouvez faire comme bon vous semble, mais nous vous serions grandement reconnaissants de ne pas vous mettre en danger pour rien. »

         Ce fut comme si le soleil eut perdu de son éclat primordial pour le chef de chœur. Le sempiternel sermon qu'il recevait naguère des anciens de la Chorale résonna une fois de plus dans sa tête : « Tu n'es pas tout seul, Jandrom, il y a d'autres gens à qui il faut faire attention ! » Cela était toujours très vrai, comme il était venu à le réaliser, même si cela lui paraissait toujours un peu amer. Alors que ces pensées défilaient précipitamment dans son esprit, Jandrom prononça quelques vagues mots signifiant sa compréhension et sa coopération, avant de tourner le dos aux rangers et rebrousser chemin, cette fois-ci sans vraiment prendre le temps d'admirer les environs. Par l'honneur de ses ancêtres, que n'était-il pas un oiseau, un aigle, grand et menaçant, pour s'envoler librement dans les airs sans craindre ni les grobis, ni les aimables rangers qui venaient de lui ruiner sa promenade ! Que n'était-il pas un rocher inoffensif, muet et sourd, afin que la nécessité de se promener lui fût épargnée !

         Il retrouva l'animation du village du Grand Vent mais ne s'y attarda guère, ne répondant que distraitement aux nombreux saluts que lui adressaient les passants ; vite, plus vite il rejoignait la quiétude de sa carriole, mieux il se porterait. Là, il entendait déjà les poils au menton de la chorale faire des vocalises, sans doute sous la direction de Diva, la seule membre de la chorale dont le génie musical était proche du sien. Les badauds étaient nombreux près de l'estrade. A côté de sa carriole brûlait l'un des quelques feux de camp pour le repas de midi : sa mère y était avec quelques unes de ses cousines, son vieux père aussi, sur un tabouret, en train de fumer sa longue pipe de noisetier.

         « Bah ? Déjà de retour, Jan ? - l'interpella sa mère. - Tu as déjà mangé ? »

         Le chef de chœur répondit par la négative, toute son apparence trahissant son manque d'envie de parler, mais c'était comme si sa mère, même après tant d'années de vie commune, n'en avait cure : « Nous avons de tout aujourd'hui, comme les autres jours ! Eh, ces umgi vont nous gâter avec leurs paiements en nature, hein, Jan ? C'est presque prêt, tu pourrais même déjà t'installer quelque part. »
- Mère, je n'ai pas vraiment faim...
- Et ton grand marteau, tu vas le soulever le ventre vide, ce soir ? - se fit soudain entendre la voix de son père. - Tu es sûr de ton coup, fiston ?

         Alors qu'il était à deux doigts d'entrer dans la carriole, Jandrom s'arrêta. Ne pouvait-on jamais avoir la paix dans cette caravane ? Oh, et puis flûte...

         Plusieurs tables en bois étaient aménagées devant les carrioles, avec des bancs et quelques couverts déjà posés pour le déjeuner imminent. Le chef de chœur finit par se résoudre à être ainsi choyé une fois de plus par sa famille et s'attabla sans piper mot. Par sa cornemuse, s'il était aussi frustré qu'il le pensait, alors il n'aurait qu'à marteler avec plus de fougue son prochain adversaire...


***


Il est tôt le matin. Les marchands s’activent sur la place au bas de l’arène, interpellant les passants. La plupart des étals sont tenus par des commerçants nains mais quelques humains sont venus pour profiter de l’occasion.  Il y a encore peu de monde mais le marché se remplit rapidement.

Marchand humain :
OYEZ OYEZ BONNES GENS ! VENEZ DEVENIR RICHES !
LES PARIS SONT OUVERTS POUR LES JEUX DE DEMAIN !

Trouptili de Caroussel : arrivant sur la place et avisant le marchand
Ha je l’ai retrouvé.

Marchand humain :
QUI PARMI VOUS EST CHICHE
DE DIRE QUEL COMBATTANT VAINCRA SUR LE TERRAIN ?

Trouptili de Caroussel : l’air affable et la voix mielleuse
Bonjour, mon fils.

Marchand humain :
Bonjour mon père ! que puis-je pour vous ?

Trouptili de Caroussel :

Je viens voir vos affaires, elles m’ont l’air florissantes

Marchand humain :

C’est peu dire ô mon père ! Les gens viennent de partout
Jouer de jolies pièces sonnantes et trébuchantes !

Trouptili de Caroussel :
C’est très intéressant. Vraiment intéressant.
Puis-je vous informer d’une excellente nouvelle ?

Marchand humain :
Allez-y ! Aujourd’hui elles ne manqueront pas !

Trouptili de Caroussel : élargissant son sourire
Celle-là est sans doute et de loin la plus belle :
Vous voilà visité à l’instant par Sigmar
Qui généreusement vient prélever l’impôt !

Marchand humain :
estomaqué
Pardon ?

Trouptili de Caroussel :
                       Financer le clergé n’est-il pas une gloire
Que tous en ce bas-monde rêvent d’avoir au plus tôt ?

Marchand humain :

Mais…non… Mon père…Enfin…

Trouptili de Caroussel :
l’air innocent
                                      Qu’y-a-t-il ô mon fils ?

Marchand humain :
Tous mes concurrents nains… eux n’ont pas à payer !

Trouptili de Caroussel :
Je suis sûr qu’eux aussi donnent à leurs propres offices.

Marchand humain :
Je ne l’ai pas vu faire !

Trouptili de Caroussel :
                              Il faut mieux regarder.
Tous les gens qui vénèrent donne un peu à leur culte.
Sigmar vous protège, non ?

Marchand humain :

                                   Oui…Oui…Bien sûr mon père…

Trouptili de Caroussel :
avec aplomb.
Un impôt en résulte.

Marchand humain : réfléchissant.
Et…Ceux qui ne prient pas…

Trouptili de Caroussel :
                                      Ha c’est une autre affaire !

Marchand humain :
Alors adieu Sigmar ! Et gloire à Myrmidia !

Soudain déboule sur la place telle une comète un Richter aux moustaches tordues vers l’avant. Le répurgateur
profite de sa taille pour regarder au dessus des stands des marchands. Il aperçoit alors le prêtre et le marchand. Il se rue vers eux en hurlant.


Richter :
SIGMAR ! DES HERETIQUES ! DES HERETIQUES PARTOUT !
IL Y EN A JE LES SENS !

Marchand humain : effrayé :
                                        Pitié ! je paye ! voilà !

Trouptili de Caroussel : trop tétanisé par l’arrivée de Richter pour prendre l’argent :
Que… faites-vous… ici ? Vous êtes… déjà debout ?

Richter :
Toujours vivant ! toujours debout ! Il faut combattre l’hérésie !
Brûler tous les marauds qui ne prient pas Sigmar !

Marchand humain : pleurnichant :
Je prie ! Je prie beaucoup ! Je paye l’impôt aussi !

Richter :
remarquant le marchand :
C’est bien mais... qui êtes-vous ? Je ne viens pas vous voir.
C’est le père Trouptili à qui je viens parler.

Marchand :

quel soulagement !

Trouptili de Caroussel : pâlissant :
                              Ciel ! Mais que me voulez-vous?

Richter :
Votre bénédiction ô mon père vénéré !
Je chasse un hérétique qui se cache parmi nous !

Trouptili de Caroussel : mi soulagé, mi inquiet :
Un hérétique mon fils ? vous êtes sûr de cela ?

Richter :
C’est mon travail mon père de savoir les trouver.

Trouptili de Caroussel :
Mais sur quoi basez-vous ces accusations-là ?

Richter :

Il y a un hérétique. C’est un fait avéré.
En chaque lieu, chaque instant, Il y a un hérétique.
Il faut juste le trouver.

Trouptili de Caroussel :
                                       Mais avez-vous au moins
Une piste à creuser ?

Richter :
                                      Oui ! Et en toutes logiques
Je vais vite le trouver. Le diable n’est pas très loin
D’ailleurs je dois y aller ! Je sais où il peut être !

Richter quitte la place à grandes enjambées. Il a tiré son épée et la brandit devant lui. Au même moment, Jean Coteas des entommeurs arrive de l’autre côté du marché. Le prêtre guerrier a son air des bons jours. Trouptili l’aperçoit l’interpelle en agitant les bras.

Trouptili de caroussel :
Ha ! Seigneur Coteas ! Vous passez juste à temps !
Il faut intervenir !

Jean Coteas : fronçant les sourcils :
                                Qu’y a-t-il collègue prêtre ?

Trouptili de caroussel :
C’est le répurgateur ! C’est un fou ! un dément !

Jean Coteas :
Calmez-vous, calmez-vous. Expliquez-moi l’affaire
Votre répurgateur… C’est Richter n’est-ce pas?

Trouptili de caroussel :
Oui c’est lui.                              

Jean Coteas :
Quelle surprise…

Trouptili de caroussel :

                             Il veut croire dur comme fer
Qu’il y a hérésie ! Il est parti par là !

Jean Coteaz :
S’il y a hérésie, Richter fait ce qu’il faut.

Trouptili de caroussel :
Mais il n’a pas de preuve ! Il est juste fanatique !
Il va mettre au hasard quelqu’un sur l’échafaud !

Jean Coteaz :
Je comprends votre alarme, ami ecclésiastique.
Mais il faut laisser faire car les fous comme lui
Sont ce qui aide l’empire à purger du chaos.

Trouptili de caroussel :
Richter va se tromper ! Tuer n’importe qui !

Jean Coteaz :
Quand j’étais bien plus jeune, et rempli d’idéaux
J’aurais immédiatement couru à sa poursuite
Mais j’ai trop rencontré le mal pendant ma vie
Pour qu’un seul innocent influence ma conduite.

Trouptili de caroussel :
Il n’y a pas que ça ! Il a bu toute la nuit !
Et son crâne a subi un choc violent hier !
Entre ces deux choses là, il n’a pas son jugement

Jean Coteaz :
Ha… J’avais oublié ces quelques verres de bière…
Soit, retrouvons le bougre tant qu’il est encore temps.

Un peu plus loin, et profitants eux aussi du jour du marché, les commerçants nains de Karak Angaraz ont eux aussi ouvert leurs échoppes. Attablé à une table, Erhard Mikaelson observe la robe d’un verre de vin que le patron de l’un des commerces vient de lui apporter.

Le commerçant nain :

J’espère que c’est ce que vous demandiez comme vin.

Erhard Mikaelson :
Il a une belle couleur, c’est déjà un bon point.

Le commerçant nain :

Il vous plaît ? c’est tant mieux ! Je n’en sers presque pas.

Erhard Mikaelson : avec un sourire forcé.
Mille fois merci cher nain de le sortir pour moi.

Le commerçant nain :
Je l’ai fais importer dès que j’ai entendu
Que des humains viendraient.

Erhard Mikaelson :
goûtant du bout des lèvres :
C’est un assez bon cru.

Le commerçant nain :
Votre avis me rassure. Je ne m’y connais pas
Dans ces liquides étranges que vous buvez parfois.
Je ne vous raconte pas toutes les difficultés
Que j’ai eu pour choisir les bouteilles à monter.

Erhard Mikaelson :
Et je vous remercie de me m’épargner cela.
L’histoire est passionnante, ça je n’en doute pas
Mais savourer un vin se fait en solitaire.

Le commerçant nain :
rentrant dans son auberge en grommelant :
Voilà bien les humains ! Certains évitent la bière
Et ne discutent même pas en buvant leur boisson!

Erhard Mikaelson :
savourant une petite gorgée :
J’ai crû qu’il resterait jusqu’à la fin des temps
Ces bavards sont toujours tellement ennuyants.
J’admets que j’aurais pu trouver un pire vignoble
Pour nettoyer ma gorge de cette soirée ignoble.

Alors même que Erhard s’apprête à boire à nouveau, Richter surgit de l’angle de la rue et pointe un doigt accusateur droit sur Erhard.

Richter : fulminant
Oui c’est toi !

Erhard Mikaelson : à peine impressionné :
Pardonnez-moi, mais qui ?

Richter :
L’hérétique !

Erhard Mikaelson :
dont les traits se durcissent.
Herr Richter retirez ces mots.

Richter :
Tout est logique !

Erhard Mikaelson :
Je ne m’explique pas cette attaque gratuite.
Justifiez-vous céans ou bien prenez la fuite.

Richter :
ricanant
Allons n’essaye pas de jouer au plus fin
Tous les indices concordent. Hérétique, je te tiens !
Tu te caches dans ce fort au loin de la lumière
Tu n’honores pas Sigmar à ton tout premier verre
Et plus que tout cela, tu es ici assis
Buvant un liquide rouge ! C’est une preuve aussi !

Erhard Mikaelson :

Je crains que tout cela ne vous avance à rien
Car ces points correspondent presque à tout un chacun.

Richter :
Peut-être qu’il faudrait que je soumette les tiens
A quelques feu de bois pour voir ce que j’obtiens

Erhard Mikaelson :
Se levant
Idiot ! je vais vous faire passer le goût du pain

Richter :
Le pain ! je le savais ! une preuve de tes desseins !
Il y a toujours du pain pour ceux de ta farine !
Ce « pain » est une preuve créature de la ruine !
Assez d’enquête,  passons à votre exécution !

Erhard Mikaelson :
Preuve est faite que visages dévots et pieuses actions
Nous servent à enrober de sucre le Diable lui-même

Richter se jette sur le vampire. Celui-ci renverse sa table, retardant son agresseur,  et dégaine sa lame. Le répurgateur a à peine le temps d’armer son coup qu’Erhard lui plante la pointe de son épée dans l’épaule (Erhard : 3T, 3B, -3PV ! Richter perd une attaque). Le noble retire son arme et la blessure se met à saigner abondamment.  Richter ne paraît pas ressentir la douleur et fixe son adversaire d’un regard mauvais.

La rapière du répurgateur s’envole brusquement vers le cou du vampire. Erhard s’élance en un instant et attrape le poignet qui tenait l’arme(Richter : 3T, 3B, 3Invus !!!). Y mettant toute sa force, le Mikaelson assène un coup dans les côtes du répurgateur qui font entendre un craquement (Erhard : 3T, 3B, -3PV !). Richter titube jusqu’au mur de la rue et s’effondre au sol(Victoire d'Erhard !!!!).


Erhard Mikaelson :
Finissons le travail, effaçons le problème.

Jean Coteaz : arrivant dans la rue :
Non vous n’en ferez rien messire Mikaelson

Erhard Mikaelson :

Vous m’attaquez aussi ?

Jean Coteaz :
                               Non je n’attaque personne.
Mais ne m’y forcez pas par un geste mal pensé.

Erhard Mikaelson : réfléchissant
Pardonnez ma colère. Cet homme m’a attaqué

Jean Coteaz :
La légitime défense me paraît justifiée.
Mais n’allez pas plus loin.

Erhard Mikaelson : rengainant son arme et souriant :
                                    Je n’y pensais même pas.

Jean Coteaz : regardant le corps inerte du répurgateur :
Excusez ce vieux fou. Il décuve.

Erhard Mikaelson : méprisant :
Je vois ça.
Je vous laisse l’emmener, je dois me retirer.

Erhard quitte la rue. Les commerçants qui s’étaient cachés pendant la confrontation commencent à ressortir de leurs diverses cachettes. Le prêtre guerrier lance un regard fatigué sur Richter qui grogne de douleur au sol.

Jean Coteaz :
Cela va faire deux fois que je dois le porter…
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Gromdal Drekgiti
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L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  Empty
MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  EmptyHier à 14:35

* * *

        Le soir venu, le soleil disparut derrière les pics surplombant le Grand Vent, et l’on se dirigea à la lumière des grands brasiers allumés par les nains jusqu’à l’arène, elle aussi éclairée de la lumière orangée des flammes, changeant grandement l’ambiance du lieu. Surtout, on n'y vit point, sur la tribune royale partiellement plongée dans la pénombre, l’air sombre du roi Thuringar, qui aurait ô comment préféré s'occuper de la menace grobi qui semblait s’assembler dans les tunnels. Mais les grands Anciens du Conseil lui avait rappelé, non sans un certain air satisfait, qu’il se devait d’assister à cet évènement auquel il avait tant tenu, et maintenir son rôle d’hôte parfait, tandis que les thanes avisés s’occupaient du problème. Il serra des dents en regardant l’assemblée des longues-barbes. Il était prêt à parier ses tresses qu’ils savouraient cette petite vengeance envers lui. Un peu plus loin à sa droite, Hrafni Hrotgarssson n’avait aucune conscience, ronflant paisiblement sur son siège.

        Finalement, lorsque retentit le coup de huit heures, le roi se leva, et cette fois-ci sans discours lança d’un geste les duels de la soirée, sous les acclamations des spectateurs pour certains déjà assez avinés après le dîner. (Une rixe était justement en train de se faire étouffer par les gardes dans le haut des tribunes, après qu’un certain Snorri ait vomi sur la barbe de son voisin.) L’attention revint bien vite au centre de l’arène lorsque le héraut annonça le combat à venir.



Premier Groupe : Elric von Reitz VS Jean Coteas des Entommeures

        D’un seul coup, c’était comme si tous les impériaux dans l’assemblée saluaient avec véhémence et force holà le fin fleurons de leurs combattants venant s’avancer sous leurs yeux. Chez les nains, certains soupiraient, mais la plupart semblaient curieux de voir ce qu’allait donner ce combat umgi contre umgi. Après tout, jusque là ils n’avait pas été trop déçus du spectacle (au contraire même, mais ça ils n’étaient pas encore prêts à l’avouer).

        Sur leurs dalles respectives, les deux duellistes se saluèrent.

        « Que Sigmar guide nos bras, mon garçon. » dit seulement Coteas, le ton sec et le regard empreint de concentration.

        Le cor annonçant le début du duel retentit alors, et Elric s’avança, un petit sourire sous son casque...
        « Très honnêtement, mon père, je préférerais Manann. »

        Les sourcils du vénérable archidiacre se levèrent tant qu’ils auraient pu disparaître sous son cuir chevelu. Mais Coteas avait le crâne rasé, et eut simplement l’air très, très outré.

        « Jeune malotru ! » s’exclama-t-il.

        Mais Elric ne lui laissa pas le temps d’en dire plus, et se fendit en une botte impeccable, qui demanda tant d’adresse à parer que Coteas ne put mettre assez de force dans son propre coup, et le marteau glissa sur la surface du bouclier que brandissait son jeune adversaire. (Elric : 3T 0B ; Jean Coteas : 1T 1B 1Svg) Confiant, le noble impérial tenta de continuer son assaut, mais l’archidiacre avait préparé sa défense et, bien plus que parer, il put également envoyer une riposte qui fit résonner le casque d’Elric, et ce dernier dut reculer en titubant ! (Elric : 1T 0B ; Jean Coteas : 2T 2B 1Svg 1PV !)

        « Vois, mon fils, si Sigmar guide mon bras et Manann le tien... »

        Il n’eut pas le temps d’aller plus loin, car le jeune noble prit la pique si personnellement qu’il s’élança avec un cri de rage vers l’archidiacre, et fit pleuvoir une telle pluie d’acier sur le prêtre de Sigmar qu’il ne put riposter. (Elric : 2T 1B 1Svg ; Jean Coteas : 0T) Mais Elric ne s’arrêta pas là et continua son assaut tant et si bien que Coteas commençait à perdre du terrain, sa défense lui demandant toute sa concentration pour ne pas se faire embrocher comme un saumon du Nordland.
        (Elric : 1T 1B 1Svg ; Jean Coteas : 0T
        Elric : 3T 3B 3Svg ; Jean Coteas : 0T
        Elric : 3T 2B 1Svg 1Invu ; Jean Coteas : 0T
        Elric : 1T 1B 1Svg ; Jean Coteas : 0T
        Elric : 2T 2B 1Svg 1Invu ; Jean Coteas : 1T 1B 1Svg)

        Les yeux de toutes les tribunes étaient rivés sur les deux duellistes, et tous suivaient dans le silence le plus total l’échange serré… jusqu’à ce que sous les « Oh ! » et les « Ah ! » de la foule, l’archidiacre parvienne enfin à faire reculer son adversaire d’un coup de marteau sur l’épaulière ! (Elric : 1T 1B 1Svg ; Jean Coteas : 1T 1B 1PV !) Elric se protégea derrière son bouclier pour parer l’assaut de son adversaire, abandonnant toute tentative d’attaque avant que la tempête ne passe et attendant le bon moment pour frapper (Elric : 0T ; Jean Coteas : 1T 0B), mais l’archidiacre avait gardé assez de souffle pour esquiver la riposte que le noble lui porta, bondissant hors de portée de l’épée impériale, mais restant du fait lui aussi trop loin pour attaquer… (Elric : 3T 2B 2Svg ; Jean Coteas : 0T)

Mais c’était sans compter sur Elric qui ne le lâcha pas d’une semelle et fondit sur lui avec une telle vitesse que l’archidiacre ne vit même pas l’épée passer dans la faille de sa cuirasse sous son bras droit, déclenchant les bravos de la foule impressionnée. (Elric : 2T 1B 1PV !) Le bras douloureux, Coteas ne put riposter comme il l’avait anticipé, et l’acier impérial béni par Sigmar (mais surtout Manann) dévia son unique coup. (Jean Coteas  : 1T 1B 1Svg)

        À bout de souffle, les deux impériaux se résolurent à se tourner l’un autour de l’autre, tentant quelques passes sans grande conviction, sans qu’aucun ne puisse percer la garde de son adversaire.  (Elric : 1T 0B ; Jean Coteas  : 1T...0B ; Elric : 0T ; Jean Coteas  : 0T ; Elric : 0T)… jusqu’à ce que Coteas fasse voler le bouclier de son adversaire d’une frappe vive et inattendue ! (Jean Coteas : 1T 1B 1PV ! Elric passe à 2A.)

        Pourtant, malgré la perte de son précieux atout défensif, Elric n’avait pas dit son dernier mot : si c’était lui qui maintenait l’offensive, il empêcherait dans la foulée son adversaire de l’attaquer ! Comme lors du début de leur duel, il fit à nouveau pleuvoir l’acier de sa lame sur l’archidiacre, frappant l’armure de plates et le manche du marteau qui s’interposait.
        (Elric : 2T 1B 1Svg ; Jean Coteas : 1T 0B
        Elric : 2T 2B 2Svg ; Jean Coteas : 0T
        Elric : 0T ; Jean Coteas : 0T
        Elric : 0T ; Jean Coteas : 1T 1B 1Svg)

        Mais, au dernier moment, Jean Coteas fit un pas de côté qu’Elric n’avait pas anticipé, et le marteau frappa le flanc gauche exposé du noble, celui là même qui aurait été protégé par son bouclier quelques instants plus tôt. (Elric : 0T ; Jean Coteas : 2T 2B 1PV ! Elric passe à 1A). Elric ploya sous le coup, mais refusa de chuter. Encore un assaut, pensa-t-il, et… Mais le marteau vint intercepter son épée alors qu’il portait son coup, la lui arrachant des mains (Elric : 1T 1B 1Svg ; Jean Coteas : 2T 1B 1PV !!), et le jeune homme se laisser tomber à genou dans le sable de l’arène, ses jambes cédant sous lui.

        « Je crois, mon fils, que les dieux… »

        Elric leva les yeux, pour voir l’archidiacre qui le toisait, marteau au côté.

        « ... Ont de quoi être bien honorés de notre duel. »

        Le noble impérial saisit la main tendue, et le prêtre l’aida à le relever. Soutenu par l’archidiacre, Elric sortit de l’arène sous les applaudissements unanime des spectateurs saluant tant le vainqueur que le vaincu pour leur performance.



        Deuxième Groupe : Ember Kildraksniz VS Gorim Grandmarteau

        Défiant l’impossible, le volume monta encore d’un cran dans les tribunes alors que les deux guerriers nains s’avançaient. Après tout, il s’agissait de montrer aux umgi que les dawi aussi savaient acclamer leurs champions, et mieux qu’eux !

        Gorim, lui, jaugeait silencieusement son adversaire, qui trépignait visiblement d’impatience sur sa propre dalle, même si ses expressions restaient cachées sous son masque intégral. Le thane savait que le combat serait ardu, et son regard s’attardant sur l’air ondulant de chaleur autour de la hache runique que maniait Ember, il resserra sa prise sur son marteau.

        Au son du cor, les deux nains s’élancèrent l’un contre l’autre dans un fracas que l’on aurait dit digne d’un orage des montagnes. Les flammes engloutirent Gorim qui ne recula pas (Souffle d'Ember : 10T 3B 2Svg ,1 Invu), pas plus que lorsque Ember lui tomba dessus, hache levée. (Touche d'impact d'Ember : 1T 0B). Le premier assaut passé, le thane devait maintenant passer à la deuxième étape de son plan, neutraliser l’arme de son adversaire. Mais Ember n’entendait pas se laisser faire, et la hache esquiva adroitement le marteau ancestral pour mordre la maille de Gorim, qui en serra les dents de douleur. (Ember : 3T 2B 2PV !) Ce fut quand il tenta de riposter que les armes s’entrechoquèrent et un souffle de flammes pourpres entoura alors la hache runique avant de s’éteindre… et avec lui les runes de l’arme d’Ember ! Ni flamme ni chaleur ne l'entouraient plus.

        « Eh, ma hache ! » s’exclama la voix étouffée de sous le masque nain.

        « Un petit effet temporaire, qui ne durera pas longtemps… mais juste ce qu’il me faudra. » répondit l’interpellé avec un petit sourire. Son marteau n’eut pas de difficulté à percer sur l’instant la garde de la naine déconcentrée (Gorim : 2T 1B 1PV !), avant qu’il ne soit lui-même envoyé reculer d’un puissant coup d’épaule dans la mâchoire, que son épaisse barbe ne put suffisamment amortir ! (Ember : 2T 1B 1PV ! Gorim passe à 2A)

        « Ça ne va pas m’empêcher de battre ton casque jusqu’au rouge ! » s’écria Ember, remise de sa surprise et visiblement courroucée.

        Alors que les étoiles dansaient encore devant les yeux du thane, qui ne pouvait que frapper à l’aveuglette, Ember était elle décidé à ne pas lâcher son adversaire et sa hache en mordit à nouveau la maille, malmenant son bras gauche. (Gorim : 2T 0B ; Ember : 1T 1B 1PV ! Gorim passe à 1A.)

        Portée par son ire farouche, Ember pressa à son avantage, forçant Gorim à rester sur la défensive, encaissant les coups et esquivant autant que possible sans pouvoir trouver le répit suffisant pour riposter.

        (Gorim : 0T ; Ember : 1T 0B
        Gorim : 0T ; Ember : 1T 0B
        Gorim : 0T ; Ember : 1T 0B
        Gorim : 0T ; Ember : 0T
        Gorim : 0T ; Ember : 1T 0B
        Gorim : 1T 0B ; Ember : 0T
        Gorim : 1T 0B ; Ember : 0T
        Gorim : 1T 0B ; Ember : 1T 0B
        Gorim : 1T 0B ; Ember : 0T)

        « Mais tu vas finir par me laisser te toucher oui ! » s’exclamait Ember alors que le manche du marteau repoussait une énième fois le fer de sa hache. (Ember : 1T 0B)

        « Ténacité avant tout ! » répliqua Gorim, qui finit par entrevoir une ouverture… mais son coup de marteau fut arrêté par la surbarbe métallique du masque intégral. (Gorim : 1T 1B 1Svg)

        Foutu masque… eut-il tout juste le temps de penser avant que l’assaut d’Ember n’aie raison de lui et arrache son arme de ses mains. (Gorim : 0T ; Ember : 3T 1B 1PV !)

        Essoufflée, esseulée, mais ô combien satisfaite, Ember laissa sa voix étouffée par son casque et ses tresses (qu’elle rabattait devant on visage en guise de barbe) s’élever une dernière fois.

        « Ce n’est pas battu au rouge, mais bon, je dois avouer que sans les flammes, j’aurais eu bien du mal. »

        Dans un grognement, Gorim s’aida de son marteau pour se relever, et marcha d’un air fermé, mais toujours digne, jusqu’à sa sortie, laissant la naine masquée à sa victoire.

cri de guerre porte étendard cri de guerre


Spoiler:
 

Traduction réalisée d'après Grudgelore, de Nick Kyme et de Gave Thorpe.
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