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 L'honorable tournoi de Karak Azgaraz

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Gromdal Drekgiti
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Gromdal Drekgiti

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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyJeu 16 Jan 2020 - 2:28

* * *



Plus bas, bien plus bas, là dans les sombres profondeurs de la terre, dans les ultimes antichambres avant de s’avancer dans les immenses réseaux de grottes et de galeries qui s’étendaient sous la montagne d’Azgaraz, l’armée de Thuringar s’assemblait lentement. Le roi lui même, dans une pièce recluse, réglait encore quelques menus détails, épaulé par le Maître Mineur et Volund, le Chef de la Guilde des Ingénieurs, qui devisaient ensemble sur la meilleur manière de déployer l’arsenal nain dans l’immense caverne où ils amèneraient les grobi.

“Nous pourrions poster des batteries de canon à flamme ici, disait le Grand Ingénieur en pointant du doigt une petite galerie sur la carte, position légèrement surélevée, vision et angle parfaits. Trois canons orgues ici, et les canons à cet endroit.
— Audacieux, mais pas impossible, acquiesçait le Maître Mineur Gurniksson, mais ils devraient plutôt passer par la galerie supérieure Est pour être déployés à temps. Il faudrait considérer de les faire accompagner par un bon contingent de gardes, pour être sûrs.
— Le clan de mon frère pourra s’en occuper sans soucis, répondit Volund. Je vais les prévenir pour qu’ils se tiennent prêts.
— Hmmm… allez également demander au clan Grandmarteau, ils sont peu nombreux mais devraient faire l’affaire. Leur Thane m’a demandé à plusieurs reprises ces derniers jours de donner à ses hommes et lui l’occasion de prouver leur valeur pour le retour, ce sera une bonne opportunité de les tester pour commencer.”

Le maître ingénieur aquisça en silence, et fit transmettre ses ordres à l’un des messagers qui se tenaient prêts. Le courte-barbe s’inclina en silence, et le Roi le regarda filer dans le couloir d’un air absent. Il se tourna vers le garde à côté de la porte.

“Des nouvelles de Hrafni ?
— Aucune, mon seigneur. Mais si tout va bien, il ne devrait plus tarder à arriver, le temps que Godri atteigne ses quartiers, le prévienne et qu’ils descendent ensembles…
— La peste soit des vieillards, parfois ! soupira Thuringar. Avec tout le respect que je leur dois bien entendu, s’empressa-t-il de rajouter devant le regard que tous dans la pièce lui lançaient. J’aimerais qu’ils puissent comprendre le principe d’urgence pour une fois !”

Il se tourna vers le Maître Ingénieur :

“Volund, je veux que vos artilleurs se tiennent prêt à tirer sur le pilier central à mon signal pendant la bataille, quoiqu’il arrive !
— Mais, mon seigneur, s’écria fébrilement le maître mineur, nous risquons d’avoir cruellement besoin des canons, et si les longues-barbes arrivent à percer leurs lignes suffisamment pour que le maître des runes…
— Le vieux peut échouer ! Je ne veux pas prendre de risques, pas pour rien au monde ! Et que vos mineurs amènent leurs charges ! Toutes les chances doivent être de notre côté, et il n’y aura pas à discuter là dessus !”

Le maître ingénieur comme le maître mineur acquiescèrent en silence. Sûrement, la situation ne se montrerait pas aussi critique, après tout, ils auraient l’avantage de la surprise sur les peaux-vertes. Mais il n’y avait aucun mal à s’assurer que tout se passe au mieux…


* * *



Devant l’entrée béante et sombre de la Grande Galerie que le Throng emprunterait bientôt, des guerriers nains s’équipaient prestement pour partir en avant garde, principalement des brise-fer et des mineurs habitués aux combats dans les souterrains. Et, parmi eux, un vénérable longue-barbe en robes grises huilait consciencieusement les engrenages de son fusil à double canon sciés, autrement appelé ratisse-rancunes. A côté de lui, ce qui s’apparentait à un commandant de régiment de brise-fer essayait de le persuader de rester en arrière avec le Throng. Vorlek ne daignait même pas tourner le regard vers lui. Visiblement, le commandant commençait à arriver à court d’arguments, et le prêtre de Gazul à court de patience.

“Il nous faut des éclaireurs pour attirer les grobi !
— Oui.
— Heum, non prêtre, vous ne m’avez pas compris : il nous faut des gens pour s'assurer qu'ils viennent, pas juste pour les tuer…”

Finalement, Vorlek posa son arme à feu sur ses genoux et planta son regard d’acier dans les yeux de son interlocuteur.

“Gamin, je tue des morts."

Le brise-fer manqua une respiration. Quelques uns des mineurs autour d’eux s’arrêterent pour regarder à nouveau le longue-barbe. Finalement, le commandant baissa les bras en signe de défaite. Dans le fond, les plus vieux brise-fer dans le fond riaient face à sa déconvenue. Il n’était pas venu celui qui allait faire changer d’avis un des membre de l’Ordre des Gardiens !


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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyJeu 16 Jan 2020 - 14:21

* * *


        Le Val du Grand Vent, pour une fois, se révélait ne pas être à la hauteur de son nom : pas même une simple bise ne soufflait dans la vallée. Par conséquent, cette dernière baignait dans un brouillard épais de poussière dû au mouvement des troupes, naines et impériales, qui prenaient lentement le chemin des cols, régiment après régiment, bannière après bannière, guidés par les rangers nains qui couraient le long du convoi, invectivant ceux qui osaient s’écarter un peu trop du chemin.

        Poussière hérétique, à ne pas en douter, pensait Richter en contemplant les troupes s’engager. Aucun pied de bonne foi n’oserait soulever quoique ce soit qui puisse empêcher à un pieu serviteur de Sigmar de repérer sa proie. Visiblement, il aurait peut-être plus à purger que prévu parmi les combattants. Plissant les yeux, il essaya à nouveau de trouver les Mikaelson dans la cohue. Guerre contre les peaux-vertes ou pas, il n’avait pas posé de jour de repos à sa sainte mission dans les prochains mois. Ni pendant le prochain siècle, d’ailleurs, eut-il besoin d’aller jusque là. Il finirait bien par trouver les troupes parmi lesquelles s’étaient glissés les hérétiques d’Ubsersreik. Ah. Justement. Ils étaient peut-être tout simplement avec les troupes de leur cité ! Ah ! Merci, Sigmar, de m’envoyer cet éclair de génie !

        Le répurgateur se frotta les mains de bonheur et, après une dernière prière à son dieu tutélaire, descendit de son perchoir pour tenter de trouver les combattants venus d’Ubersreilk. Grâce à sa foi sans faille, il ne faillit tomber du toit du Hall à boire du Grand Vent qu’une seule foi, envoyant voler une tuile au passage. Mais, comme lorsqu’il y était monté tout à l’heure, personne ne sembla le remarquer, tout le monde étant trop occupé au départ des armées. Et tant mieux, il n’avait pas le temps de s’amuser à occir d’autres hérétiques un peu trop curieux sur le chemin de Mikaelson.

*

        “Eh, mais c’est qui le fou qui descend du toit du Grand Hall, là-bas ?
        — Qui quoi ? Pardi, Jerek, tu as trop bu avant de partir !
        — Mais si, j’te jure, regarde !
        — Eh, les deux gaillards sur le rang du fond, on se reconcentre ! Je vous rappelle que vous êtes sous mon commandement, ordre des supérieurs ! Allez, on reprend, et sans fausses notes cette fois : d’y penser j’avais le cœur lourd, en doublant les feux de Ma-rien-bourg !

        Dans la cohorte de nains qui précédait l’unité d’Elric, on grinçait des dents à entendre le tout. On demanda au sonneur de cor de souffler plus fort. Oui, il en avait mal à la gorge, mais il fallait bien couvrir ces affreuses chansons, avant qu’ils ne se retournent pour le faire à coup de poings dans les mâchoires.


*  *  *


        Dans les profondeurs, le Throng se préparait également à partir. Après que les quelques unités de l’avant-garde se soient dispersées dans les tunnels, c’était le gros des forces naines qui s’avançaient à l’entrée de la Grande Galerie Est. Les mineurs empochaient quelques charges explosives dans leurs grandes sacoches et allumaient les lanternes sur leurs casques, prêts à accompagner les guerriers dans les profondeurs, une demi-douzaine par unité de combattants réguliers. La poignée d’arbalétriers qui avait été réquisitionnée pour la bataille comptait ses carreaux et huilait ses cordes tandis que les guerriers dawis resserraient leurs ceintures sur leurs cottes de mailles et tiraient sur les lanières de leurs bouclier. Un peu plus en retrait, les régiments de brise-fer, bien rodés aux expéditions dans les cavernes, regardaient les autres se préparer, leurs visages insondables sous leurs casques intégraux. Les courtes-barbes ne savaient plus où donner de la tête entre ces derniers, les longues-barbes, et la garde royale des marteliers qui attendaient à l’arrière que leur roi les rejoignent. Au milieu de tout cela, accompagnés par le grincement des roues sur le sol dallé, les poneys de trait tiraient les machines de guerre sous l’oeil plus qu’attentif des ingénieurs de la Guilde.

        “Les machines de guerre sont presque prêtes à partir, mon roi.”

        Refermant la porte de l’antichambre, le Maître Ingénieur Volund s’avança vers Thuringar, qui tournait en rond autour de la table des opérations.

        “Bien. Les guerriers des différents clans sont eux aussi prêts, les brise-fer n’attendent que l’annonce du départ. Mes marteliers n’attendent plus que le retour imminent de Heimar, qui doit être en route puisqu’on m’a annoncé le départ de l’armée d’en haut. L’avant-garde vient de se disperser dans les tunnels… Il ne faudra plus longtemps avant que l’on puisse s’enfoncer dans les galeries.
        — Et… le vieux Hrotgarsson, seigneur ?”

        Thuringar fronça les sourcils, ce qui n’arrangea pas son visage à l’expression naturellement orageuse.

        “Je ne veux plus entendre parler du vieux fou. C’est peut-être un génie de la forge, mais il est trop vieux pour les choses de la guerre. Trop précieux aussi, sûrement, il doit bien être parmi les trois plus âgés de la forteresse… Je préfère partir plus que de l’att-”

        Il fut coupé par le bruit assourdissant de la pierre grinçant sur la pierre. Lentement, un pan du mur en face d’eux disparut dans le sol pour révéler… Hrafni Hrotgarsson.

        “Qu’est-ce que c’est que ce vacarme ? Y a du bruit jusqu’au onzième sous-niveau, on ne s’entend même plus forger, par Grungni, Thungni et Morgrim réunis !”

        Sous les yeux ébahis du roi et du maître ingénieur, le vieux seigneur des runes s’avança de sa démarche chaloupée, jetant un regard mi-inquisiteur, mi… dédaigneux, à la carte sur la table qu’il contournait.

        “J’ai croisé un martelier sur le chemin. M’cherchait, qu’y disait. La guerre, qu’y disait. Pis j’ai croisé plein de gens sur le chemin. Grmbl. J’aime pas les gens, trop de boucan dans les oreilles. Alors j’suis passé par les chemins dérobés.”

        Thuringar passa du nain à l’ouverture dans le mur, puis de celle-ci au nain. Sans avertissement, le pan du mur se mit à remonter, manquant de le faire sursauter. Bientôt, il n’y eut plus rien qui permettait de voir d’où était venu Hrafni.

        “Comment ça, les chemins dérobés ?”

        Le seigneur des runes poussa un soupir. Roula des yeux. Secoua les épaules. Soupira derechef.

        “Les passages secrets de ton arrière arrière grand-oncle, pardi. Ton père les a rénovés. J’croyais que les ingénieurs devaient te mettre au courant après ton couronnement.”

        Thuringar se tourna précipitamment vers le maître ingénieur. Mais celui-ci était visiblement trop occupé à essayer de faire disparaître sa tête entre ses épaules. Le roi lui jeta un regard assassin : les deux allaient devoir sérieusement discuter une fois l’affaire des grobi réglée.

        “Il faut croire que j’étais un peu trop … occupé par mes campagnes contre les grobi pour qu’on daigne me mettre au courant.
        — Je suis plus trop ces choses là, continuait Hrafni. L’conseil des anciens, c’est comme le soleil, trop de temps là-bas et on se noue le cerveau tant qu’on arrive plus à forger droit.”

        Soudain, le regard du vieux nain se planta droit dans celui du roi.

        “J’espère qu’il y a une bonne raison pour me tirer de ma forge, Zalandrinsson, j’m’apprêtais à donner quelques coups de burin sur mon marteau. L’a besoin d’un peu d’perfectionnement, d’après mon dernier duel.”

        Thuringar soutint le regard de l’ancien. Ils étaient deux à pouvoir jouer à ce jeu là :

        “Oh que oui. Et  justement, j’ai de quoi vous faire tester votre marteau. Quelque chose à grande échelle. Si ce qu’on m’a dit de ce que vous en avez déjà , il n’a pas besoin d’être perfectionné plus que ça pour l’instant.
        — Tu parles de ce dont tu ne sais rien mon garçon, répondit Hrafni sans ciller. Mais j’écoute.”

        Bien, pensa le roi. Il sentait déjà le mal de crâne pointer dans un coin de son cerveau à l’idée de devoir tout réexpliquer au vieil obtu. Mais au moins, les choses avançaient enfin comme il le voulait, c’est à dire vite.

*

        “Qu’est-ce que vous pensez qui nous attendra dans les mines, vénérable ancien ?
        — Des grobi pardi ! Et des trolls à ne pas en douter ! Et des squigs aussi ! Et qui sait, p’t’être bien qu’ils auront un de leurs maudits shamans !”

        Hrorgosak jeta un oeil sévère et implacable au courte-barbe à côté de lui.

        “Mais qu’est-ce que ça peut t’faire ? Si tu n’es pas capable de tenir ton bouclier correctement, les premières flèches vont te transformer en outre percée ! Tiens toi droit ! Voilà, comme ça ! Et redresse cette épaule ! Pis c’est quoi cette hache ? Tu espères trancher quoi avec ça, un meule de fromage ? Va voir Hagrim à l’arrière, qu’il t’aiguise tout ça à la forge avant qu’on parte ! Et ôte cet air ahuri de ton visage, par les saintes bottes de Grungni ! Un dawi a toujours l’air déterminé et sûr de lui, c’est clair ?”

        Le pauvre jeunot arrivait à peine à caser des “oui”, “oui vénérable ancien” et autres répliques entre les tirades du longue-barbe, et se mit aussitôt au garde à vous lorsque Hrorgosak eut fini, d’un air un peu gauche.

        “Mais, triple buse, je t’ai dit de filer ! Allez, plus vite que ça ! Tu ne veux pas que moi où un autre voie que tu manques à ton régiment !”

        Avec un dernier “ou-oui” bégayé, le courte-barbe s’en alla en courant dans un cliquetis de maille. Hrorgosak le regarda partir en soupirant. Si c’était ça la relève… Les ancêtres en soient témoins, il n’était pas prêt de les rejoindre s’il devait entraîner tout ça jusqu’à ce qu’ils soient… aussi prêts que possible. Son regard croisa celui du nain à côté de lui, d’un autre clan que le sien.

        “Qu’est-ce qu’il y a ?” grommela-t-il à l’encontre du guerrier.

        Celui-ci sursauta, et détourna immédiatement le regard, faisant mine de n’avoir rien vu, rien entendu. Il n’était plus un courte-barbe depuis de longues années, mais le longue-barbe était sûrement prêt à lui faire les mêmes remontrances… Il allait vérifier les lanières de son bouclier tiens, juste pour être sûr qu’il n’ait rien à redire sur le chemin…


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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyMar 21 Jan 2020 - 10:49

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          Depuis son point de vue légèrement en avant de l’artillerie qui s’installait derrière lui, Gorim Grandmarteau avait de quoi s’émerveiller. La caverne s’étendait dans l’obscurité et paraissait aussi énorme qu’encombrée de stalactites et autres piliers de formes ésotériques. Un vestige d’un ancien lac souterrain lui avait dit un mineur… Peut-être, mais c’était aussi un terrain difficile pour des attaquants à ses yeux.

          Après s’être assuré que les préparatifs suivaient leur bon cours, Gorim prit le temps de regarder du côté des autres escouades naines. De l’autre côté de la caverne, un affleurement similaire au sien débouchait de la paroi pour installer une autre rangée de pièces d’artillerie.

          En contrebas, le gros de l’armée était déjà en place. Les lignes d’infanterie terminaient leurs formations et les lanternes renvoyaient milles chatoiements à chaque manœuvre. La discrétion n’était pas de mise après tout. Ce précepte, Hrogosak semblait l’appliquer d’ailleurs puisque Gorim l’entendait nettement beugler des réprimandes contre un certain Snorri depuis son emplacement surélevé.

          Thuringar, bien visible au milieu de sa garde de marteliers, envoyait ses ordres à tout va. Il fallait que tout soit en ordre le plus vite possible car les peaux-vertes n’allaient pas tarder d’après lui… Même si ça faisait bien une demi-heure qu’il disait cela. Hrafni, qui se tenait à côté, en avait profité pour piquer un somme après avoir expliqué à un jeunot comment il avait autrefois empilé quelques gobelins pour écrire « Wazzok » dans un coin de cette caverne.

          Mais tout le fatras de l’armée naine s’arrêta momentanément quand un son sec, claquant comme un coup de tonnerre, résonna alors dans la caverne pendant de longues secondes. Il ne fallut pas longtemps à Gorim et sa position avantageuse pour repérer les quelques flashs de lumière qui illuminaient à présent les boyaux adjacents à la caverne.

          Les éclaireurs s’étaient mis en action.


***

          Quelque part dans les profondeurs, un petit groupe de gobelins s’ennuyait. On leur avait assigné la garde d’un tunnel annexe sans grande importance à leurs yeux et à part s’endormir à moitié sur leurs lances à la géométrie hasardeuse, ils n’avaient pas trouvé grand-chose à faire.

          Quand soudain, ô joie, du bruit parvint à leurs oreilles verdâtres. Tout excités qu’ils étaient d’enfin pouvoir faire, eh bien, quelque chose, les quatre peaux-vertes sautèrent sur leurs pieds et filèrent vers le son. Ils se moquaient bien de savoir de quoi il s’agissait, si ça faisait du bruit, ça vivait et donc ça pouvait se faire poignarder quelques fois. Et puis, comme ça faisait un moment qu’ils n’avaient pas aperçu de barbus à zigouiller, alors Krizbit, qui dirigeait la charge, demanda très fort à Gork (ou Mork, ça dépendait du moment) d’exaucer son souhait.

          Perdu qu’ils étaient dans leur curiosité expectative, les gobelins ne firent pas vraiment attention à leur environnement, ils n’avaient même pas emmené de torches. L’action, il n’y avait que ça de vrai après tout (surtout quand on s’ennuyait) !

          Ce fut ainsi qu’au détour d’un boyau, Krizbit réalisa qu’il n’aurait peut-être pas dû demander quelque chose à Gork et Mork en même temps. Ça avait tendance à être exaucé en trop grande quantité. En l’occurrence, il fut surtout accueilli par deux cylindres métalliques au bout desquels se trouvait un nain affublé d’une longue capuche grise. Mais ce ne fut pas seulement le regard froid de ce dernier qui inquiéta exponentiellement Krizbit. Non, c’était surtout les autres nains en armure lourde avec des « Kanons ki brûle » qui se tenaient derrière.

          Il y eu un « Kazuk ! » tonitruant, une détonation, des langues de feu, puis, enfin, le cri désespéré d’un gobelin en fuite.


          Vorlek rechargea son ratisse-rancune. Autour de lui, les brise-fers grinçaient des dents. L’un d’entre eux, un des dracs de fer, finit par cracher :
« Une honte qu’on doive en laisser fuir juste pour attirer l’attention. Le bruit suffirait à ameuter ces bêtes de toute manière.
— Rien ne fait plus de bruit qu’un grobi en fuite, répliqua platement Vorlek en refermant son arme dans un claquement sec. Les morts, eux, ne parlent pas.
— Eh bé, avec vous, tout le reste paraît si joyeux en comparaison…
— Ce n’est pas avec de la joie qu’on tue des grobi. Vous le savez mieux que moi zulundraki. »

          Le drac de fer grommela quelque peu dans son casque, mais il n’ajouta rien de plus.

          « Dites-vous que Gazul vous regarde, reprit Vorlek sur un ton qui se voulait un peu plus calme. Il y aura bien assez de place pour la joie une fois cette bataille terminée. »

          Et au prêtre de Gazul de repartir dans les tunnels avant d’être suivit par le petit contingent de brise-fer qui l’accompagnait. De temps à autres, l’écho des actions d’une des autres patrouilles se faisait entendre par intermittence depuis des boyaux adjacents. Une procession de sons fort doux aux oreilles des nains, mais qui n’étaient que le prélude avant la tempête.

***

          Pour Gorim, les craquements sporadiques ne firent qu’annoncer un grondement. Un fond de cris à vrai dire, d’abord de peur, puis de rage, puis vinrent les instruments. Et aucun nain vivant ne pouvait se tromper en tentant de reconnaître ces sons. Les tambours de guerre des grobi venaient de se mettre à vibrer, leur tonnerre se mêlant aux voix pour n’amplifier qu’un seul mot :

          « WAAAAAAAAAAAAAAAAAGH !!!!!!»

          Puis plus rien.

          En contrebas, la ligne naine principale s’agita. Les troupes étaient en place, l’artillerie finissait les dernières préparations et les premiers groupes d’éclaireurs, les plus proches, venaient de rejoindre les lignes en criant que « ils arrivaient ». Et pourtant, personne en vue.

          Parmi les artilleurs de la position de Gorim, on commençait à se poser des questions, les grobi venaient-ils de partir ? Peut-être même étaient-ils en train de changer de cap pour les prendre à revers ? Impossible, c’étaient des peaux-verte, si la stratégie leur atteignait le cerveau, ils en auraient la migraine…

          Un ordre vint d’en bas, transmis par fanion. Les canons à flamme devaient tirer au loin pour éclairer la caverne et débusquer ces fichus peaux-verte. Les artilleurs s’en donnèrent à cœur joie, surtout que ça leur faisait penser à autres choses qu’à leurs questions internes.

          Ainsi, une volée de boules de feu fila dans un crachement poisseux peu de temps après pour éclairer le firmament rocheux de la caverne. Et les nains ne furent pas déçus en voyant la lueur des flammes se réverbérer dans les yeux d’une masse de gobelins à n’en plus finir. Il semblait y en avoir partout, grouillant entre chaque stalagmite, leurs ombres mouvantes s’étant arrêtées pour observer le premier tir de la bataille en devenir.

          Les projectiles tombèrent, l’explosion, bien que lointaine, fut assourdissante car elle venait de briser un silence de plomb. Le reste ne fut plus que chaos, comme toujours.


***


           « Et donc, Johannes, si je comprends bien, tu n’as rien trouvé de mieux que de te désigner toi-même comme…chef de cette armée improvisée ? »

           Sybille lui jetait un regard réprobateur en disant ces paroles. La ‘jeune’ femme chevauchait aux côtés de ses deux frères, au milieu des troupes d’Ubersreik, elles-mêmes en tête de cette cohorte hétéroclite qui progressait vers le repaire des peaux-vertes. Johannes et Erhard avaient bien tenté de la convaincre de ne pas venir, à grand-coup de « cette expédition n’est pas la place d’une femme, ta présence va choquer, n’insiste pas, etc », mais elle leur avait tenu tête. « Passe encore pour ce stupide tournoi de nabots » leur avait-elle répliqué avec véhémence, « mais vous deux ne pouvez pas faire le tour d’une maison sans vous perdre. Je viens, point final. » Quelques hommes lui avaient jeté des regards surpris en la voyant accompagner ainsi l’état-major, mais après un regard bien senti de sa part plus personne n’avait eu l’air d’y trouver à redire.

           Johannes répondit d’une voix irritée.

           « Ne le prend pas sur ce ton, je ne vois pas en quoi ça pourrait nous faire du mal. Après tout, c’est un choix des plus logiques quand on se penche dessus. Notre expérience de batailles dépasse la leur sans aucun doute, tu le sais aussi bien que moi. »

           Sybille soupira.

           « N’empêche, de quoi disposons-nous ? De nos maigres troupes d’Ubersreik, d’un bon paquet de combattants itinérants aussi indisciplinés qu’ils n’ont pas l’habitude de la guerre, de quelques sigmarites esseulés, d’une chorale de nains, et de quelques soldats, nains eux aussi, qui discuteront certainement chacun de tes ordres. Voilà tes cartes, comment gagner la partie maintenant ?

           - Avec stratégie et tromperie, ma sœur, comme on gagne chaque bataille.

           - Oh vraiment ? Mais dans ce cas, je serai ravie de voir ces fameuses stratégies.

           - Pourriez-vous, s’il vous plaît, envisager de baisser d’un ton quand vous vous étripez verbalement tous les deux ? On commence à vous observer avec attention. »

           Erhard disait vrai. Quelques regards furtifs fusaient çà et là depuis les rangs serrés des troupes qui les entouraient. Sybille poussa un long soupir et s’enferma dans un mutisme rageur presque aussi assourdissant que le ton acerbe qu’elle avait pris juste avant.

*

           Depuis l’arrière de la colonne, juste avant le train d’artillerie, Jandrom Polsson Bilman tripotait nerveusement le manche de son marteau tout en avançant. Entouré des membres de sa troupe aptes à se battre, son humeur était loin de sa bonhomie coutumière. Bien au contraire, son regard sévère était encadré par des sourcils froncés, ce qui, associé à la couleur rousse de sa pilosité, lui donnait l’air particulièrement effrayant. Et il avait de quoi, car la perspective d’une rencontre contre les grobis était rarement une bonne nouvelle pour lui et sa troupe, qui avaient dû repousser ces créatures à maintes reprises au cours de leurs voyages. Les « Montagnes itinérantes » tenaient elles aussi un livre des rancunes, dont les peaux-vertes remplissaient au moins la moitié du contenu. Ainsi, c’est une froide résolution qui faisait désormais avancer le jeune maestro, la résolution de fendre le plus de crânes possibles, pour rendre au centuple à ces immondes engeance démoniaques ce que lui et les siens avaient subi de leurs mains.

*

           De son côté, Ember avançait en tête, s’étant mêlée à un groupe de rangers après avoir imposé sa présence à leur thane. Ce dernier, un certain Dimzad, avait d’abord fermement refusé que ce ‘jeune poil-au-menton au masque ridicule’ se joigne à son régiment. Mais une fois qu’Ember lui ait fait remarquer qu’elle était le fameux participant masqué du tournoi, il avait fini par obtempérer en grommelant fortement dans sa barbe brune. Au moins, il a la tête sur les épaules se dit la jeune naine, ça aurait pu plus mal se passer. Elle avait craint de devoir en venir aux mains, étant habituée à l’opiniâtreté parfois stupide des anciens de sa race. Jamais je ne deviendrai aussi butée se dit-elle une énième fois alors qu’une goutte de sueur roulait sur son front. Ce phénomène la fit grimacer d’inconfort. Ici, à l’extérieur, le soleil matinal chauffait son armure et son masque métallique, phénomène hautement déplaisant qui n’en finissait pas de la faire grommeler à son tour.

           Mais elle avait bien d’autres choses à l’esprit, et l’une d’entre elles était la colline désormais distinguable en contrebas. En comparaison des montagnes alentours, celle-ci semblait résolument petite, mais pourtant la naine ressentit un léger frisson à la regarder, car même à cette distance elle pouvait y repérer des formes y bouger. Des formes aussi vertes que les forêts environnantes, et vraiment très nombreuses. Ember ressentit l’excitation la gagner. Enfin, ils allaient tous voir ce dont elle était capable.

*

           Johannes, Jean Coteas, Hokar et Brunna organisèrent rapidement les troupes. La majorité des nains, ainsi que les troupes d’Ubersreik, devaient tenir le centre, avec dans leur dos les pièces d’artillerie lourde naines. Leur objectif était clair : tenir, le plus longtemps possible. Les quatre commandants en question comptaient eux-mêmes se trouver dedans, afin de galvaniser au maximum les troupes. Pendant ce temps, quatre autres groupes allaient être formés afin de prendre les peaux-vertes à revers. Deux d’entre eux seraient composés de combattants du tournoi, et menés par Elric Von Reitz et Erhard Mikaelson. Les deux autres seraient les régiments de rangers nains, dont celui de Dimzad, qui auraient la tâche délicate de passer dans le dos des grobis pour les encercler complètement.

           Sitôt les ordres donnés, l’armée hétéroclite se mit en ordre. Les trois groupes se séparèrent de la cohorte principale, Elric haranguant ses hommes vers la gauche tandis qu’Erhard indiqua sommairement aux siens de le suivre vers la droite. Dimzad donna quelques instructions en Khazalid et ce fut dans un étrange silence que les nains de son régiment, imité par le second, mené par le thane Drurim Poing-de-Pierre, entamèrent le contournement complet de la colline. Celle-ci, désormais de plus en plus visible, grouillait à présent d’activité. On pouvait clairement entendre les hurlements gutturaux qui s’en échappaient et qui résonnaient dans toute la vallée, accompagnés de bruits de ferraille et de centaines de pieds qui couraient dans tous les sens.

           Imperturbable, Jean Coteas des Entommeures se plaça en première ligne, la mine sévère et le marteau bien en main. Il n’avait pas besoin de dire grand-chose, sa simple présence irradiait la confiance et la force. Trouptili, qui ne voulait pas être trop près de son supérieur, avait fini par renoncer à chercher Richter Ketzerfeuer dans toute cette cohue, et il préféra finalement rester en seconde ligne, proposant la bénédiction de Sigmar à qui croisait son chemin.

           Richter, lui, avait fini par trouver sa proie : les Mikaelson, qui n’avaient pas été très difficiles à localiser en fait, étant parmi les seuls à cheval. Pourtant, il avait renoncé à les attaquer sur le chemin, l’opération étant trop…voyante. Et si la justice de Sigmar ne pouvait qu’être juste, il fallait quand-même être pragmatique et penser à une porte de sortie. D’autant que ces hérétiques semblaient bien entourés, et par des troupes fidèles (et donc hérétiques elles aussi, quel métier je vous jure). Le répurgateur restait en arrière, n’ayant d’yeux que pour ses trois proies, et s’il fut un temps déstabilisé par le départ d’Erhard en embuscade, il se dit que de toutes façons il pourrait commencer par occire les deux premiers, et finir avec lui après.

           Brunna Karinkro, la grande prêtresse de Valaya, avait vainement tenté de se frayer un chemin jusqu’à la première ligne. Elle avait toutefois fini par se rendre compte que l’opiniâtreté des marteliers qui l’accompagnaient, elle et Hokar, n’était pas qu’une légende. Les nains en armure lourde prenaient leur mission de gardes du corps très au sérieux, et sitôt qu’elle parvenait à en doubler un, un autre prenait silencieusement les devants. Le prêtre de Grungni prenait visiblement la chose avec plus de philosophie qu’elle, car lui ne semblait pas presser le pas à chaque mètre. Brunna poussa un grognement en tripotant sa hache. Par Valaya, si quelqu’un faisait mine ne serait-ce que d’essayer de l’empêcher de se battre, la personne en question verrait du pays.

           La ligne de bataille approchait désormais de la colline, avant de s’arrêter net. Juste derrière, les nombreux canons, catapultes et autres balistes étaient désormais mis en place, et braqués sur le campement des orques et des gobelins. Un silence pesant régnait désormais dans l’armée humaine et naine.

           Johannes, qui était resté à cheval, s’apprêta à prendre la parole, mais il fut coupé dans son élan par Jan Coteas, qui se retourna pour embrasser l’armée du regard.

           « Messieurs, mesdames, hommes et nains. Il n’en est pas un seul ici dont je doute le courage, et croyez-moi quand je vous dis que j’en suis fier. Levez la tête, et montrez ce courage, cette lumière, qui brille dans nos yeux, à tous. Montrez là à moi, mais surtout à eux ! »

           Une grande clameur lui répondit, surtout de la part des humains, et Johannes sourit faussement en dégainant son épée. Ce prêtre était décidément énervant.

           « Mes amis, à présent nous allons nous battre. Nous battre pour nos frères, pour nos sœurs, pour nos enfants et nos familles ! Le sang va couler, mais ce ne sera pas le nôtre, car quand l’herbe sera rougie, ce sera de leurs entrailles ! »

           Cette fois, ce fut une véritable ovation, venant de toutes parts, humains et nains brandissant leurs armes en hurlant. Même Brunna, la hache bien haute (ce qui n’était pas beaucoup) s’époumonait en un « OUAAAAAAAAIS ! » tonitruant.

           Et un hurlement leur répondit :

           « WAAAAAAAAAAAAAAAAAGH ! »

Devant eux, alors que Coteas se tournait à nouveau vers le campement des grobis, la ligne humaine et naine fit face au spectacle terrifiant qu’est une horde d’orques et de gobelins en train de charger. Puissamment taillés, les muscles gonflés, plusieurs centaines d’orques visiblement très énervés fonçaient sur eux, armes en mains, accompagné d’au moins autant de gobelins, qui braillaient de façon incontrôlée. À leur tête, un spécimen énorme, armé d’un impressionnant hachoir à deux mains, poussait un beuglement inhumain tout en chargeant à une vitesse à peine concevable pour un individu aussi gros. La horde s’approchait rapidement, soutenue par le vrombissement de tambours de guerres et autres instruments improvisés. L’artillerie naine fit immédiatement feu, et il ne fallut que quelques secondes avant que boulets, traits et tirs de catapultes ne commencent à creuser des trous dans la horde verte. Mais ce ne fut pas suffisant pour la retenir, et l’impact s’annonçait imminent.

           Alors, tentant le tout pour le tout, Johannes lança son cheval vers l’avant, se mordant la lèvre pour ce qu’il s’apprêtait à faire. Il n’y avait qu’un seul moyen de récupérer l’attention des troupes. De ses troupes. Menant sa monture au galop, il prit son souffle et hurla :

           « Pour l’Empire ! Pour l’Alliance ! Pour Sigmaaaaaaaaaaar ! »

           Son cri de guerre fut repris par toute l’armée, qui, empoignant ses armes, se rua à sa suite.

           La collision entre les deux armées fut dantesque. Les premiers coups, portés à pleine vitesse, firent voler leurs victimes en arrière sous la force du choc. Le marteau de Coteas rencontra le menton d’un orque, dont la mâchoire explosa dans un horrible craquement. Le chef de guerre orque fonça dans la ligne d’Ubersreik et coupa en deux le premier soldat qui tenta de lui barrer la route. Johannes, qui avait cherché à l’atteindre sans arriver jusqu’à lui, se rabattit sur une autre cible, qu’il décapita sans ménagements.

           Les marteliers et les deux grands-prêtres nains tinrent bon, et leurs armes de facture supérieure commencèrent à semer la mort chez leurs ennemis. Pour autant, les peaux-vertes semblaient pour l’instant infatigables, et une mêlée brutale et violente s’engagea. Derrière, la chorale des montagnes itinérantes entonna un chant de guerre, qui renforça la détermination des combattants.

           Alors, on entendit un nouveau cri, repris par des dizaines de voix :

« Oh vaillants compagnons, écoutez notre histoire

Dégainons nos épées, sortons la poudre noire

Chargeons nos ennemis, qu’ils perdent tout espoir

Ce soir nous festoierons ici ou chez Sigmar ! »

           Et par les flancs, alors que les orques jetaient des regards surpris sur les côtés, surgirent les deux groupes de renforts. À leurs têtes, Elric et Erhard, qui se jetèrent dans la bataille, afin de prendre les peaux-vertes dans une nasse mortelle.

           La bataille venait de commencer.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyJeu 23 Jan 2020 - 15:47

* * *

        Sous terre, la caverne sombre s’était embrasée des feux de la guerre alors que les canons à flammes illuminaient les parois rocailleuses de leurs projectiles à intervalles réguliers. Le reste de l’artillerie naine n’était pas en reste et semait la mort et la carbonisation tout en révélant les vagues de gobelins qui crapahutaient un peu partout.

        Ce qui laissa le loisir aux troupes sur le front d’observer la masse verte fondre vers eux mais par éclaircies brèves et sur fond de cris de plus en plus perçants. Autant dire qu’en première ligne on serrait les dents et on mettait sa barbe dans sa ceinture.

        Mais alors que le grand choc arrivait en contrebas, Gorim Grandmarteau en observait chaque petit détail depuis son poste d’observation privilégiée. Certes, il était à moitié sourd avec tout le vacarme assourdissant de l’artillerie et sa barbe avait failli prendre feu au moins deux fois, mais il y voyait clair. Peut-être plus même que Thuringar qui venait de hâter sa garde personnelle pour rejoindre le front. Ils avaient un passage à créer pour le vieux après tout.  

        Un message hâtif vint d’en bas entre deux salves : continuez mais concentrez les tirs. Le message fut relayé en vitesse aux maîtres ingénieurs qui grommelèrent contre cet ordre un peu rapide qui dédaignait leurs mises en place experte de leurs canons… Mais ils obéirent et redirigèrent le feu nourri vers le centre de la formation ennemie. Une tâche facile. Il y avait tellement de grobi que la cave avait changée de couleur et même en tirant comme un umgi on pouvait toucher sa cible.

        Voyant bien vite qu’il ne pourrait rien apporter au gros de la bataille, Gorim se recula. Il avait déjà besoin de retrouver un semblant d’audition (mais comment est-ce que ces artilleurs pouvaient tenir le rythme ?) mais aussi ses repères. Il avait une position à défendre après tout.

        Après s’être assuré que son équipement tenait toujours en place et que les membres de son clan étaient à leurs postes, Gorim adressa une prière rapide à Grungni. Il la termina en allant toucher le mur de pierre le plus proche, la paroi de la caverne donc. Ce fut alors qu’il remarqua un détail important : des petits morceaux de cailloux tombaient du plafond et de la paroi caverneuse. Les sourcils froncés, Gorim se dit au début que c’était à cause du feu nourri. Mais après tout ce qui avait déjà été tiré et avec les fortifications des mineurs, une quelconque fragilisation de la structure rocheuse n’était même pas envisageable. Gorim leva les yeux. Une vingtaine de gobelins sur araignée le regardèrent en retour.

        « Périmètre en danger ! Araignées sur les murs !! » beugla-t-il aussitôt en retournant vers ses troupes.

        Mais ses propos se perdirent dans le fracas d’un tir de canon et les nains virent les araignées fondre sur eux depuis les hauteurs au dernier moment.

        Gorim, lui, courait aussi vite que possible pour mener la contre-attaque avec ses troupes, mais un chevaucheur gobelin intercepta sèchement sa route en tombant devant lui. Au vu des décorations de plumes et de bois grotesques dont il s’était orné, il devait être un simili-chef d’escouade.

        « Shleh ! » grinça le gobelin en agitant un choppa trop gros pour lui et en donnant des coups de talons dans sa monture chitineuse.

        Dans un grognement, Gorim accepta cette provocation en filant à la rencontre de son nouvel adversaire. Le plus tôt il s’en débarrassait, le plus tôt ses troupes se carapateraient au loin. Son marteau avait été tiré et avec l’arrêt brutal des tirs, le nain pouvait à nouveau l’entendre siffler dans l’air.

        « Tu vas voir ce qu’il en coûte d’embusquer le clan Grandmarteau ! »

        Le chef gobelin décala sa monture au dernier moment pour tenter de surprendre le nain en charge avec sa vitesse, mais il semblait que Gorim était quand même le plus rapide. Le marteau vint rencontrer le kikoup trop lent et ce dernier perdit la rencontre, se brisant dans un tintement. Surpris par ce résultat, le chef gobelin se contenta d’un « Shleh » supplémentaire avant d’enfoncer ce qui restait de son arme dans l’épaule de Gorim.

        Un désengagement de l’araignée plus tard et Gorim se retrouva à devoir placer une de ses mains sur sa blessure qui saignait un peu trop à son goût. Fichu chanceux de grobi, le moment où il arriverait à lui mettre son marteau dessus… Mais ce dernier gardait ses distances, se contentant de fourrager en toute hâte dans ses affaires pour enfin tirer un coutelas vaguement aiguisé. Montrant son dernier jouet avec une grande fierté sadique, le chef gobelin recadra son regard sur sa victime du jour et sourit abondamment.

        « Eh bah viens saloperie de grobi ! tonna Gorim. Viens que je te montre mon arme de plus près ! »

        Et ce fut avec un nouveau « Shleh » grandiloquent que le chef gobelin envoya sa monture en avant, cette dernière poussant un sifflement glaçant en avançant à toutes jambes en cliquetant sur la roche. Gorim savait que même s’il arrivait à toucher le gobelin, l’araignée le toucherait de plein fouet, et inversement. C’était mal barré. Mais un Grandmarteau ne baissait pas les bras, non, il les levait. Et ce afin que ledit marteau fasse son œuvre.

        Une fois à portée, le chevaucheur gobelin emplumé sauta avec son horrible bestiole, toutes armes et mandibules dehors. Gorim leva son arme et ferma les yeux de rage.

        Mais au lieu de l’impact froid du métal, ce fut un souffle chaud qui accueillit le nain. Le souffle d’un boulet de canon bien placé et le « shl… ? » aussi bref que comique d’un chef gobelin qui venait de se faire faucher au vol.

        Encore un peu abasourdi par ce qui venait de se passer, il fallut quelques secondes à Gorim pour comprendre que la deuxième position d’artillerie avait aperçu ce qui se passait de leur côté et s’était mise à répliquer en conséquence. Leur chef disparu, le reste des araignées partirent en débandade presque aussitôt devant les haches vengeresses des Grandmarteau et des artilleurs qui étaient venus chercher Gorim pour le ramener dans la formation et s’occuper de sa blessure.



* * *


        À la surface, les peaux-vertes, bien qu’en sous-nombre et pris en tenailles entre la ligne de front et les troupes embusquées, se battaient comme des beaux diables envers et contre tout. En un sens, il est difficile de vouloir fuir lorsqu’on ne peut pas fuir, mais il fallait dire que les orques restaient néanmoins… plutôt bien organisés, pour leur standards habituels. Sur l’aile gauche du front, la garde rapprochée du grand chef orque, particulièrement galvanisée par leur général, avaient enfoncé le régiment nain qui leur avait fait face avec une haine toute particulière, et menaçaient d’avancer encore plus, offrant une tête de pont pour ceux qui les suivaient.

        Sur le flanc gauche en revanche, où les gobelins étaient majoritaires, les peaux-vertes perdaient en moral et en cohésion, offrant un travail plus facile aux nains et aux impériaux, sous la direction, et sous les prières de bataille, de l’Archidiacre Jean Coteas. Ce dernier, à la tête d’un régiment impérial bien décidé à montrer aux nains de quel bois ils se chauffaient, était bien occupé à décimer un par un les chevaucheurs de sangliers qui les avaient chargés. L’accueil ayant été réglé par les hallebardiers et les lanciers qui avaient formé les premiers rangs de la troupe, limitant l’impact de l’assaut, Coteas et le reste des guerriers étaient tombés à bras raccourcis sur les orques.

        Le nuage de poussière soulevé par la charge, accompagné de la fumée des tirs des machines naines derrière eux avaient plongé la troupe dans un brouillard plus qu’épais, mais les combattants environnants se ralliaient à la forte voix de l’Archidiacre. Ils n’étaient pas les seuls. Alors même que le marteau de Coteas allait s’abattre sur le dernier chevaucheur, l’orque fut soufflé net sous ses yeux par ce qui se révéla l’énorme massue d’un troll tout aussi gigantesque qui titubait plus qu’il ne marchait, s’étant visiblement déjà taillé un chemin sanglant entre nains, impériaux et peaux-vertes sans aucune discrimination. sur ses talons, deux autres trolls de taille plus… conventionnelle se jetèrent sans plus attendre sur le détachement impérial. Le grand troll, lui, tenta de frapper l’archidiacre, et ce dernier esquiva au dernier moment la massue rudimentaire. Des touffes d’herbes volèrent dans tous les sens lorsque l’arme frappa le sol avec force.

        “Ne faiblissez pas, mes ouailles ! s’écria Coteas d’une voix encore plus forte que le troll devant lui, ce qui prit la bête par surprise. La flamme vengeresse de Sigmar brûlera ses monstres impies comme il l’a toujours fait à travers ma main !”

        Et, pour lier le geste à la parole, le marteau s’abattit sur le genou du troll, broyant les os comme du bois vert et forçant la bête à ployer. Même à genoux, la tête hurlant de douleur de cette dernière n’arrivait pas au niveau de celle de l’Archidiacre, ce qui ne l’empêcha pas de l’atteindre en pleine mâchoire d’un second coup de son marteau, envoyant la tête du troll partir en arrière avec violence.

        Alors qu’il allait se tourner vers les deux autres trolls qui s’en prenaient à ses hommes, le regard de Coteas remarqua au dernier moment que le troll… redressait la tête, ses deux yeux le fixant avec une méchanceté bestiale. Sa mâchoire inférieure, qui pendait mollement, presque entièrement broyée, commença alors soudainement à se reformer avec force craquements étouffés, et le troll se remit sur ses pieds. Ses deux genoux parfaitement intacts, il toisa Coteas de toute sa hauteur.

        “Régénère donc ça, créature infâme !” s’écria ce dernier en retour.

        Et il frappa à nouveau la mâchoire avant qu’elle ne se reforme entièrement. Mais le troll s’apprêtait à frapper lui aussi, et ce fut son épaule qui réceptionna le coup, lui arrachant un grognement. La masse s’abattit sur le flanc de l’archidiacre avec sûrement moins de force que prévu, mais la douleur manqua de le faire ployer.

        “Sigmar, guide mon marteau, par ta juste fureur !”

        Le marteau fila à nouveau, mais le troll encaissa le choc de plein fouet, l’arme s’enfonçant dans son estomac bedonnant…

        “BLAAAAAAAAAAAARGH !!!” fut son unique réponse, et un généreux flot de vomi s’abattit sur l’archidiacre, l’aveuglant sous la matière brûlante et, surtout, extrêmement malodorante. Alors qu’il tentait d’enlever le fluide infâme de son visage, Coteas entendit un nouveau hurlement et sentit quelque chose percuter son côté, faisant décoller ses pieds du sol. Après avoir volé un court instant qui lui sembla durer une éternité, il termina sa course avec un grand choc contre son crâne chauve et perdit connaissance.

        Alors qu’un des deux autres trolls venait de périr sous les coups de ses “ouailles”, la vue de l’archidiacre s’envolant comme une marionnette à qui on aurait coupé les fils fit s’arrêter tous les impériaux. Lorsque le troll gigantesque fit disparaître le torse d’un de leurs camarades avant de briser les jambes d’un second, le tout d’un seul revers de sa massue, le moral des impériaux finit de disparaître, et la troupe abandonna toute forme de cohésion pour fuir les bêtes enragées.

        Ces dernières s’arrêtèrent un moment devant le chemin qui se dégageait devant eux, leurs cerveaux limités réfléchissant aux différentes victimes à choisir. Mais les canons nains tiraient par dessus le gros des combats vers le campement orque qui vomissait encore des troupes par intermittence, et le vacarme les empêchait de se concentrer.

        Beuglant un coup pour la bonne mesure, le troll pointa sa massue contre les machines de guerre concernées avant de se lancer à l’assaut de la pente qui les séparait. La voie ayant été dégagée par la fuite des impériaux qui avaient gardé la ligne, le second troll était derrière lui.

        Ce faisant, ils se séparèrent de la mêlée, qui empêchait jusque là les ingénieurs de prendre les bêtes pour cible, de peur de toucher leurs propres troupes. Un maître ingénieur beugla quelques ordres et, très vite, un premier boulet de canon explosa tout prêt des trolls. Puis un deuxième. Le doute commença à s’immiscer dans le crâne épais des bêtes. Soudainement, le grand troll vit le torse de son compagnon disparaître dans une gerbe de sang, sa tête et son bras gauche s’envolant sous le choc. Il voulut alors faire demi tour, mais un tir de canon-orgue faucha sa jambe gauche sous lui. Le troll lâcha un dernier gémissement plaintif, avant qu’un boulet de canon bien placé ne lui arrache la tête. Un bout d’oreille toucha le sol. Puis son corps décapité s’écrasa dans un choc qui fit trembler le sol.

        La charge quelque peu idiote des trolls sur les machines de guerre avait été tuée dans l’oeuf, mais le mal était fait :  le flanc droit de la ligne de front alliée avait été affaiblie par l’assaut des bêtes et la fuite du régiment de Coteas. Et les peaux-vertes n’avaient pas perdu un instant pour saisir l’avantage et reprendre un tant soit peu de contrôle sur la situation. Qui plus était, la pluie de fer et de feu ayant momentanément cessé sur le campement, de nombreux peaux-vertes en avaient profité pour dévaler la pente et se jeter à leur tour dans la mêlée, rajoutant à la confusion. En quelques instants seulement, la situation des nains et des impériaux venait de passer de bien maîtrisée à dangereusement critique.



* * *



L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 2020_012


Spoiler:
 

Traduction réalisée d'après Grudgelore, de Nick Kyme et de Gave Thorpe.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptySam 25 Jan 2020 - 15:50

* * *


        A la surface et depuis les arrières du camp des peaux-vertes, on s’activait en silence.

        Les rangers nains avaient contourné les lignes ennemis pour agir au meilleur moment. Et à force d’entendre les tirs et les divers éclats de la bataille en cours non loin, ils s’étaient convaincus qu’il était grand temps d’agir. Et ce n’était pas trop tôt, devoir attendre ainsi alors que leurs congénères mourraient aussi près les rongeait intérieurement. Mais tel était le devoir d’un ranger. Le bon moment était la clé du succès.

        Se relevant sans prévenir, le thane Dimzad sonna dans un petit cor une plainte aussi sèche que brève. Les éclaireurs n’avaient pas besoin qu’on leur rappelle ce qu’ils devaient faire.

        En face, quelques peaux-vertes encore en faction dans le camp tournèrent la tête vers cette orée de la forêt qui « sonnait bizarre », puis se prirent une volée de carreaux d’arbalètes bien sentie. A ce propos, si l’un d’entre eux était encore en vie, il aurait pu lire sur la hampe du carreau qui ornait sa tempe un simple « Attrape ».

        Tels des ombres profitant du fait que l’attention d’un peau-verte était généralement unidirectionnelle, la troupe de rangers nains fila vers le camp. Encore et toujours en silence, car il fallait que la surprise soit totale. Du point de vue des nains, plus les orques sentiraient que la situation leur échappait, plus ils décamperaient vite. Et quoi de mieux que de voir ses alliés derrière soi mourir alors qu’ils se pensaient en sécurité pour perdre pied. Après tout, le moral des troupes de peaux-vertes n’était pas vraiment réputé, et les tactiques naines savaient en profiter.

        Entrer dans le camp fut une partie de plaisir, le problème était d’y rester assez longtemps. Et cela, même Ember le comprit. Cette dernière suivait le groupe des rangers à bonne distance avec d’autres membres du régiment, plus équipés pour la courte portée. Le thane Dimzad avait été clair à ce sujet : « pas de poils-au-menton en première ligne pour bousiller le début de l’opération ».

        Tout au long de l’attente, Ember avait rongé son frein, retenant sa frustration de devoir regarder d’autres nains agir à sa place. D’ailleurs, voir les rangers nettoyer l’entrée du camp avec l’efficacité qui leur était propre n’avait pas arrangé ce sentiment. Mais maintenant qu’ils entraient, la naine savait qu’elle allait enfin pouvoir agir et elle tenait à peine en place.

        Le thane Dimzad se tenait au centre de la petite place devant l’entrée du camp, à l’écoute. Ses troupes s’étaient perchés un peu partout, sur des toits de « bâtiments » qui parsemaient le camp, sur quelques remparts et d’autres étaient tout simplement invisibles. Le piège était en place. Quand on leur fit signe, le groupe d’Ember sortit diverses haches de lancer et autres équipements de corps-à-corps et s’approcha du thane qui souriait déjà.  

        « Faites un peu de bruit et rameutez-les », indiqua-t-il simplement en retournant à son observation des lieux.

        Si la mission paraissait peu reluisante au premier abord, elle n’était pas donnée à n’importe qui. Il fallait être capable de s’infiltrer dans un camp orque toujours actif, sans véritable connaissance des lieux, survivre à une rencontre avec les habitants des lieux et en ramener assez pour que les collègues arbalétriers leur règle leur compte. Et ce, jusqu’à que les orques finissent par comprendre ce qui se passait et doivent donc envoyer des renforts à l’arrière en pensant qu’il s’agissait d’un problème plus gros qu’il ne l’était. Là encore, il faudrait survivre dans des conditions peu rassurantes avant que des renforts n’arrivent.

        Une opération qui tutoyait le suicidaire si elle était mal exécutée. Mais on parlait de nains, le méthodique, ça les connaissait.

        Le groupe d’Ember se dispersa par paires ou trios entre les bâtiments et bien vite on entendit les exclamations d’un bon nombre d’orques énervés. Quelques instants plus tard et leurs cris devinrent des gargouillis étranglés par deux ou trois carreaux dans la trachée.

        Ember, elle, était partie plus loin dans le camp avec deux autres nains qui la suivaient un peu malgré eux. On lui avait demandé de faire du bruit et elle allait faire exactement ça. Au détour de ce qui ressemblait vaguement à une tente d’armurier, les deux rangers qui accompagnait la naine lui firent signe qu’ils allaient attirer les orques en charge du ravitaillement dans ladite tente. Ember acquiesça, mais au moment de les suivre, un son attira son attention : un grognement sourd. Pas celui d’un peau-verte ou d’un sanglier, non quelque chose de plus gros. Et des chaînes.

        Un sourire aux lèvres, Ember faussa compagnie à ses camarades et s’en alla vers un cercle massif de palissades à moitié enterré dans le sol non loin. Il ne fallut pas longtemps à la naine pour se trouver un point d’observation sur la structure improbable. En contrebas se trouvaient deux orques tout de cuir vêtus, et une wyverne peu amène encore enchaînée. Cette dernière mâchonnait un lien métallique avec insistance, le poison qui coulait de sa bouche en abondance sifflant sur l’acier.

        « Eul’ chef veut sa monture ! » lança le premier alors qu’il arrivait en courant dans l’enceinte.

        Le deuxième, un garde à n’en pas douter, réalisa qu’il avait intérêt à se dépêcher sous peine de finir sur la route du kikoup du boss. Et il fila vers la bête ailée qui s’agitait déjà en tirant sur ses chaînes d’impatience. Il fallait croire que le vacarme de la bataille avait attisé la lueur malsaine qui brillait dans ses yeux.

        Depuis son perchoir, Ember, elle, eut une idée.

        « Dépêch’toi ‘spèce de zog ! cracha à nouveau le premier alors que le second orque évitait de peu un coup de mâchoire.
        — J’aim’rais t’y voir ! L’a envie de mordr’ aujour… »

        Le deuxième orque ne put finir sa phrase, la ponctuation finale ayant été amenée sous la forme d’une hache de lancer naine. La wyverne, dont la moitié des chaines avait été enlevée, et ainsi alléché par l’odeur du sang, se jeta sur le cadavre du pauvre orque sans ménagement. Dans sa furie, les pauvres liens qui restaient rompirent les uns après les autres, envoyant des anneaux grossiers et des échardes de bois en tout sens. Avec un rugissement qui envoya quelques viscères se perdre dans les environs, la wyverne indiqua sa joie avant de fondre sur le premier orque alors en fuite. Il n’alla pas bien loin.

        Ember, de son côté, se réjouissait un tant soit peu de sa petite blague. Elle rigola moins en revanche quand elle remarqua que la wyverne la regardait elle. Apparemment, sa cachette n’était pas si bonne que ça en fin de compte.

        Dans un saut beaucoup trop rapide pour que la naine l’esquive, le monstre enfonça tout son poids sur la palissade en dessous de la naine qui perdit l’équilibre et tomba dans la « cage » en se réceptionnant avec une roulade à peu près maîtrisée. La bête, un brin sonnée par le choc, n’arriva pas à l’attraper au vol et s’effondra de manière grotesque non loin.

        Ne voulant pas perdre de temps, Ember se mit en garde, arme devant et tenta de trouver une solution à son problème plutôt pressant. Pour le moment, la wyverne s’ébrouait pour retrouver ses esprits et passait sa langue noirâtre sur ses babines, cassant un morceau d’os récemment coincé là dans un craquement sinistre.

        « Bon, comment est-ce que je te gère toi… » marmonna une Ember progressivement de plus en plus inquiète.

        La wyverne répondit avec un hurlement tonitruant qui envoya un bon nombre de gouttelettes d’acide en tout sens. La naine eu alors l’idée de commencer le combat à cet instant. Et ce, avec sa méthode habituelle. La vouivre eu alors le plaisir de voir son cri être noyé dans un torrent de flammes qu’elle n’attendait certainement pas.

        Aveuglée, et la bouche gravement brûlée, le monstre siffla de douleur et fracassa son visage sur les palissades environnantes. Terrifiée par ce feu qui lui causait tant de mal, la bête fila même en dehors de son enclos avec sa démarche de serpent épileptique, renversant plusieurs orques venus voir ce qui passait dans le même temps. La vue d’une wyverne au visage à moitié carbonisé, hurlant à la mort et broyant tout sur son chemin, suffit à renvoyer les quelques badauds orques là d’où ils venaient en toute urgence.

        Mais bien vite, Ember réalisa que sa solution temporaire, bien qu’efficace, était justement temporaire.

        En effet, une fois que la bête eut fini de se frotter violemment la tête sur le sol, elle réalisa aussi que ses crochets à poison avaient été douloureusement brûlés dans le même temps. Ce fut alors une wyverne très en colère qui regarda Ember de ses yeux meurtris. Et il ne fallut pas longtemps avant que la bête ne fonde sur la naine qui tentait de retourner vers les rangers.

        Voyant que sa course était bien trop lente, Ember fit volte-face et tenta de réceptionner le lézard surdimensionné au visage avec sa hache. Son coup fit bien mouche, mais si la douleur dévia bel et bien l’assaut du monstre ailé, cela ne l’empêcha pas de balayer la combattante d’un coup de queue revanchard. Ayant perdu ses appuis, Ember mangea quelques poignées de terre avant de tenter de se remettre debout. Pas assez vite malheureusement, car la wyverne, qui s’était remise de ses émotions, coupa court au duel d’un coup d’aile qui fit reculer Ember sur plusieurs mètres.

        Ayant définitivement entendu quelque chose se briser sous son armure, la naine, sonnée par la violence du coup, eu bien du mal à se relever. Mais elle se releva quand même, car il aurait été idiot d’être allé jusqu’ici pour abandonner au dernier moment. La wyverne vit cela, ou presque ses yeux n’étaient plus ce qu’ils étaient, et chargea dans un sifflement qui tenait presque de la plainte alors que ses écailles boursouflées crachaient du sang et de la terre.

        Puis un carreau lui perça le flanc, un autre le cou et un dernier son aile droite, stoppant sa charge dans un nouveau hurlement. Frustrée par cette souffrance insupportable, la bête prit la seule solution valide et s’enfuit en s’envolant. Quelques carreaux supplémentaires vinrent s’assurer qu’elle ne redescendrait pas de sitôt.

        Surprise par cette intervention, Ember, dont la vision se troublait déjà, aperçu brièvement quelques rangers nains qui couraient vers elle avant de sombrer.



* * *



        “Marteliers, avec moi !”

        Même dans le chaos de la mêlée, l’ordre de Heimar, capitaine de la garde royale, retentit comme un coup de fouet. Immédiatement, un court son de cor vint confirmer ledit ordre. Lentement mais sûrement, comme un glacier descendant inévitablement le long de la montagne, le régiment d’élite nain se détacha de la ligne naine. En leur centre, sous bonne garde, Harfni Hrotgarsson grommellait régulièrement comme quoi on ne le laissait pas tester son marteau contre les peaux-vertes. Mais il était hors de question qu’on laisse s’approcher de lui le moindre grobi avant qu’ils n’atteignent le grand pilier, ordre du roi. Et Thuringar avait été clair sur le fait qu’on ne discuterait pas cet ordre. Sous aucun prétexte.

        Pour faciliter l’avancée de la tête de pont, les machines de guerre naines concentrèrent leurs tirs sur la marée de gobelins qui faisait directement face aux marteliers. Dans le régiment, ceux des rangs de l’arrière regardèrent passer non sans une certaine inquiétude les longues langues de poix incandescente des canons à flammes. La manoeuvre était risquée : une mauvaise calibration de la part des artilleurs et ce serait leurs propres troupes qui s’embraseraient. Mais le Chef de la Guilde Volund et ses meilleurs ingénieurs étaient parfaitement conscients de la situation : ils ne failliraient pas. Et maintenant que les araignées avaient été mises en fuite, plus rien n’empêchait les artilleurs de se concentrer pleinement sur leur tâche.

        Les défenses naines ne restaient pas en reste, même sans le support des machines de guerre. Sur les flancs, les brise-fer s’étaient déployés en première ligne, et faisaient montre de leur routine ô combien efficace. En un sens, ce genre de combats, ils les vivaient presque tous les mois. Les gobelins s’écrasaient en masse contre le mur inflexible des boucliers de gromril, pressés par leurs pairs à l’arrière qui eux aussi voulaient leur part du combat.

        Les haches des brise-fer tombaient sans répit. Des coups rapides, précis. Économiques. Dépenser le moins d’énergie tout en étant le plus mortel possible. Le tout dans un silence qui en devenait presque effrayant. Il n’y avait pas de place pour les insultes et les cris quand on économisait son souffle. De temps un autre, un ordre aboyé par un capitaine de régiment venait briser ce mutisme, et soudainement, les gobelins étaient violemment repoussés par de grands coups de boucliers, et le mur de gromril s’ouvrait enfin.

        Pour laisser opérer les dracs de fer.

        Les langues de feu jaillissant des drakkthrundi, comme on les appelait dans la langue naine, illuminaient alors la scène des peaux-vertes qui piétinaient leurs camarades, alors renversés par les boucliers, brûlés vifs en pleine charge. Leurs cris se mêlaient au bruit des flammes tout comme leurs chairs fondues se mêlaient avec leur vêtement en se consumant. Puis la salve s’arrêtait, et les dracs de fer se retiraient entre les brise-fer, qui refermaient le mur de bouclier. Sous les yeux des gobelins survivants, la fumée à l’odeur infâme de chair carbonisée se dissipait et révélait le mur de boucliers à nouveau en place, les guerriers nains toisant les peaux-vertes en silence sous leurs masques impassibles.

        Cela n’empêchait pas aux gobelins fraîchement débarqués sur le devant des lignes de se lancer sur eux sans hésiter. Après tout, se disaient à eux-même les gobelins, ils pourraient bien être ceux à faire tomber le mur et à ramasser toute la gloire, sur les corps brûlés de leurs camarades. Cela prendrait le temps qu’il faudrait. Il y avait une poignée de nains, quelques réservoirs de poix pour les dracs de fer. Les gobelins, eux, étaient des milliers.

        Quelqu’un au milieu des lignes gobelines devait s’être fait la réflexion que la force brute (restant, il fallait l’admettre, très limitée) des guerriers gobelins ne serait pas suffisante pour briser la défense naine. Car très bientôt, depuis le fond de la caverne, une étrange lueur se mit à luire. Couvrant le bruit de la masse grouillante, le son d’une incantation suivant une mélodie tribale se fit entendre.

        Dans un craquement sonore, un éclair jaillit de la masse gobeline, fusa en craquant au dessus du gros de leurs lignes pour foncer vers les brise-fer et… au dernier moment, alors que la foudre magique allait survoler les premiers nains, le trait enchanté vira de bord pour se diriger vers les marteliers. Plus principalement Hrafni Hrotgarsson, qui regarda l’éclair foncer vers lui sans sourciller. La foudre sembla alors perdre soudainement en intensité en approchant le nain, jusqu’à ce qu’elle ne disparaisse dans un “pouf” ridicule à quelques pas de lui.

        Hrafni afficha un rictus dédaigneux en grommelant une insulte au shaman dans sa barbe. Foi de seigneur des runes, il n’allait pas laisser un seul sort passer.

        Justement, sa moustache se frisa alors qu’il sentait l’énergie magique qui l’entourait se réveiller, alors que les incantations reprenaient de plus belle à l’arrière. Visiblement, le sorcier gobelin venait de recentrer son attention sur lui. Roulant des épaules, Hrafni barda son esprit d’acier.

        L’attaque du shaman fut bien plus violente que ce à quoi il ne s’attendait, alors que son chant s’arrêtait sur une note stridente, une dizaine de coutelas éthérés se matérialisèrent autour du seigneur des runes, fondant sur lui sans attendre. Si quelques uns se dissolvèrent en approchant le nain, d’autres purent s’enfoncer dans sa peau à diverses profondeurs avant de disparaître.

        Les marteliers à côté de lui poussèrent des cris en voyant l’ancêtre vivant tituber sous des couteaux apparus de nulle part. Mais le vieux nain se redressa, une expression de haine sur le visage.

        “Le fils de kruti… je vais lui briser son esprit, il va voir…” Et il repoussa violemment les deux guerriers qui s’étaient avancés pour le soutenir. “Écartez-vous, c’est entre ce sorcier et moi.”

        Une fumée verte s’échappa soudain du sol sous leurs pieds, mais le seigneur des runes frappa la pierre de son marteau et l’une des amulettes qui y pendait s’embrasa. Le chant du shaman s’arrêta un instant, et la brume comme fut soufflée par un vent inexistant.

        “J’ai plus d’un tour dans mon sac, Varrkhulg” siffla Hrafni entre ses dents serrées.

        Les énergies magiques se rassemblèrent encore une fois, et les marteliers accompagnant l’ancêtre sentirent leurs poils de barbe se dresser. Des grésillements se firent entendre tout autour d’eux, et l’air se mit soudain à onduler comme sous une grande chaleur, dessinant une sphère presque parfaite entourant Hrafni. Le shaman, visiblement, allait tenter de passer en force. Les éclairs fusèrent alors, claquant comme des fouets au dessus des têtes. Un, puis deux, puis trois, puis dix… les marteliers qui regardaient l’étonnant spectacle perdirent le compte. Tous étaient dirigés contre le vieux nain, qui faisait de son mieux pour les contenir. Ils disparaissaient avant même de le toucher, rebondissaient sur sa peau avant de s’enfoncer dans le sol, où était absorbés par les innombrables colliers, fermoirs de barbes et autres bibelots que portait le vénérable ancien, qui lui était tout absorbé par sa méditation.

        De l’autre côté de la grotte, le shaman se délectait de sa future victoire, faisant pleuvoir les énergies aethyriques sur le nain, caquetant de rire et dansant sur place sous le plaisir que cela lui procurait : ce n’était plus qu’une question temps avant que le vioque ne craq… Soudain, ses yeux s’exorbitèrent. Quelque chose approchait. Quelque chose de gros. De dangereux. Qui siphonnait les vents de magie comme l’eau entrainée dans un tourbillon, impitoyable. Omniprésent. Et avide de l’aspirer également.

        Le sorcier émit un glapissement de peur alors qu’il sentit son âme basculer au bord du gouffre qui s’avançait dans l’éther, et il incanta avec précipitation. Dans un nuage vert et nauséabond qui fit tourner de l’oeil ses gardes, il disparut instantanément, réapparaissant plus loin dans la caverne, bien à l’écart de … la chose qui avait failli l’avaler.

        Complètement paniqué, il balbutia un sort ayant pour but de divertir l’attention de son ennemi : un champignon verdâtre se matérialisa au-dessus des marteliers, qui avaient momentanément arrêté leur avancée dans les lignes gobelines. L’image éthérée perdit bientôt forme, et descendit en un brouillard épais et nauséabond sur les nains, les faisant tousser et brûlant leurs yeux. Mais, comme si une main gigantesque venait de les balayer, les volutes de fumées se dissipèrent. Le shaman gobelin vit distinctement les vents de magie se faire aspirer par le vieux nain, et y disparaître, comme s’ils n’avaient jamais existé. Seule une partie orbitait encore autour du seigneur des runes, mais elle était martelée, captive, hors la portée du shaman, entourant les armes des guerriers nains d’un feu ardent qui les chauffait au rouge et que seul lui, sorcier, pouvait voir.

        Il incanta d’autres sorts, mais il balbutiait en panique, et ses doigts crépitèrent au lieu de lancer des éclairs, de la fumée sortit de ses oreilles au lieu de plonger l’esprit du nain dans le chaos, et il faillit s’étaler de tout son long pendant sa danse rituelle.

        Soudain, ses yeux se rivèrent sur le vieux nain. Et il savait que ce dernier le fixait lui aussi. Il essaya de lui soustraire son regard, mais il n’y parvint pas. C’était comme s’il était attiré par ce dernier, tiré vers lui. Lorsqu’il se rendit compte de ce qu’il lui arrivait, il était trop tard. Lié aux vents de magie qu’il manipulait, il sentit son esprit s’évader de son corps. Paniquant intérieurement, il tenta de résister à l’attraction de toute ses forces, mais en vain. Son corps immobile était le témoin impuissant de cette lutte intérieure.

        L’un des gobelins à côté de lui s’inquiéta d’ailleurs du manque de mouvements du shaman. Au bout d’un moment, il finit par se décider à lui tapoter doucement le dos, n’osant trop déranger le sorcier de peur de subir les affres d’une quelconque malédiction. Mais il n’en fut pas ainsi, car le shaman bascula en avant, et quand il roula sur le côté, le guerrier gobelin put voir l’expression figée de terreur du sorcier, ses yeux révulsés aux veines éclatées, et de la mousse de bave dégoulinant le long de sa langue exsangue et pendante. Il respirait toujours, mais seulement par automatisme. À l’intérieur, il n’était plus qu’une coquille vide.

        La phalange des marteliers reprit son avancée, lente mais meurtrière, dans les rangs gobelins. Au milieu d’eux, le vieux seigneur des runes marchait lentement. Tous ses muscles étaient luisants de sueur, et sa barbe fumait aux extrémités. Mais il souriait. Il n’avait pas combattu un sorcier depuis près d’un siècle, mais il n’avait visiblement pas perdu. Oh non. L’inverse même.

        Un bruit étrange fit se retourner un des marteliers. Un bruit sourd, comme une espèce de hoquet, mais guttural, rocheux même. Il comprit alors que Hrafni riait, en voyant sa tête tressauter. Et c’était presque terrifiant. Le guerrier vétéran en frissona, et préféra retourner se concentrer à taper sur du grobi. C’était bien plus rassurant que ce qu’il venait de voir.



* * *



        La charge inattendue des orques dans la brèche créée par les trolls prit les nains et les humains de court. Mais pendant un temps seulement. Beuglant un chant guerrier, la chorale des montagnes itinérantes se regroupa autour de Jandrom, qui chargea le régiment d’élite avec à sa suite sa famille, ses amis, et tous ses proches. Galvanisés par la musique, qui couvrait à présent celle des tambours de guerre, les guerriers firent front avec une hargne renouvelée. « À moiiiiiii ! » Hurla le maestro en écrasant son marteau sur la tempe d’un premier orque, lui brisant la nuque du même coup. Les peaux-vertes, surpris par la vigueur renouvelée de la résistance autour d’eux, ne perdirent pas leur férocité pour autant, et les coups pleuvaient des deux côtés. Apparut le grand chef orque dont la garde rapprochée continuait de mener un rude combat dans l’aile gauche de la formation alliée. L’espace d’un instant, Jandrom se demanda si ce n’était pas lui qui avait lâché les trolls sur l’aile droite pour y renverser le cours de la situation, tout en laissant sa garde continuer le travail de l’autre côté.

        Mais il n’eut pas le temps de se questionner plus longtemps sur les stratégies étrangement peu douteuses du chef de guerre : d’un revers de son énorme hache, ce dernier venait de faire s’envoler le nain qui l’affrontait, le contre-ténor de la chorale, en lui ouvrant le torse de bas en haut. À cette vue, Jandrom avait blêmit, et maintenant serrait les dents.

        On ne tuait pas sa famille impunément. Ça non !

        « Uzkuuuul ! » cria-t-il en chargeant à nouveau, ayant la ferme intention de pourfendre cette immonde créature. Quelques orques tentèrent de s’interposer, mais il les écarta de grands moulinets de son arme, et finit par atteindre leur chef, le visage déformé par la rage, alors que ce dernier poussait lui aussi des beuglements parfaitement inhumains.

        « Prend ça, espèce d’abomination ! »

        L’attaque de Jandrom atteignit l’orque en plein visage, lui enfonçant la mâchoire, qui émit un craquement horrible. Hurlant de douleur, l’orque recula, tout en faisant de grands gestes avec sa hache pour empêcher Jandrom d’approcher. Le maestro raffermit la poigne sur son marteau et se prépara à nouveau à frapper, mais quand l’orque se tourna à nouveau vers lui, plusieurs dents manquant dans sa bouche, le nain eut presque un mouvement de recul.

        La haine qui brillait dans les yeux du peau-verte criait au meurtre.

        « WAAAAAAAAAAAAAAGH !!!!! »

        L’orque partit à l’assaut, la hache levée, et se jeta sur Jandrom. Ce dernier l’accueillit avec un moulinet de son marteau, mais le chef bloqua l’arme au dernier moment avec le manche de la sienne, et asséna un coup de pied d’une violence phénoménale au maestro, qui sentit ses pieds décoller du sol. Une seconde plus tard, il s’écrasait au sol, sa barbe rousse désormais couverte de terre. Mais la haine de l’orque était telle qu’il ne s’arrêta pas là. Alors qu’il tentait de se relever, Jandrom vit son adversaire le charger, les yeux exorbités de rage. Un ou deux combattants humains tentèrent de lui barrer la route, mais il les repoussa comme s’ils étaient autant de fétus de paille. L’orque souhaitait le trancher en deux, c’était l’évidence même.

        Lâchant son marteau, Jandrom laissa parler son expérience de combat des rues, et alors que l’orque parvenait à sa hauteur, il se décala au dernier moment et roula sous ses jambes. La créature se retourna, essayant de lui mettre un coup de coude, mais le nain, grognant de rage, s’accrocha au bras et bloqua le coup. Cependant, ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que l’orque parviendrait à le soulever. D’un grand mouvement circulaire, le chef orque projeta à nouveau Jandrom dans les airs. Cette fois-ci, le nain atterrit une dizaine de mètres plus loin, prêt des positions d’artillerie, et la violence du choc le fit sombrer dans l’inconscience.


* * *



L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 2020_013


Spoiler:
 

Traduction réalisée d'après Grudgelore, de Nick Kyme et de Gave Thorpe.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyLun 27 Jan 2020 - 15:21

* * *


        Alors que la poussée des marteliers dans les lignes gobelines approchaient Hrafni de sa cible, un vent de panique commença à souffler sur le moral des troupes peaux-vertes. Déjà que leur sorcier venait de griller sur place sans raison apparente et que leur assaut sur l’artillerie n’avait eu qu’un effet limité, les gobelins commençaient un peu à douter de leurs chances. Et ce, malgré leur surnombre toujours évident.

        Il n’en fallait pas plus pour Ghac, Eul’ Grand Patron du Cout’las comme ses troupes l’appelaient, pour arriver à la rescousse de ses troupes inquiètes. Tout armuré de pied en cap avec des bouts de métal de tailles et origines diverses, il était aussi sympathique qu’un squig qui croustillait sous la dent. Ainsi, il passa plusieurs minutes à déambuler derrière les lignes, égorgeant plusieurs de ses congénères qui avaient eu le malheur de regarder ailleurs que vers la ligne naine. Le tout fut agrémenté de quelques :

        « Allé ! On charge tou’ droit ! Tu r’cules ? C’est ma lame qui t’en… » Vous avez compris l’idée.

        Fort de cette motivation imposée, les troupes gobelines tentèrent de reprendre du courage en se disant qu’avec les nains en face au moins, ça pouvait être plus rapide. Les charges reprirent alors, mais surtout au centre de la formation naine, Ghac avait en effet grandement appuyé (du bout de sa lame crantée) sur le fait que « koi ki fasse les barbus, faut pas k’sa s’fasse ! ».

        Légèrement en surplomb par rapport à la bataille, Ghac lui-même visualisait l’impact de ses discours de motivations sur l’avancée de ses troupes. Certes, la percée des barbus à marteaux continuait son avancée, mais malgré les éventuelles semi-explosions de marteaux runiques, ils commençaient à ralentir. Encore un peu plus de troupes et ils arriveraient à les arrêter. Mieux encore, à les encercler. Plus les barbus avançaient, plus ils se séparaient de leurs lignes et plus ils étaient vulnérables.

        Souriant ainsi de toutes ses dents inutilement aiguisées, Ghac indiqua d’un geste négligent de sa lame qu’il était temps pour les zigouillards d’entrer en jeu. Les nains épuisés allaient tomber comme des mouches face aux multiples poignards des… des… des gobelins d’élites qui n’étaient plus là ?

        Se retournant en tout sens, Ghac se demanda sérieusement ce qu’il pouvait bien se passer. A part une dizaine de gobs qui venaient de partir tout penaud, le gros de sa surprise « diskrèt » l’était tellement qu’il ne les voyait pas. Étrange, pensa-t-il alors, il les avait envoyés nettoyer quelques tunnels non loin il y a peu pour s’assurer qu’on ne les prendrait pas à revers. Justement, le déluge de flamme qui sortit du « tunnel non loin » indiqua à Ghac à quel point il s’était planté sur cette question.

        Se déversant tel une lame de fond, les brisefers envoyés pour rameuter les troupes gobelines sortirent en un groupe compact en plein dans les lignes arrière desdits gobelins. De temps à autre, un sac rempli d’explosifs sautait de la formation pour rappeler dans un flash dévastateur à leurs ennemis que la seule émotion qu’ils avaient le droit de ressentir était la peur.

        Forcément, Ghac hurla quelques ordres pour arrêter cette escouade surprise. Après avoir réalisé que hurler ne marchait pas et que poignarder quelqu’un ferait quand même un gob de moins à mettre sur la route d’une hache lui étant destinée, Ghac changea de plan. Surtout que les barbus récemment arrivé commençaient à ressembler à une escouade de la mort avançant méthodiquement dans sa direction.

        Un *paf* sourd se fit entendre à sa gauche alors qu’il tournait les talons. Ghac vit qu’il s’agissait d’un sac carré, il vit la mèche surtout. Son plongeon instinctif l’amena plus près des nains qu’il voulait fuir, mais sur le coup, éviter un souffle ravageur de flammes et de haine était plus important.

        Quand le chef gobelin se releva en clinquant en tout sens, il était face à face avec un nain. Un encapuchonné au regard froid qui n’avait pas l’air de vouloir rester prendre une soupe de champignons et tailler le bout de gras. Ah, quoi que, ce dernier détail, si, mais en plus littéral.

        « Au bout du chemin montré par Gazul, il y a la gloire de nos ancêtres, lança le nain austère en levant sa hache. Au bout du tien, il y a son épée de feu. »

        Voyant que le nain déblatérait une menace peu amène, Ghac trébucha presque en panique en tentant de récupérer le charme que le chaman lui avait refilé la dernière fois. Et ce fut au dernier moment que le chef gobelin parvint à opposer le grigri ésotérique à la hache impitoyable du nain.

        Il y eu comme un souffle qui envoya voler les deux adversaires et une lumière d’un vert que même Gork aurait trouvé un peu trop pétant. Ghac partit en roulé-boulé sur deux bons mètres. Sa main qui tenait l’artefact le lançait horriblement mais il pouvait encore la bouger. En face de lui, le prêtre nain avait à peine reculé, se protégeant derrière ses gantelets métalliques ouvragés, mais il serrait les dents. Autour d’eux les autres nains avaient formé une formation défensive, mais aucun n’agissait contre Ghac, trop occupé qu’ils étaient à garder les autres gobelins à distance.

        Se sentant en confiance, Ghac dégagea définitivement son coutelas favori et chargea sur son ennemi du jour en rigolant. Enfin, il avait quelque chose à ouvrir en deux d’un peu plus consistant. Le nain encapuchonné tenta bien de parer le coup, mais la lame glissa sur un des gantelets pour aller trouver un flanc moins bien protégé. Dans un grognement, le barbu envoya un revers de sa hache pour tenter de couper court au duel, sans succès alors que Ghac esquivait le tout sans difficulté. Le chef gobelin se permit même de reproduire son attaque précédente de l’autre côté. C’était son pêché mignon ça, voir ses cibles se vider de leur sang. Et il semblait que cela marchait, car le nain encapuchonné mit un genou à terre, lâchant son arme pour tenir son flanc nouvellement atteint.

        « Ah ah ! Fallait pas jouer avec Ghac, Grand Patron du Cout’las ! se gaussa le gobelin en s’approchant de sa victime en agitant son arme.
        — Il est plus que temps d’en finir, grogna le nain.
        — J’auré pas dit mieux ! ricana Ghac. Maint’nant bouge pas tro, fo ke jgrkfrfjff… ! »

        Ce dernier son était en fait celui d’un chef gobelin avec un canon de ratisse-rancune dans les gencives. Vorlek releva les yeux.

L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 2020_015

        « Ghac », fit Ghac.

        Il y eu une détonation sèche et c’en fut fait d’une bonne partie de l’état-major gobelin.


* * *


        Thrag Eul’troueur d’nabots tourna la tête dans toutes les directions, cherchant des yeux et du nez sa prochaine cible. Il avait été très énervé par ce nabot roux qui lui avait cassé plusieurs dents, et il entendait bien passer ses nerfs sur le premier truc venu qui choperait son attention. Autour de lui, ses kostos faisaient du bon boulot, tapant sur tout ce qui bougeait, et même ce qui ne bougeait pas. Mais c’était chaud quand-même, il fallait le reconnaître. Les nabots et les zoms se battaient bien. Sa bouche de trente centimètres grimaça en ce qui se voulait être un sourire carnassier. Il allait bien passer ses nerfs, et ensuite il pourrait s’amuser. Ouais.

        Ce fut un autre chant qui attira son attention. Les nabots ici avaient arrêté de chanter. En même temps, les chanteurs étaient soit morts soit pas loin de la mort, alors bon. Mais là, c’était un zom qui chantait. Un zom un peu plus loin, avec un casque à pompon, et qui taillait dans les ‘boyz’ en beuglant un truc qui ressemblait à :

Dans les prisons d’Helmgaaaart
Landidididoudandidididandidan
Dans les prisons d’Helmgaaaart
Y’avait un prisonnier
Y’avait un prisonnier-er

        Thrag n’avait aucune idée de ce que ce zom voulait dire, et au fond il s’en fichait bien. Le ‘bonom’ était fort, et c’était ça l’important. Attrapant sa hache à deux mains, Eul’troueur d’nabots planta son pied gauche dans le sol derrière lui tout en fléchissant les jambes, puis les détendit et fonça tel un grotesque boulet de canon vert. Un boulet de canon qui criait « WAAAAAAAAGH ! »

        En entendant ce cri, parfaitement audible malgré la cohue ambiante, Elric releva la tête après avoir tranché celle d’un orque particulièrement malpoli (il l’avait traité de ‘sale zom’, alors qu’il était très attentif à son hygiène), et s’aperçut de deux choses. La première, c’est que le chef de guerre orque était en train de foncer dans sa direction à la vitesse d’un cheval au galop - à priori, il n’était pas expert. La deuxième, c’était qu’il était semblait-il seul sur son flanc, ou presque, et qu’il ne devait pas particulièrement espérer de renfort, le reste de l’armée étant bien occupé ailleurs. Son groupe se battait bien, mais il était composé d’amateurs sans les réflexes de cohésion régimentaire, et face à cette chose ils se feraient charcuter. Se préparant à la collision, il se campa sur ses jambes, brandit son bouclier et entonna bien fort la suite de sa chanson :

Personne ne le vint l’vouère
Landidididoudandidididandidan
Personne ne le vint l’vouère
Que la fille du geôlier
La fille du geôlier-er

        Et pourtant, même en étant ainsi paré, Elric ne put rester sur ses jambes quand Thrag heurta son bouclier. Le choc qui se répercuta dans son corps lui évoqua brièvement la chute d’une lame de fond, et il rêva plus qu’il ne sentit ses pieds quitter le sol alors qu’il s’envolait sous l’impact. Un nouveau choc, amorti cette fois par les quelques touffes d’herbes encore non piétinées, et un goût de terre emplit sa bouche. Il avait atterri, et plutôt violemment. Les petits morceaux de cohérence de son esprit se réassemblèrent, et il n’eut que le temps de rouler au sol pour éviter l’attaque suivante, qui fendit le sol là où il s’était trouvé l’instant d’avant. Sa contre-attaque, qu’il porta hâtivement depuis le sol, rebondit pitoyablement sur le cuir de l’orque. En retour, celui-ci changea de tactique, et balança un magistral coup de pied au marin qui l’envoya une nouvelle fois plusieurs mètres en arrière.


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        Elric finit par se relever, profitant du fait d’avoir, cette fois, gardé ses esprits. Mais une seconde plus tard l’orque était sur lui, hurlant un « eu’jv’ai t’défoncer ! » aussi compréhensible qu’un Nordlander éméché. Mais malgré ses évidentes lacunes en matières linguistiques, le peau-verte était un adversaire redoutable, dont la taille immense et la grande portée de son arme firent reculer Elric, qui en retour ne parvenait tout simplement pas à attaquer. Le bouclier de l’humain encaissait des chocs brutaux, et s’il parvenait à en esquiver d’autres, il se sentait clairement fatiguer. Puis un son affreux retentit, un son guttural, rocailleux et saccadé, semblait-il émis par l’orque lui-même. Elric comprit alors avec horreur : la créature riait.

        Thrag riait en effet. Il riait parce qu’il s’amusait bien en fait. Clairement, ce zom était encore en vie, ouais, mais il avait pu le faire voler comme un ballon de…de quoi au juste ? Il avait une nuit rêvé avoir affronté des nabots sur un terrain vert comme lui, mais avec plein de zoms, de nabots, et d’orques comme lui, avec une balle qui volait dans tous les sens. Ç’avait été un rêve rigolo, mais pas moyen de se souvenir du nom du jeu. Bah, il s’en fichait. Faire s’envoler ce zom était tout aussi marrant, mais il fallait en finir. Il avait demandé sa vouiv’, et elle devrait arriver d’un instant à l’autre.

        Elric eut alors la désagréable vision du chef orque, toujours riant, qui franchit d’un seul pas plus rapide que les autres la distance entre eux. Thrag eut alors recours à une de ses ‘tactikes’ préférées : le ‘coud’boul’, et il écrasa sa tête sur celle du marin, faisant au passage s’envoler le casque d’Elric, qui tituba en arrière. Sa tête tournait dans tous les sens, et sa vue était brouillée, mais son cerveau réfléchissait à toute vitesse, et une seule conclusion en sortait :

        Sa dernière heure était arrivée.


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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyMer 29 Jan 2020 - 14:28

* * *

        Johannes Mikaelson décapita un énième orque de la garde du chef de guerre. Il ne comptait plus les peaux-vertes qui avaient péri sous sa lame depuis le début de la bataille. Vingt ? Trente ? Il s’en fichait royalement. Tous n’étaient de toutes façons que des êtres inférieurs, répugnants et abjects, et seulement dignes de lui servir de faire-valoir auprès de tous ces nains et de ces humains. Il était en réalité trop concentré sur ses mouvements pour faire attention à grand-chose. Il ne devait pas faire preuve de trop de rapidité, trop de force ou trop d’endurance pour ne pas passer pour ce qu’il était. Le fait d’avoir réussi à se relever après que son cheval ait été fauché avait été salué par ‘ses’ hommes, mais rien n’était jamais joué avec les humains.

        Il souhaitait affronter le chef de cette bande immonde, l’immense créature verte qui avait projeté le musicien nain roux dans les airs. Mais manque de chance, le spécimen en question avait foncé tout droit à un autre endroit, et à moins de vouloir anéantir sa couverture, il ne pourrait le retrouver avant un moment. D’autant que sa chance de tuer le chef orque semblait de plus en plus maigre, car le régiment de marteliers mené par les deux grands-prêtres nains, Brunna et Hokar, avait bifurqué pour se diriger vers lui. Quelle déveine ! De rage, il trancha le bras d’un autre orque en criant sa frustration, sans se rendre compte qu’il s’était en réalité éloigné de ses troupes, et qu’on l’observait intensément depuis ses arrières.

        Richter Ketzerfeuer était à l'affût. Sa cible était là, bien en évidence, et qui plus est seule. L’hérétique en chef, frère de l’autre (et de l’autre autre, mais celle-là, on lui règlerait son compte en temps et en heure, après les deux premiers), se trouvait devant lui. Un sourire sadique s’étendit d’une oreille à l’autre, donnant à son visage disgracieux une apparence maléfique, renforcée par son extravagante moustache. Il allait sévir, et par Sigmar, la justice allait être appliquée !

        L’épée à la main, un pistolet dans l’autre, le répurgateur se faufila entre les coups, déviant et parant ceux qui lui étaient destinés. Une grosse brute verte lui fonça dessus en beuglant, un énorme coutelas à la main. Richter lui fit sauter la tête d’un coup de feu par réflexe, avant de se maudire pour cet acte stupide. Johannes s’était retourné, et le fixait d’un regard soudain méfiant. Richter n’attendit pas, et fonça sur lui, l’épée levée, en hurlant « MEEEEEEUUUUUUUUURS ! »

        Leurs épées se croisèrent, et Johannes, totalement surpris par cette attaque, ne parvint pas à bloquer tous les coups portés par cet hurluberlu au chapeau ridicule. L’épée de Richter entailla sa joue, mais en un tour du poignet il fit de même au répurgateur, qui fronça les sourcils de fureur.

        « Mais tu vas mourir ? » cria le sigmarite. Johannes, qui ne comprenait pas ce que lui voulait cet importun, ne souhaitait pas se laisser emporter devant tant de témoins potentiels, et recula sous l’effet des coups de son adversaire inopiné. Ce dernier pressait son avantage, à tel point que, d’une habile torsion de la lame, il fasse lâcher la sienne au chef de la maison Mikaelson, qui se planta dans le sol quelques mètres plus loin.

        « Tu es à moi, hérétique en puissance, suppôt du mal, infidèle et incroyant, qui se considère au-dessus de la toute puissante justice de Sigmar, qui dans sa miséricorde… »

        Johanne cessa d’écouter le répurgateur, qui lui pointait à cet instant son épée sur le poitrail. Son sang, pourtant inerte dans son corps, bouillonnait de rage, et son visage était un masque de fureur contenue. Erhard lui avait bien parlé de cet imbécile, mais s’il avait ri sur le coup, là il en était bien loin. Cet abruti, ce trublion aux allures grotesques et au chapeau absurde, était en train de dire qu’il allait réduire à néant tous ses efforts, et ce sans aucune raison ? Mais il allait voir ce qu’il allait voir. On ne se moquait pas impunément de la famille Mikaelson, et il était temps de le montrer.

        « …et c’est en Son nom que moi, humble serviteur du Tout Puissant Sigmar, je vais exécuter la sentence… »

        Richter s’apprêta à perforer le cœur de cet hérétique en puissance, mais au moment où il bougea, ce dernier bougea aussi. Et très vite. Sa rapière, loin de percer ledit cœur, fut déviée par le gantelet de l’hérétique, et ne fit que s’enfoncer dans son flanc. Et elle le fit beaucoup moins qu’il ne l’aurait voulu, car au même instant, Johannes arma son autre bras et lui asséna une claque magistrale.

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        SBAAAAAF

        Le répurgateur tomba à la renverse, proférant un mélange de jurons, d’insultes et d’imprécations, et son chapeau s’envola. Roulant sur le dos, Richter vit que son arme était encore dans le corps de l’hérétique. Johannes le regarda au sol avec tout le mépris dont il était capable, puis sortit l’arme de son torse en grognant de douleur, et la jeta au sol, avant d’asséner bien fort :

        « Vous avez fait une terrible erreur, mein Herr. Sachez que Sigmar a toute ma ferveur, et qu’à la place d’attaquer ses fidèles sans raison, vous feriez mieux de traquer les vrais hérétiques. »

        Il avait fait exprès pour que ses hommes puissent l’entendre, ainsi que quelques nains, tout en haletant suffisamment – il l’espérait – pour paraître crédible au vu de la blessure qu’il venait de subir. Richter n’avait jamais vraiment été en odeur de sainteté parmi ses semblables – ce qui, se dit-il en savourant l’ironie, était un comble pour un serviteur de l’Eglise – et sa disgrâce ne surprendrait personne. Johannes vit avec satisfaction que des regards durs se fixèrent sur l’homme au sol, puis se détourna de lui et alla ramasser sa lame. Il avait dû utiliser sa vitesse surnaturelle pendant une demi-seconde, mais il était certain que personne ne l’avait vu. Et puis, dans tout ce chaos, qui pouvait dire ce qui s’était réellement passé ?

        Pourtant, sur la petite colline où étaient massées les pièces d’artillerie, Sybille passa sa main sur son visage en signe d’exaspération. Si Johannes survivait à cette bataille, elle le tuerait certainement elle-même…



* * *


        “Flèches ! Boucliers !”

        L’ordre claqua sèchement depuis la tête du régiment, et Hrorgosak, suivi des autres, leva immédiatement son bouclier rond. Aussitôt, le bruit sourd des flèches pleuvant sur le sien et celui de ses compagnons d’armes se fit entendre. Il y eut également un bruit plus mat, suivi d’un grognement de douleur. Ou d’un râle, rien ne pouvait être sûr dans le vacarme d’une bataille. Entendant le son, Hrorgosak serra les dents, et se jura de faire payer les grobi au centuple. Il était là avec le régiment de son clan, jeunes et moins jeunes guerrier. Et il n’était pas de ceux qui attendaient que les rancunes soient écrites dans le livre de son clan pour les venger.

        Une fois la pluie flèches passée, les gobelins lancèrent une nouvelle charge, et tous plantèrent leurs pieds en arquèrent leur dos pour les recevoir proprement : un bouclier dans les dents, suivi d’une hache dans les côtes. Une méthode largement éprouvée, et approuvée.

        Hrorgosak comptait très précisément le nombre d’ennemis qu’il avait abattu, et leur nature : lancier, lanceur de filets, champion, chef… Tout était très important, pour ratifier proprement les bonnes rancunes contre les atrocités commises par des ennemis bien précis. D’un revers de hache méprisant, il rajouta un dix-septième lancier à sa liste mentale.

        Cela dit, un cri plus strident que les autres attira son attention, et le temps qu’il tourne son immuable regard sévère dans la direction, il se retrouva à loucher sur un boulet rouillé, relié par une chaîne à un gobelin qui riait de façon incontrôlée, les lèvres dégoulinantes de bave. Le boulet passa littéralement sous le nez du longue-barbe, manquant de l’emporter. Le lancier gobelin à côté de lui n’eut pas cette chance :  dans un bruit mou, l’arme improbable s’enfonça dans son abdomen, avant de l’envoyer voler à travers la caverne. Le gobelin n’avait même pas eu le temps de comprendre ce qui lui était arrivé, encore moins de crier.

        “Fanatiiiiiques !!!” hurla-t-il à la ronde pour alerter ses compagnons d’armes qui n’aurait pas été au courant. Cela dit, à entendre les bruits du combat, il n’était pas exclu que son régiment dusse faire fasse à plusieurs de ces satanés grobi drogués. Ils allaient devoir se débrouiller sans lui : le fanatique devant lui l’attendait déjà.
        Enfin, l’attendre était un bien grand mot, puisqu’il était beaucoup trop occupé à tournoyer comme un … eh bien, comme un drogué décérébré, en l’occurrence dopé aux champignons hallucinogènes, pour se concentrer sur une cible précise. Hrorgosak s’était simplement trouvé sur son chemin par les voies du hasard.

        (NDA : Plutôt par les voies de Gork et Mork. Quoiqu’il n’est pas improbable que Ranald puisse trouver fort amusant d’envoyer des fanatiques gobelins de la nuit çà et là dans le Vieux Monde. Mais, pour des raisons de sécurité impliquant de ne pas devenir la cible d’un tel caprice du dieu des bonnes… et moins bonnes… farces, les auteurs n’en diront pas plus.)

        Le problème était que pour tuer un fanatique, il fallait l’approcher. C’est-à-dire se mettre à portée du boulet tourbillonnant à grande vitesse à l’autre bout de la chaîne. Il fallait donc avoir soit beaucoup d’adresse, soit beaucoup de chance.


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        “... saloperie de %?!&\'-#* !” s’exclama Hrorgosak.

        Il avait visiblement de la chance. Pas assez pour atteindre le gobelin, mais suffisamment pour que le boulet se contente de lui arracher son bouclier, sans emporter le bras avec. Sahar, sa fidèle hache, n’avait elle brassé que du vent.

        Ça s’annonçait bien.

        Alors qu’il esquivait in extremis un nouveau passage du boulet, s’en tirant avec une énième rayure sur le plastron de son armure, il vit un courte barbe tenter de prendre le gobelin à revers. Mais, à la différence de tout ennemi, disons, classique, on prend difficilement un fanatique à revers, puisqu’il est constamment en rotation. Du fait, il en va de même du boulet. Ainsi, avant que Hrorgosak ne puisse crier, il vit la tête du jeune nain disparaître dans une gerbe de sang alors que des poils de sa barbe étaient emporté par l’arme tourbillonnante. La riposte rageuse du longue-barbe fut déviée par les chaînes volant autour du gobelin, de même que son cri de rage fut couvert par le rire caquetant du grobi.

        Hrorgosak serra les dents. Il allait en finir ! La chaine le fouetta à nouveau, cette fois au visage, faisant couler le sang sur sa joue, mais il n’en eut cure. Sahar frappa à nouveau, et cette fois elle versa le sang épais et noirâtre du gobelin, déchirant son flanc.

        Mais le fanatique semblait insensible à la douleur, et il continua à tourbillonner, en titubant un peu plus certes, en entraînant son infernal boulet avec lui. Boulet qui fila cette fois droit sur Hrorgosak. Jurant, le vieux nain dressa son bras gauche par réflexe, avant de se rappeler qu’il n’avait plus son bouclier.

        Pas le temps de jurer. Hrorgosak plongea en avant, senti son épaule gauche encaisser le coup, senti l’armure plier et ses muscles hurler de douleur… mais le boulet fut dévié, et ne le heurta pas plus loin. Son bras n’était que douleur, mais il était vivant. Et à portée du fanatique.

        Il n’y avait pas de temps à perdre, avant que le boulet ne revienne à la charge, et le regard vengeur du nain transperça le gobelin.

        “Tourne autour de ça, fils de kruti !”

        Sahar trancha net le bras du gobelin, lui faisant lâcher le boulet qui finit dans la masse des peaux-vertes après un vol plané, emportant avec lui le membre amputé qui tenait toujours fermement les chaînes. Le fanatique tournoya encore quelques instant dans le vite, l’air un peu confus, aspergeant le sol du sang s’échappant avec profusion de son moignon, avant de perdre son élan et de s’étaler face contre terre sur la pierre froide, pour ne plus y bouger.

        Hrorgosak ne s’attarda pas longtemps devant le cadavre du grobi, et s’affaira à renfiler son bouclier sur son bras gauche, ne serait-ce que pour le protéger de nouveaux coups à sa blessure, à défaut de pouvoir le manier correctement. Il se retourna vers le gros du combat, mené par son régiment, et grogna dans sa barbe. Grungni lui soit témoin : il restait beaucoup à faire, et il entendait bien être de retour à la brasserie pour sa bière du soir.



* * *



        Elric ferma les yeux et adressa une rapide prière à Manaan, juste le temps de dire que, finalement, il s’était bien amusé, et se prépara à l’inévitable.

        Qui vint sous une forme imprévue.

        Il ressentit un choc, ça oui, mais venant de sa droite. Et ce n’était pas une hache, mais un genre d’épaule, qui le fit – encore – tomber. Puis il entendit un intense bruit métallique, et un grognement de frustration.

        Elric ouvrit les yeux, et s’aperçut que le grand chef orque était désormais penché sur une autre silhouette, qui bloquait la hache avec deux épées entrecroisées. Encore sonné, il ne put bredouiller autre chose qu’un « Miklsn… » pâteux, mais son esprit avait parfaitement reconnu son sauveur : Erhard Mikaelson.

        Thrag Eul’troueur d’nabots, lui, était en colère. À nouveau. On lui prenait son ‘pass-ner’, et celui qu’il avait devant lui ne semblait pas du tout être un rigolo. C’était aussi un zom, pas de doute, mais il n’avait pas l’air de s’amuser. Pourtant, Thrag devait bien reconnaître qu’il avait de la force, parce que c’était pas souvent qu’un zom pouvait bloquer sa hache comme ça. Mais ça n’allait pas l’empêcher de faire de la bouillie de ce petit zom aux cheveux noirs. Ça allait lui apprendre à se mettre entre lui et son pass-ner. Ouais.

        Thrag rompit l’assaut en retirant sa hache, puis, poussant un grognement guttural, il partit dans un enchaînement de grands moulinets qui firent reculer le pas-rigolo. Mais pas assez vite, parce qu’une gerbe de sang jaillit de son flanc. Thrag grogna à nouveau, de plaisir cette fois, mais on ne faisait plus très bien la différence. Pourtant, à sa grande surprise, le zom lui faisait toujours face, sans sourciller. L’orque était interloqué. C’était clairement un dur-à-kuir celui-là.

        Erhard soutint le regard de l’orque, qui s’était arrêté un court instant. Puis la créature repartit à l’assaut, mais cette-fois imitée par le vampire. Ce dernier se coula sous la hache, refermant en un instant la distance entre Thrag et lui, et porta un violent coup d’épée qui traça un sillon sanglant sur le torse du chef orque. Ce dernier hurla de douleur et de rage, ses yeux s’injectant de sang. Dans sa fureur il porta un coup de poing féroce à Erhard, qui, sous le choc, recula, la tête partant en arrière. Thrag n’avait plus du tout envie de rigoler. Il voulait tuer ce zom, et tous les autres, et les nabots aussi. Ouais. Il voulait les massacrer, les dévorer, les éclater, les défoncer ! Son ventre lui faisait mal, ses dents aussi, et par Gork, c’était une bonne raison pour vouloir tout ça. Qu’ils attendent seulement que sa vouiv’ se ramène, et ils feraient moins les malins.

        Mais un léger sourire éclaira un instant son visage habituellement inexpressif d’Erhard. Car pour porter ce coup de poing, l’orque avait dû lâcher sa hache.

        Ce fut sa dernière erreur.

        Erhard se fendit, l’épée dans sa main droite pointée vers l’avant, l’autre bloquant définitivement l’arme de son adversaire. Dans un bruit répugnant, le vampire aux cheveux noirs planta brutalement sa première arme dans la poitrine du grand-chef orque, qui tressaillit sur le coup.

        Thrag écarquilla les yeux. Cette sensation, il ne la connaissait pas, mais c’était pas sympa à vivre, non. À vingt centimètres de son visage, le zom pas rigolo le fixait encore de ses yeux froids. Il voulait l’écraser, et même s’il se sentait un peu plus faible, il avait encore sa hache à la main. Poussant un grognement, l’orque leva sa hache d’une seule main, avant de hurler de douleur. Le zom, ce salo’, lui avait carrément coupé le bras à mi-coude avec sa deuxième épée. Son sang noir jaillit du moignon, et il sentit ses forces l’abandonner brutalement. Il ploya les genoux, et sentit plus qu’il ne vit Erhard retirer son épée et le pousser à la renverse d’un coup de pied.

        L’orque tomba sur le dos, étalé de tout son long. Son regard s’égara vers le ciel. Tout d’un coup, un hurlement bestial, et qu’il connaissait bien, retentit depuis les airs. Ce cri…c’était Crok’os, sa vouiv’ !

        Effectivement, là, survolant le champ de bataille, le reptile ailé s’en allait à tire-d’aile, en poussant des petits grognements de douleur. Thrag comprit, dans un de ses derniers moments de lucidité, qu’il avait été pris à revers par les trait’ zoms et nabots. Puis une silhouette se pencha au-dessus de lui. C’était un nabot, ou plutôt une nabote. Et elle non-plus, elle n’avait pas l’air très rigolote.

        « Engeance du mal, stupide meurtrier de trop d’entre nous, prépare-toi à être rayé du Dammaz-Kron ! » rugit Brunna, qui leva bien haut sa hache runique depuis laquelle s’échappaient des flammes dont la chaleur pouvait être ressentie plusieurs mètres à la ronde. La prêtresse de Valaya et ses gardes du corps étaient arrivés sur les lieux du combat avec Thrag, et pendant que les marteliers sécurisaient le périmètre à grand coup de marteaux, elle avait tenu à voir le grand chef orque dans ses derniers instants. Non-loin, Hokar observait la scène, le visage aussi fermé que celui d’Erhard.

        La hache s’abattit, et le corps brisé de l’immense orque fut pris d’un soubresaut alors que sa tête était séparée de son corps. Brunna recula, le souffle court, et prit un air décidé.

        « Mes amis, leur chef, cette immonde créature, est mort. À présent, anéantissons les derniers. Pour Azgaraz ! Pour le Roi ! »

        « Pour Azgaraz ! » reprirent en chœur les troupes autour d’elle. Ce cri de guerre se répandit partout sur le champ de bataille tel une trainée de poudre. Le dénouement approchait.


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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptySam 29 Fév 2020 - 9:11

La suite ne fut qu’une vaste opération de massacre sanglant. Galvanisés par la mort du grand chef orque et par la fuite de sa vouivre, les humains et les nains en surface se ressaisirent, ressemblant leurs dernières forces pour un ultime assaut. Regardant la mort en face, ils plongèrent à nouveau au cœur de la mêlée en hurlant des cris de guerre et des prières à leurs dieux. Sigmar, Grimnir, Morr et Gazul furent invoqués tant de fois que même Richter fut impressionné par tant de piété. Partout, la bravoure des humains et la ténacité des nains montraient leur supériorité sur la férocité des peaux-vertes. Des épées ébréchées étaient levées bien haut avant de s’abattre, des boucliers volèrent en éclat sous l’impitoyable riposte et des marteaux fracassaient genoux et crânes avec une ardeur renouvelée.

          Face à cette fureur, les orques et les gobelins reculèrent. La perte de leur chef avait été un coup terrible, et la résistance de leurs ennemis avait usé leur assaut. Leur nombre faiblissait beaucoup, car ils étaient engagés dans une nasse, encerclés de partout. Si le gran’chef avait tenté de faire une percée, la brèche qu’il avait faite s’était refermée, les combattants se réunissant autour de Brunna et d’Erhard, qui avaient abattu la bête dont la tête ornait à présent l’oriflamme personnel de la grande prêtresse. Au milieu des combats, Johannes Mikaelson avait repris la tête des guerriers d’Ubersreik, et anéantissait sauvagement tout ennemi qui passait à sa portée. Ce qui ne représentait pas grand-chose en réalité, ses hommes faisant leur possible pour tenir leur chef ‘blessé’ en-dehors des combats. Bien plus loin, à la lisière entre le front et les habitations orques, Richter abattait orque après orque, gobelin après gobelin. Si son assaut sur l’hérétique avait presque réussi, la présence de ses soldats avait réussi à le dissuader de rester trop près, et il avait décidé de retourner dans l’ombre.

          Les peaux-vertes perdaient du terrain. Leurs beuglements de rage se muèrent petit à petit en cris de douleurs, en grognements de méfiance, et parfois même hurlements d’agonie. Les gobelins ne mirent que peu de temps à s’enfuir, avec une hâte augmentée par la défaite cuisante qui se profilait dans les cavernes. Les orques, que l’évènement mit en sérieuse infériorité numérique, serrèrent les rangs autour de l’entrée de leur campement.

          Puis retentit derrière eux le son d’une cinquantaine de cordes tendues qui lâchent au même moment.

          Surgissant des baraquements rudimentaires que les peaux-vertes avaient établis sur la colline, les deux groupes de rangers, menés par Dimzad, décochèrent une volée de tirs d’arbalètes, qui prit les orques à revers. Puis, dévalant la pente qui menait au champ de bataille, ils entrèrent dans la danse, le nom de Grimnir sur les lèvres tout en brandissant leurs lourdes haches de guerre. La plainte cuivrée d’un cor résonna.

          Ce fut comme le signal de la débandade.

          À l’unisson, les orques brisèrent les rangs, s’enfuyant dans toutes les directions. La marée verte se dispersa en une myriade d’individus, chacun courant pour sa vie. Il n’y avait plus d’ordre, plus de cohérence. Ni d’espoir.

          La première ligne des humains fut renversée, à l’exception de Johannes et d’Erhard. Richter esquiva le coup d’épaule d’un spécimen trapu qui souhaitait manifestement le mettre à terre, puis lui planta une dague dans l’aisselle avec un rictus triomphant. Mais les nains ne furent pas aussi facilement surpris, et chaque orque qui tenta de les plaquer au sol ne trouva devant lui qu’une masse de métal, de poils et de rancunes. Puis le fer d’une hache. Les gobelins, eux, essayèrent de se faufiler entre les combattants, misant sur leur petite taille pour s’échapper. Ce fut peine perdue. La seconde ligne les cueillit avec vivacité, et ne permit à aucun de partir. Les orques qui suivirent, ceux n’ayant pas été retenus par des nains, furent fauchés par dizaines.

          Quelques orques parvinrent néanmoins à en réchapper. L’un d’entre eux traversa en courant l’arrière des lignes humaines, et vit devant lui une zom’ qui, seule, observait le champ de bataille depuis une butte, non loin des machines de guerre des nabots. L’occasion était trop belle. Raffermissant sa prise sur son kikoup’, il esquissa un vilain sourire tout en obliquant vers elle. Elle ne le vit que trop tard, et son sourire s’agrandit lorsque, parvenant à sa hauteur, il fendit l’air de son coutelas surdimensionné.

          Son sourire disparut quand il s’aperçut qu’il n’avait taillé que de l’air. Où était sa proie ?

          Un bruit attira son attention sur sa gauche. La zom’ était là, toujours seule, mais elle s’était réfugiée près des catapultes des nabots. Manque de chance, les artilleurs étaient occupés ailleurs, et ne faisaient pas attention à elle. Ni à lui d’ailleurs. Il se lécha les babines, et s’avança lentement vers elle.

          Un détail le surprit néanmoins. Elle ne paraissait pas intimidée. Au contraire, elle lui rendait regard pour regard, avec des yeux aussi froids que la glace.

          Cela aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, mais son esprit était focalisé sur le massacre. Aussi fut-il estomaqué de la voir se saisir d’un des projectiles de la catapulte, un gros bloc de pierre orné de runes, aussi gros que son torse, et beaucoup plus lourd, et le soulever à mains nues. Elle lui lança un nouveau regard froid, puis esquissa un sourire à son tour.

          L’orque s’arrêta. Son esprit tournait à plein régime. Il ne comprenait pas qui elle était, ni comment elle pouvait faire ça, mais il avait compris un truc. Un seul.

          Si elle pouvait soulever ce caillou, elle pouvait le lui lancer dessus.

          Il fit volte-face, et se mit à courir. Les arbres. Il devait atteindre les arbres. S’il courait suffisamment vite…

          Sybille sourit de toutes ses dents, révélant ses canines pointues au dos de l’orque.


          La dernière chose qui passa par la tête de ce dernier fut un rocher runique d’une demi-tonne.

          Plus loin, à l’entrée du campement, la bataille était finie. L’armée naine et humaine pénétrait les ruelles et les chemins entourant les baraquements, détruisant tout sur son passage. Brûlant ce qu’elle pouvait de sa hache flamboyante, un sourire satisfait sur les lèvres, Brunna et ses marteliers menaient l’opération, accompagnés par un Hokar qui tâchait de rester digne. L’endroit était quasiment vide, mais sa destruction fut un acte de fureur vengeresse telle que seuls les nains en sont capables. Les sourcils froncés, les dents serrées, et sans un mot, les guerriers barbus détruisirent méthodiquement chaque bâtiment, abattant chaque poutre, mettant à bas chaque mur, jusqu’à ce que l’endroit ne soit plus qu’un champ de ruines. Puis les restes furent consumés par le feu.

*

          La situation dans les sous-sols était plus tendue. La marée gobeline ne cessait pas de mettre une pression constante sur les rangs des nains. Ceux-ci, menés par leur roi en personne, avaient fini par adopter une posture défensive résolue, leur tactique favorite. D’autant que c’était d’ailleurs la seule chose envisageable en l’état à l’exception de la fuite, car la montagne de corps des gobelinoïdes fauchés par leurs soins ne permettait tout simplement pas d’avancer sans de considérables difficultés. Par contre, elle n’impressionnait pas vraiment les gobelins eux-mêmes, qui continuaient inlassablement de se jeter sur les nains en poussant des cris de guerre pitoyables tout en brandissant des armes aussi hétéroclites que rudimentaires. L’assaut des fanatiques ayant été stoppé net par la bravoure de Hrorgosak et des guerriers qui l’accompagnaient, c’était désormais par la bonne vieille tactique du ‘on pous’ jusk’à ske sa kasse’ qui était employée. Mais le statu-quo semblait désormais être presque la seule issue viable, car les nains refusaient de céder un pouce de terrain, mais ne pouvaient plus vraiment avancer.

          Tous sauf un régiment.

          Au centre du champ de bataille, Hrafni Hrotgarsson pestait. Il pestait contre ces fichus grobis et leurs incessantes tentatives de lui barrer le chemin, à lui et aux marteliers qui l’accompagnaient. Il pestait contre ces mêmes marteliers, qui n’avançaient pas assez vite. Il pestait contre ce jeunot de Thuringar, qui lui avait donné des ordres, et qui lui avait demandé de les suivre à la lettre. Et par-dessus tout, il pestait contre ledit plan, qui consistait grosso-modo à lui faire tomber une montagne sur le coin de la figure. Quelle idée umgak.

          Il fut dérangé dans son déversement de bile mentale par un grobi qui se mit à sautiller devant lui tout en agitant ce qui ressemblait à un cure-dents surdimensionné. La répugnante créature verte avait un sourire qui s’étendait d’une oreille à l’autre, et ses yeux pétillaient de bêtise qui s’ignore. Le maître des runes fit tournoyer son marteau, et l’arme atteignit son assaillant impromptu entre le thorax et l’abdomen. S’ensuivit un crac répugnant, et le gobelin fut projeté dans les airs en hurlant, le corps plié selon un angle improbable. Une fois parvenu au sommet de sa course, à environ cinq mètres du sol, le nouvellement promu ‘plongeur de la mort’ entama un arc de cercle qui se termina sur trois de ses congénères, qui moururent avant même d’avoir eu le temps de dire « ghac ».

          Hrafni renifla de dédain, puis se concentra sur sa mission. Il devait détruire un pilier, le pilier qui se trouvait à présent à quelques mètres de lui. Hochant la tête, il empoigna fermement son marteau avec ses deux mains. Malgré lui, il devait reconnaître que ces poils-au-menton de marteliers avaient fait un travail satisfaisant, car ils étaient presque parvenus à remplir leur objectif : l’amener devant ledit pilier. La suite, c’était son boulot. Et par Grungni, si son arme se comportait au moins à moitié que comme il l’espérait, Thuringar allait être servi.

          Lentement, le vieux nain continua son avancée, parvenant comme par miracle à ne jamais se prendre les pieds dans son immense barbe blanche. En quelques secondes, il fut derrière le premier rang de son régiment, et la minute suivante, le dernier grobi fut dégagé (bien que ‘haché’ soit un terme plus approprié), et il ne restait entre lui et la colonne de pierre qu’une cinquantaine de centimètres.

          Pour la première fois depuis longtemps, un sourire éclaira la face de Hrafni, ce qui ne fit, en l’état, que légèrement relever les plis de sa barbe. L’heure du véritable test était venue. Enfin, on allait voir ce que valait son arme runique. Et sa cible était ni plus ni moins que la principale colonne de pierre à soutenir la vaste caverne dans laquelle se déroulait la bataille. C’était une colonne naturelle, de cinq mètres de diamètre en son milieu et bien sept ou huit au sol. Polie par des millénaires de circulation d’eau à sa surface, elle présentait un faciès presque lisse. Le quartz qui la composait était assombri par l’exposition à l’air libre, mais Hrafni était certain qu’à l’intérieur, il était aussi blanc qu’un cristal pur. Quel gâchis.

          Alors que tout autour de lui la bataille faisait rage, les cris succédant aux cris, les hurlements aux beuglements, alors que les marteliers s’employaient à présent à former un barrage autour de lui, Hrafni arma son coup. Son regard n’était que concentration, son esprit tout entier étant focalisé sur sa seule tâche : briser ce pilier de pierre, cette merveille de la nature. Et le plus vite possible. Son squelette, aussi rigide que cette même pierre, s’arqua pour donner forme à son geste, armant son coup aussi loin qu’il le pouvait. Puis, dans un cri sec, il fit tourner ses hanches, et abattit le marteau en plein dans la pierre.

          Personne n’entendit son cri. Mais tous entendirent le choc. Ce dernier se répercuta dans toute la caverne, produisant un bruit sourd, profond, semblable à une explosion contenue. Les deux armées s’arrêtèrent momentanément, et chacun fixa l’immense ouvrage de la nature que le maître des runes venait d’ébranler. Mais mis à part l’apparition d’un cratère à l’endroit où Hrafni avait frappé, celui-ci tint bon, et la bataille reprit instantanément. Cependant, les grobis proches de lui devinrent soudain très excités, et accoururent vers le maître des runes bien plus nombreux qu’ils ne le faisaient jusqu’à présent. Les marteliers accusèrent le coup.

          « Il faut faire vite, vénérable maître ! » S’époumona Brok, leur thane. « Nous ne pourrons tenir éternellement ! »

          Bien sûr que non, jeune wazzok s’énerva silencieusement Harfni. Sans prendre le temps de lui répondre, ni même le regarder, le maître des runes arma un second coup. Ce dernier percuta la paroi de roche une seconde fois, provoquant une nouvelle secousse, tout aussi intense que la précédente, et cette-fois il eut la satisfaction de voir de larges fissures s’amorcer. Ces kruti vont voir ce qu’ils vont voir, et par Grungni, ils ne vont pas être déçus.

          À l’instant où son marteau s’abattit pour la troisième fois, il se demanda s’il n’y était pas allé un peu fort.

          Le coup résonna aussi fort que les autres, mais au lieu de ressembler à une simple percussion, on avait clairement pu entendre quelque-chose se briser. Les fissures se propagèrent à une vitesse phénoménale, couvrant le pilier de pierre d’un quadrillage de failles en une sinistre succession de craquements.

          Alors qu’il reculait, observant son œuvre d’un air ébahi, une main ferme se referma sur son épaule droite. « Il faut vite partir vénérable. Maintenant ! » Lui cria Brok, qui s’efforçait de rassembler ses nains pour partir dans l’autre sens sans se faire renverser. Car ils n’étaient pas les seuls à avoir remarqué la dévastation causée par Hrafni. Autour d’eux, c’était la panique la plus absolue. Les gobelins, qui avaient mis tant d’ardeur à avancer pour occuper le terrain, en étaient presque à se marcher dessus pour partir dans l’autre sens. Le sol se mis à trembler, et des débris de pierres commencèrent à tomber du plafond. Le maître des runes en sentit un rebondir sur son casque. Pour une fois, il sentit que la précipitation pouvait avoir du bon, et rejoignit le thane au pas de course, en se jurant de bien dormir une fois tout ce bazar terminé.

          L’armée gobeline était en pleine débandade. Leur grand shaman n’était plus qu’un légume à peine capable de baver, et le crâne de leur chef était éparpillé sur un rayon de dix mètres. Au premier signe que la caverne risquait de s’effondrer sur eux, ils avaient été tous pris d’une panique sans nom. Les nains, qui amorçaient une retraite stratégique ordonnée, purent voir les rangs de leurs ennemis se replier sur eux-mêmes alors que les petits peaux-vertes se précipitaient vers leurs tunnels. Les premiers arrivés furent bien entendu ceux de l’arrière-garde, tous sourires d’avoir pris le poste le moins à risque. Mais dans le bazar ambiant, aucun ne vit les sphères de métal incrustées dans les parois desdits tunnels, ni n’entendit le léger sifflement des mèches qui brûlaient. Par contre, ils entendirent parfaitement l’explosion qui s’ensuivit, quand la trentaine de grenades laissées par les brise-fers détonèrent, et leur sourire de satisfaction se figea sur leurs visages quand ceux-ci furent encastrés dans les tonnes de gravats qui tombèrent du plafond. Bien plus loin dans les galeries, accompagné de plusieurs nains en armures de gromril, Vorlek sourit d’un air sombre mais satisfait. Le piège s’était refermé.

          Il ne fallut qu’une paire de minutes pour Hrafni et ses gardes du corps du moment pour rejoindre leurs lignes, mais c’était déjà presque trop. Les tremblements qui ébranlaient l’endroit s’étaient faits de plus en plus violents, et plus d’une fois un martelier faillit tomber au sol, chaque fois rattrapé par ses camarades. Hrafni lui-même était presque poussé par Brok, qui était tiraillé entre le respect pour l’âge du maître des runes et l’envie de lui hurler de se dépêcher. La caverne résonnait des cris des grobis, des harangues des nains et des bruits assourdissants de rochers qui s’écrasaient au sol. Thuringar dut littéralement se faire pousser manu-militari dans un tunnel par ses propres gardes du corps et par Hrorgosak, qui refusaient catégoriquement de voir le roi courir le moindre danger. Plutôt se faire tueur. Le gardien de la porte au visage aussi amène qu’une hache se montra intraitable, et Thuringar finit par céder.

          Les machines de guerre avaient été repliées dès le premier coup de marteau de Hrafni sur la colonne de pierre. Gorim Grandmarteau, dont l’expression pouvait faire paraître un gor aimable, dirigeait l’opération sans prononcer un seul mot. Cela fit que quand Hrafni et le régiment de Brok arrivèrent, seuls quelques autres unités de longues-barbes étaient encore présentes, attendant patiemment que le vénérable maître des runes soit en sécurité avec de partir à leur tour. Il était plus que temps. Dans un craquement abominable, le pilier de pierre céda brutalement, projetant des débris de tailles allant jusqu’à plusieurs mètres tout autour de lui. Le plafond se fissura à son tour, faisant pleuvoir de la roche partout, et dans un souffle, le couloir se remplit d’un nuage épais de poussière de roche. Toussotant, suivant les casques fichés de lampes des mineurs qui avaient préparés leur retrait, l’armée naine n’attendit pas pour regarder la déchéance de leurs ennemis millénaires, les hurlements stridents qui venaient de l’autre-côté de la caverne laissant peu de doute sur leur sort, et s’élança dans leurs galeries pour éviter de subir le même.


*



          Près du campement des peaux-vertes, il était aussi plus que temps de s’occuper des blessés. Sous les ordres de Johannes – ce dernier étant ravi de la perte de connaissance de Coteas – une série de tentes médicales furent dressées à la hâte. Les blessés les plus graves étaient transportés en civière, et tandis que les premiers soins leurs étaient administrés, leur transport à la forteresse était organisé.

          Jandrom ouvrit les yeux, incertain de ce qui se passait autour de lui. Des formes lumineuses dansaient devant son regard, des formes floues qui n’arrêtaient pas de bouger. Prenant conscience qu’il était allongé, tenta de se redresser, mais s’en trouva incapable. Puis il prit conscience de la douleur. Elle venait de partout. Son torse, ses membres, sa tête, tout cela n’était qu’une cacophonie de souffrances. Les sons autour de lui étaient comme étouffés, et il se demandait s’il n’était pas train de rêver. Puis tout lui revint en mémoire peu à peu. La bataille. L’orque. Leur combat. Et son vol qui s’était terminé sur le sol herbeux. Sa conscience lui revint petit à petit. Les formes devant lui se précisèrent, prenant les traits de certains membres de sa troupe. Et les sons qu’il entendait, c’était leurs voix. Qui criaient son nom.

          « Je…suis…désolé… » Arriva-t-il à murmurer. Avant de se rendormir, il se dit qu’il n’était pas prêt de chanter avant un bout de temps.
         

Un peu plus loin, un tablier déjà taché de sang hâtivement passé sur sa cotte de plates, Brunna faisait son office de grande prêtresse de Valaya. En sa qualité de déesse ancestrale du foyer, Valaya était aussi celle qui soignait, et aucune de ses suivantes ne dérogeait à la règle. En l’occurrence, ils avaient besoin de toutes les mains possibles pour prodiguer les soins les plus urgents aux nombreux blessés, avant qu’ils ne repartent pour la forteresse, et Brunna n’avait pas hésité une seule seconde.

Ce fut avec grande surprise qu’elle vit entrer dans la tente le chef des rangers, Dimzad, qui était suivi par des nains de son régiments épaulant leurs blessés, dont…

“Ember...”

Le nom, qu’elle avait proféré dans un souffle, lui avait échappé. Sa nièce, soutenue par deux rangers et visiblement inconsciente, portait encore son casque, ce qui était plutôt bon signe quant à la sauvegarde de sa véritable identité.

“Hmmm ?” Dimzad s’était tourné vers Brunna. Visiblement, s’il l’avait entendue, il ne l’avait pas comprise, ce qui l’arrangeait.

“Vous avez fait bon combat, Thane ?” lui répondit-elle en se reprenant. “Vous avez beaucoup de blessés à nous soumettre ?
— Non, pas vraiment.” Dimzad s’écarta pour lui montrer la poignée de nains en plus ou moins bon état qui le suivaient. “Une demi douzaine de malchanceux, sans grand danger immédiat. Ils ont aussi eu deux des nôtres, ces fils de kruti. Mais ils ont été vengés.
— Je n’en doute pas.” Brunna hocha la tête face au court résumé du thane. “Vous pouvez laisser vos hommes sur le banc là, je m’occuperai d’eux. Pour les inconscients, il doit me rester trois couvertures à l’arrière.
— Je vous remercie, grande prêtresse. À vrai dire, il n’y a guère que ce jeune là qui aurait besoin d’une paillasse.” ajouta-t-il en pointant Ember, que deux nains s’affairaient à allonger. “Cette tête brûlée s’est amusé à fricoter avec une wyvern. Tout seul.”

Brunna haussa un sourcil. Dimzad, lui, secouait lentement la tête, l’air quelque peu fermé.

“L’a bien amoché, d’ailleurs, mais ç’aurait été mieux qu’il la laisse accrochée à son poteau. Maint’nant, on va d’voir passer la semaine à traquer la bestiole. ‘Fin bon, je vous laisse vous occuper d’eux, grande prêtresse, avec le reste de mes hommes, on va essayer de traquer les quelques peaux-vertes qui n’aurait pas pris leurs jambes à leurs cous assez vite.”

Brunna hocha la tête, et regarda le vieux thane bourru repartir. Elle jeta également un regard à sa nièce. Heureusement qu’elle était là pour s’occuper des blessés… et l’aider à conserver sa fausse identité un peu plus longtemps. Cela dit, Ember aurait des chose à lui raconter une fois réveillée…




Émergeant d’un boyau, deux brise-fer poussiéreux tenaient bras dessus, bras dessous un Vorlek qui ne tenait que moyennement debout. Les deux vétérans des sous-sols avaient emmené le prêtre de Gazul en sûreté après la retraite de leur régiment aux travers des lignes ennemies, tant bien que mal. Mais avec la fuite générale des grobis, retourner vers les lignes naines avaient été relativement sans danger en comparaison.

Avec toute la déférence qui leur était possible avec leurs armures de gromril, les deux brisefers déposèrent Vorlek sur un banc en pierre pour qu’il puisse enfin s’adosser à quelque chose. Ce dernier, à moitié conscient, les remercia d’un salut et vérifia machinalement la présence de son ratisse-rancune, déchargé, à son flanc. Dans un soupir, les deux brise-fers acquiescèrent et laissèrent le longue-barbe là où il était, s’en allant reprendre leurs rondes sous le karak. Après un telle victoire, il fallait toujours quelqu’un pour en vérifier l’étendue. On n’était jamais assez prudent avec les grobis.


Les yeux dans le vague, Vorlek leva les yeux vers la statue sobre de Gazul qui se tenait non loin du temple du même dieu. Et encore plus près se trouvait Burlok Baransson, le prêtre local, qui observait Vorlek en montant ses yeux vers le plafond par intermittence. Dans les mains du jeune prêtre se trouvaient déjà quelques bandages.

Définitivement, c’était un perspicace ce petiot, se dit Vorlek en souriant faiblement.




“Arrière hérétique ! Lâche ce parchemin maudit, ou il t’en cuira, par Sigmar !”

Le nain soupira, provoquant un léger tremblement de ses poils de barbe.

“Monsieur, pour la sixième fois, ce n’est pas un parchemin, c’est un bandage. Et si vous n’en voulez pas, bien que je pense que vous avez prit un sacré coup sur la tête, votre collègue là-derrière en a certainement besoin.”

Richter ne quitta pas l’infernal nabot des yeux. Il y avait tellement d’hérétiques dans ce coin qu’on n’était jamais trop prudent. Peut-être était-il là pour profiter de sa faiblesse ? Ou de celle de Coteas ? L'archidiacre était allongé derrière lui, dans une tente dont il était le seul occupant, et se remettait de ses blessures, reprenant parfois conscience. C’était certainement ça qu’ils voulaient, nuire à ce très haut dignitaire de l’Eglise. Mais ils étaient tombés sur trop fort pour eux. Fronçant encore plus les sourcils - ce que le soigneur nain ne pensait pas être possible - il porta la main à sa rapière.

“Déguerpissez, avant que je ne vous troue le corps façon passoire Ostlandaise. Votre tentative est vouée à l’échec !”

La voix du nain était exaspérée.

“Umgi, je ne doute pas que vous accomplissiez votre travail à merveille, mais je suis chargé de soigner l’archidiacre, et vos simagrés m’en empêchent. Alors par Valaya, poussez-vous, ou je vais appeler des renforts.”

Le sang de Richter ne fit qu’un tour.

“Des menaces ?” S’écria-t-il, la moustache vibrant de colère. “Vous osez me menacer, moi, un illustre représentant de Sa volonté ? Mais il vous en cuira, perfide lutin de…

- Mais quel est ce boucan à la fin ? Ketzerfeuer, qu’est-ce qui vous prend de hurler comme ça ?”

La voix de Coteas était plus faible qu’à l’accoutumée, mais elle avait les mêmes accents de sévérité que lorsqu’il dirigeait sa paroisse ou qu’il donnait des ordres sur un champ de bataille. Instinctivement, Richter se tourna vers lui, permettant au nain de s’avancer.

“Monseigneur, je vous protège contre les basses volontés des seigneurs de la ruine. S’ils tentaient un seul instant de vous atteindre dans cet état...Eh, je t’ai vu me passer devant ! Ne bouge pas, satané hérétique !”

Le soupir de l’archidiacre des Entommeures fut l’exacte copie de celui du soigneur nain. Se redressant lentement sur son lit, montrant ainsi subtilement son corps aux muscles sculpturaux recouvert de nombreux bandages, Coteas fixa son regard glacial sur le répurgateur. Ce dernier recula d’un pas par réflexe.

“Laissez-le passer, Ketzerfeuer, lui et tous les autres qui suivront. C’est un ordre. Et je ne veux pas apprendre que vous en avez profité pour importuner quelqu’un d’autre. Votre bévue avec Mikaelson aurait pu nous coûter très cher.

- Mais, cet hérét…

- Taisez-vous ! Nous en reparlerons quand j’irai mieux. Tenez-vous à carreaux, ou il vous en cuira. Et maintenant, sortez.”

Blanc comme un linge, le répurgateur aux moustaches improbables sortit de la tente. Coteas s’allongea à nouveau, aidé en cela par le nain. Cette entrevue impromptue l’avait épuisé, mais il avait à présent pris une nouvelle résolution. Il allait falloir sévir au sujet de ce Ketzerfeuer. Les hommes comme lui déshonoraient le nom de Sigmar depuis bien trop longtemps.




Elric marchait lentement, l’air groggy. On lui avait pansé ses plaies, et un nain bourru à barbe blonde l’avait assuré que ses jours n’étaient pas en danger tant qu’il pouvait marcher. Marcher, il le pouvait certes, mais il avait l’impression d’être un terrien sur le pont d’un bateau en pleine tempête. Chaque pas était une épreuve, et il se sentait nauséeu. C’était donc ainsi ce que ressentaient les jeunes recrues lorsqu’elles se plaignaient du ‘mal de mer’ ? Il s’était copieusement moqué d’eux à de nombreuses reprises, mais là, présentement, il n’avait pas envie de rire. Ni même de chanter, ce qui était plus inquiétant. Il ne voulait que s’allonger et fermer les yeux, mais il ne pouvait pas. Il avait une dette de vie, et il ne voulait pas la retarder plus que nécessaire. Ses yeux fatigués scrutaient chaque visage autour de lui, la foule compacte et mouvante rendant la recherche d’une personne très compliquée. Mais il n’était pas du genre à vouloir abandonner, surtout pas maintenant.

Il était en plein milieu de la zone réservée aux premiers secours. Nains et humains déambulaient autour de lui, transportant bandages, civières et outils dans un capharnaum de paroles, de bruits métalliques et de cris des blessés. Plusieurs personnes s’écartèrent brusquement de son chemin en marmonnant qu’il devrait faire attention, mais il n’y prêtait aucune attention.

Erhard était seul, en périphérie de la foule, perché sur une petite butte. Il préférait cette posture, loin de l’action, mais suffisamment proche pour pouvoir intervenir. Ses yeux perçants scrutaient sans les voir des dizaines de visage alors qu’il surveillait, de loin, son frère Johannes alors que ce dernier était en grande conférence avec Hokar et d’autres officiers nains et humains. Son frère aimait visiblement jouer au petit soldat, mais son tempérament vantard et fougueux pouvait ressurgir à tout instant. Sybille, qui à cet instant aidait tant qu’elle pouvait au rafistolage des blessés, n’avait pas les mêmes faiblesses, la sienne étant sans doute de se croire supérieure à eux parce qu’elle n’avait pas la même fierté. Présentement, elle avait elle aussi mis un masque, celui de la noble à la fois guerrière et maternelle, n’hésitant pas à accompagner une armée à la guerre tout en restant là pour soigner les blessés une fois la bataille finie. Elle aurait ensuite le culot de dire que cela aiderait bien plus leur cause que les fanfaronnades de Johannes et les siennes, mais il savait que non. Chacun aidait à sa façon, comme un édifice ne peut être cohérent avec seulement des murs sans aucune porte ni fenêtre. Lui, il s’était octroyé le rôle de surveiller les travaux, et de s’assurer qu’aucun importun ne vienne les saboter.

Il sentit un regard se poser sur lui et baissa les yeux. Là, devant lui, se tenait un homme dont le visage fin était figé dans une expression mêlant tristesse, désespoir et soulagement. Il mit une seconde à reconnaître Elric Von Reitz, l’un des compétiteurs du tournoi. L’homme était d’habitude pimpant, charmant et bavard, mais l’Elric qui se trouvait devant lui semblait n’être que son ombre.

« Je peux vous aider ? » Demanda Erhard de son habituelle voix sans émotions.

L’autre s’approcha, et répondit d’une voix hésitante :

« Je...oui. Je voudrais...vous remercier. »

Il déglutit, puis reprit.

« Vous m’avez...sauvé la vie aujourd’hui. Sans vous...J’aurais été tué sur place. Cet orque... »

Sa phrase resta en suspend, puis ses sourcils se froncèrent, et pendant une seconde il parut être à nouveau l’Elric habituel.

« J’ai une dette. Envers vous. Une dette de vie. »

Erhard le fixa sans changer d’expression. Il ne s’était pas attendu à ça. L’honneur des hommes lui paraissait étrange parfois. Ils pouvaient se montrer cruels sans raison envers autrui, et s’attacher eux-mêmes des boulets à la cheville l’instant d’après, pour des évènements sans importance. Mais il n’allait pas laisser ce genre d’opportunité passer.

« Et comment comptez-vous la remplir ? »

Elric déglutit à nouveau. Visiblement, il n’avait pas vraiment réfléchi à cette partie-là.

« J’ai...des amis. Et un bateau. Si vous avez besoin d’aide, un jour, demandez-moi. » Son visage se durcit à nouveau. « Je répondrai à votre appel, quel qu’il soit. »

Erhard le dévisagea, plongeant ses yeux dans ceux du marin tanguant qui lui faisait face. Cette déclaration méritait tout son intérêt. Parfois, on pouvait ajouter un vitrail à un édifice sans même s’en douter.




Hrorgosak Gorikson marchait à l’arrière-garde. Il ne serait pas dit que le moindre Grobi survivant tromperait sa vigilance, et le moindre de ses guerriers qui relâchait son attention se faisait vertement tancé. Le roi Thuringar comptait sur eux, et s’il y avait bien une chose que Hrorgosak préférait à la tradition, c’était plaire à son roi. Toute le throng revenait de la bataille contre les grobis, remontant les antiques tunnels qu’ils avaient emprunté quelques heures plus tôt. La marche de l’armée était silencieuse, quasiment funèbre. Le baume de la victoire s’était révélé amer devant les pertes subies.

Les pas de Hrorgosak étaient lents, car il boitait du pied gauche. Cette saloperie de fanatique semblait l’avoir durement touché, quoi qu’il en dise. Pour autant, il avançait sans se plaindre, l’air digne malgré sa cotte de mailles abîmée, son bouclier fendu et sa barbe poussiéreuse. Ce dernier point était celui qui le gênait le plus. Passe encore que son équipement ait subi les affres de la bataille, mais sa barbe, sa barbe ! C’était sa fierté, sa gloire, le signe de son statut et de son autorité. La savoir dans cet état le perturbait beaucoup. Pour lui, c’était parfaitement disgracieux. La seule pensée positive qui lui venait à présent était la victoire. Ils avaient gagné, oui. Une bonne quantité de rancunes avaient été lavées aujourd’hui. Mais à quel prix ? Des centaines d’autres seraient ajoutées. Hrorgosak se surprit lui-même à souhaiter une bonne pinte de bière, mais se reprit. Vraiment, il devait être très perturbé.




Un peu en avant dans le cortège de nains, Gorim Grandmarteau marchait à la tête des restes de son clan. Lui aussi boitait, ayant subi de nombreuses blessures de la part de ces satanés grobis sur araignées géantes. Mais ce n’était pas ça qui l’ennuyait. À cet instant précis, la douleur physique était presque ce qui le faisait encore tenir, qui le rendait conscient du monde qui l’entourait. Car Gorim était en proie à un fléau bien plus redoutable que la douleur : la honte.

Elle rongeait chacune de ses pensées. On lui avait confié une mission claire et précise : défendre l’artillerie. Une mission à laquelle il avait échoué, lamentablement, au-delà de toute réparation. Il avait jeté l'opprobre sur lui-même, sur son clan, et ne voyait aucune solution. Personne ne lui en avait parlé, aucun des membres du jadis glorieux clan Grandmarteau n’avait prononcé un mot à ce sujet, mais ils savaient. Il savait qu’ils savaient. Ça se voyait dans la sombre mélancolie de leurs yeux, dans l’allure défaite de leur démarche, dans leurs postures courbées. Plus une seule trace de leur fierté, de leur orgueil. Mais ce n’était pas la fin. Leur honneur, ils allaient le reconquérir, quel que soit le temps que ça prendra. Il n’était pas dit que le clan Grandmarteau baisserait les bras.

Plus jamais !




Un peu plus loin, Hrafni Hrotgarsson était lui content. Et mécontent à la foi. Ou l’un ? Il n’arrivait pas à se décider, et ça le frustrait. Il avait envie de taper sur des choses. Mais évidemment, il n’avait plus de gobelins sous la main. Ni de pilier de pierre ancestral et vénérable. Et il fallait en parler du pilier ! Autant, il avait abattu l’affaire, autant… Par Thungni, s’il avait réussi à l’abattre en un seul et unique coup… Ah ! La satisfaction ! La gloire ! Mais non. Bon, le marteau n’était pas umgak, déjà. Hahahaha, il avait fait s’effondrer la moitié de la montagne avec, tout seul ! Mais il s’était perfectible. Oui, s’il s’était inscrit au tournoi pour pouvoir tester son marteau contre des personnes, il se rendait maintenant compte qu’il devait voir plus grand. Beaucoup plus grand.
Marmonnant dans sa barbe, le vieux maître des runes hocha la tête, et un sourire qui donna des frissons aux marteliers à côté de lui se dessina sous sa barbe. Oui, finalement, il était content, très content même... il allait en parler à la guilde des mineurs, ça allait être glorieux.


Dernière édition par Arcanide Valtek le Jeu 5 Mar 2020 - 14:03, édité 1 fois
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L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyJeu 5 Mar 2020 - 10:26

Le lendemain matin

Debout sur sa tribune, Thuringar souriait fièrement alors que son regard embrassait l’impressionnante vue qu’offrait l’arène. Ce jour était un jour de fête, un jour de célébrations, mais plus que tout, un jour de victoire. Posant machinalement sa main dans sa barbe touffue, il sentait distraitement le poids de tous les regards posés sur lui. Des discours, il en avait fait des dizaines, des calmes, des enflammés, des colériques et des joyeux. Aujourd’hui, il ne savait pas encore ce qu’il allait dire, mais cela ne le gênait pas.

Les sièges autour du sien étaient tous plein pour une fois. Brunna et Hokar, auréolés de la gloire qu’ils avaient acquise la veille, affichaient un sourire aussi rayonnant que le sien. Surtout Brunna, dont quelquefois le regard se teintait d’une fierté difficilement contenue à laquelle se mêlaient quelques larmes. Vraiment, la prêtresse semblait troublée, dans le bon sens du terme, mais il ne savait par quoi. Comble de l’inespérance, Hrafni ne dormait pas, ayant au contraire l’œil étonnamment vif. C’est vrai qu’il allait se battre aujourd’hui, mais cela ne l’avait pas empêché de roupiller les fois d’avant. Il fallait croire que le fait de faire s’effondrer une caverne avait dû lui faire retrouver une partie de sa fougue d’antan. Quelques autres anciens de son conseil n’avaient pas la mine aussi réjouie que lui, et ils étaient imités par Gunther Hindelschtrossheblunter, qui ne se remettait toujours pas d’avoir été mis à l’écart diplomatiquement. Au moins s’en était-il rendu compte. Par contre, Johannes Mikaelson partageait la joie apparente des autres, et il avait de quoi, au vu des actions de sa famille.

Thuringar s’avança, et se saisit de la pierre runique qui amplifiait sa voix. Le public, dont on avait à nouveau autorisé la mixité entre humains et nains, retint son souffle.

« Mes très chers amis, nobles représentants de nos deux races. Aujourd’hui, nous célébrons encore une fois l’alliance entre nos deux peuples. Car elle nous aura encore une fois permis de triompher face aux immondes peaux-vertes. »

Il y eut un silence, brisé uniquement par quelques murmures. Un certain Snorri avait fait couler sa bière sur son voisin de devant, qui se révéla être Vorlek Dunbalsson. Il se confondit en excuses le plus silencieusement possible sous le regard glacial du prêtre de Gazul.

« Cette bataille », reprit le roi de sa voix rocailleuse à l’accent chantant, « fut une dure épreuve. Nombreux sont ceux qui, parmi nous, y ont perdu un proche, un ami, un parent. Les peaux-vertes ne nous ont fait aucun quartier. Nous ne leur en avons fait aucun à notre tour. »

L’ambiance se refroidit tout d’un coup. Les regards se baissèrent et se durcirent. Les poings se crispèrent et des yeux s’emplirent de larmes, de tristesse comme de colère. Jandrom serrait les dents sous son bandage. Il avait tenu à être présent, et on l’avait transporté jusqu’aux gradins pour l’y asseoir tant bien que mal. Les mots du roi résonnèrent comme des tambours funèbres au plus profond de son être. Il avait vu mourir plusieurs amis et parents la veille. Massacrés sous ses yeux. Il savait qu’il ne s’en remettrait jamais vraiment.

« Nous leur avons fait payer au centuple ce qu’ils nous ont fait subir. Et c’est le cœur gonflé de fierté que je vous le dis : si nous avons gagné, c’est grâce à vous tous ! C’est grâce à votre bravoure, à votre force, à votre habileté et à votre discipline. Aujourd’hui, nous sommes en deuil, c’est vrai, mais nous sommes aussi victorieux, et nous sommes vengés. »

Thuringar sentait qu’il atteignait le point culminant de son discours. L’assistance entière était suspendue à ses lèvres. Si une mouche s’était trouvée de l’autre côté de la salle, il l’aurait entendue.

« Cette victoire, c’est à vous que nous la devons, et à ceux qui ne sont plus là avec nous. Vous, eux, nous tous, nous sommes la fierté de nos deux peuples ! »

Cette dernière déclaration fit sourire intérieurement Johannes.

« Ce tournoi, que nous allons à présent terminer, restera dans les mémoires comme étant l’un des symboles de notre amitié. Fêtons ainsi dignement cette alliance, dans la gloire au combat. Nos parents disparus nous regardent de leur place éternelle. Faites en sorte qu’ils entendent vos vivats ! »

Le silence explosa sous les applaudissements et les acclamations. Thurirngar leva la main pour saluer la foule, et sentit une légère humidité sur le coin de sa joue. Surpris, il réalisa qu’il avait été ému aux larmes. De tous les discours qu’il avait faits, celui-ci était le premier où cela lui arrivait.


Spoiler:
 

Traduction réalisée d'après Grudgelore, de Nick Kyme et de Gave Thorpe.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyLun 9 Mar 2020 - 10:49

Une fois l’assemblée redevenue silencieuse, ce qui prit un long moment, on annonça - enfin ! - la suite des combats : aujourd’hui se joueraient les demi-finales, entre les deux premiers des deux poules. Demain, les deux perdants des duels ouvriraient le bal pour se tailler le chemin jusqu’à la troisième place du podium, avant de laisser l’arène pour la finale… Les pronostics allaient bon train, entre les deux vénérables nains qui avaient fait grands bruits pendant la bataille souterraine… tout comme leurs homologues humains, les hauts faits d’Erhard ayant déjà bien parcouru les oreilles des nains.

Curieusement, c’étaient les participants eux-mêmes qui semblaient le moins affectés par l’excitation ambiante. Ce n’était pas le genre d’Erhard, car après tout il se savait déjà bien supérieur à tous les autres, vampire de son état… c’était presque d’arriver à cacher qu’il était effectivement meilleur qui avait de quoi l’inquiéter ! Hrorgosak non plus n’avait que faire des paris, de gagner, ou autre, lui qui était entré au tournoi simplement pour donner une bonne leçon (et une bonne raclée) aux courtes barbes… et il n’y en avait tout simplement plus à rabrouer. Dans la tribune des invités royaux, ni Hrafni, ni Coteas ne semblaient guères excités. L’un laissait ses mains en Sigmar, l’autre ne voyait plus d’intérêt à les mettre au travail dans l’arène… il avait mieux à faire ailleurs, par Thungni !

Justement, après un énième roulement de tambours à en faire résonner les halls trois niveaux en dessous de l’arène, on finit par appeler les deux premiers combattants :

Demi-finale : Jean Coteas des Entommeures (MagnanXXIII) contre Hrorgosak Goriksson (Doobloom)

Les deux vénérables se firent face, visages fermés, et s’inclinèrent comme le voulaient les us. L’un comme l’autre auraient dû être couverts de bleus et de contusions, trop fatigués pour combattre aussi tôt après les batailles. Mais grâce aux soins des plus attentionnés prodigués par les prêtresses de Valaya, ils étaient presque miraculeusement, surtout dans le cas de l’archidiacre bien malmené par le troll géant, de nouveaux vifs et disponibles. Et ils ne perdirent pas leur temps :

“SIGMAAAAAAR !!!
— GRIMNIRRRRRR !!!”

Aux cris de guerre se succédèrent ceux des armes. Le marteau s’abattit sur le longue-barbe… qui esquiva le coup avec une agilité presque déconcertante, et en profita pour porter avec grande maîtrise trois coups sur l’armure impériale… qui ne céda pas ! Un sourcil vénérable se souleva sous le casque de Hrorgosak : l’umgak, ça n’était plus ce que c’était. (JCDE : 1T annulée ; Hrorgosak : 3T, 3B, 3svg)

L’acier nain se révéla lui aussi à la hauteur de sa réputation : le marteau de l’archidiacre, quand il touchait, ripait sur les plaques de métal avec force crissement, sans pour autant les faire ployer. Ils s’échangèrent ainsi plusieurs passes, déployant des trésors de maîtrise des armes, sans pour autant arriver à percer leurs armures bien trempées.

JCDE : 2T, 0B ; Hrorgosak : 2T,2B, 1svg, 1invu

JCDE : 1T, 1B, 1svg ; Hrorgosak : 2T, 2B, 2svg

JCDE : 2T, 2B, 2svg ; Hrorgosak : 2T, 1B, 1svg

Finalement, l’assemblée poussa un cri, de même que Hrorgosak. Pas un cri de douleur, mais de frustration. L’acier nain ne ployait pas avant celui des humains ! Il y avait de la rancune dans l’air, ce soir. (JCDE : 3T, 2B, 1svg, -1PV ! Hrorgosak : 3T, 3B, 3svg)

“Je vais trouver ton forgeron, umgi ! Et je ne sais pas si je vais le féliciter ou le passer à tabac pour avoir fait une telle arm-”

Il n’eut pas le temps de finir sa pique qu’il trouvait pourtant bien sentie. Quelques dizaines d’onces de métal tombèrent soudainement sur son casque sous forme d’un marteau sanctifié, et ce fut tout juste s’il ne perdit pas connaissance sur le coup. Mais il écarta les étoiles qui dansaient devant ses yeux en secouant la tête. Enfin, une bonne partie des étoiles, ce qui était suffisant pour qu’il puisse faire de même à ce maudit impérial ! (JCDE : 3T, 2B, -2PV ! Hrorgosak passe à 2A)
Mais non, au son de cloches qui avait résonné dans son crâne suite au maudit coup, se succéda le son de son arme faisant résonner les plaques de l’armure bénie. (Hrorgosak : 1T, 0B)

“Maître nain, c’est sûrement parce que c’est vous mêmes qui avez enseigné aux forgerons humains l’art de la métallurgie que je puis me targuer d’avoir si bonne armure aujourd’hui.” lui parvint la voix posée de Jean Coteas.

Ma parole, se dit Hrorgosak, mais il se fout de moi aussi ?!

“Je vous interdis d’être poli avec moi, par Grungni !”

Et il se rejeta dans la mêlée, au grand dam de l’archidiacre qui avait tenté d’alléger quelque peu l’affaire. Il esquiva sans peine l’attaque rageuse du longue-barbe, qui visiblement ne pensait plus très droit, et l’envoya tituber un peu plus loin d’un revers de son marteau. (JCDE : 1T, 1B, -1PV ! Hrorgosak passe à 1A ; Hrorgosak : 0T)

Avant qu’il ne puisse se retourner, Hrorgosak sentit l’arme de l’archidiacre s’abattre sur son épaulière. Il y eut un grand craquement, et il sentit qu’il ne pourrait plus lever son bras : la plaque de son armure, tordue, il ne pouvait plus bouger comme il le fallait… Ce n’était peut-être pas plus mal, se dit-il en son fort intérieur, le bras était probablement bien contusionné aussi.

Il lâcha son arme, et mis un genou à terre. Sous les applaudissement de l’audience, Jean Coteas lui tendit la main pour l’aider à se relever… Un grognement lui indiqua que ce n’était pas là peine : Hrorgosak ramassa sa fidèle hache, et s’appuya sur son bouclier pour se redresser. Fièrement, il sortit seul de son côté de l’arène.

Victoire de Jean Coteas des Entommeures.

Demi-finale : Erhard Mikaelson (Arcanide Valtek) contre Hrafni Hrotgarsson (Gromdal)

La première demi-finale s’étant terminée, il était temps d’enchainer avec le combat suivant qui s’annonçait autrement plus tendu. Que ce soit à cause du protectionnisme latent des nains ou la propension aux coups d’éclat hasardeux de Hrafni, ce duel faisait déjà chavirer le cœur des teneurs de paris.

Thuringar fut d’ailleurs bien surpris de ne pas avoir à bousculer l’ancêtre pour qu’il se déplace dans l’arène. Le maître des runes s’était levé de son propre chef à la fin du précédent duel et dodelina tranquillement vers son emplacement sous les acclamations des nains de l’assemblée, plus particulièrement ceux qui avaient servi dans les souterrains ces derniers jours.

Mais Erhard n’était pas en reste non plus à l’applaudimètre. Nombreux étaient les soldats et mercenaires impériaux à avoir vu le Mikaelson se démener contre les peaux-vertes de la surface et on le lui rendait bien – même s’il ne semblait pas vraiment y porter attention tout compte fait. Les yeux froids d’Erhard étant tout aussi concentré que son esprit sur le marteau aux runes luisantes du nain en face de lui.

Une fois les deux combattants en place, on sonna les cors pour signaler que les épées et le marteau pouvaient commencer leur concerto.

Comme lors d’un combat précédent, Hrafni surpris la foule en avançant vers son adversaire. L’ancêtre faisait ainsi preuve d’une certaine vivacité qu’on ne lui soupçonnait guère. Erhard, lui, eut une foulée plus mesurée. S’il pouvait contrôler la charge de vieux nain, peut-être pourrait-il limiter les dégâts… Et il avait vu les prouesses de cette arme runique assez souvent pour ne pas vouloir prendre de risques.

Les deux combattants à l’âge pas si éloigné que cela finirent par se rencontrer et bien vite on remarqua que la prudence d’Erhard payait son dû. Le marteau de Hrafni avait filé droit (Hrafni : 1T), mais peut-être trop justement car il en devenait prévisible (touche annulée). Et Erhard se permit même le luxe, après avoir esquivé le coup mortel, de gratifier l’ancêtre de quelques « égratignures » selon ses termes. (Erhard : 2T, 2B, 2 PV !)

Semblant se ressaisir, Hrafni cligna des yeux, le regard dans le vague, avant de se rappeler qu’un adversaire en duel pouvait bouger plus qu’un pilier.

« Ah… Krut, c’est vrai », grommela-t-il dans sa barbe avant de se remettre en garde (ce qui impliquait qu’il mettait son marteau au-dessus de lui).

Erhard leva un sourcil face à la farce qu’était cette posture, mais sa bienséance lui dictait qu’un commentaire mal placé serait, eh bien, mal placé. Il se contenta de repartir à l’assaut avec la même technique qu’avant : une de ses épées pour frapper, une pour dévier si nécessaire. Les deux lames sifflèrent (Erhard : 4T, 2B, 2PV !) et laissèrent d’autres trainées sanglantes sur le bras armé du maître des runes qui grogna pour la première fois en reculant d’un pas (Hrafni : 0T).

Voyant que sa stratégie de temporisation marchait à merveille, Erhard poussa son avantage et se lança dans un nouvel assaut. Mais au moment où il armait sa frappe, le vampire réalisa avec horreur que le vieux nain avait un chariot de retard par rapport à lui. Ce qui impliquait que la frappe que Hrafni avait préparée avec son bras levé… était en train de tomber. Utilisant plus qu’il n’aurait dû ses réflexes vampiriques, Erhard contracta tous les muscles qu’il pouvait pour se dégager de cette position fort gênante. Hrafni, lui, tenta d’enfoncer un clou gênant (Hrafni : 1T, 1B, 2PV !).

Dans le grondement sourd que produisit le marteau de destruction massive, les yeux fatigués du vieux maître des runes eurent du mal bien comprendre ce qui s’était passé. Il avait frappé l’umgi, mais pourtant ce dernier se tenait à côté de lui. Hrafni regarda son bras, il ne tenait plus vraiment son marteau en fait. Il ne le sentait pas non plus.

« Hmm. Ennuyeux. »

Mais alors que l’ancêtre se demandait quelle forme aurait dû avoir les brassards dont il devait s’équiper pour protéger ses frappes, un coup de pommeau d’épée vint éteindre la lumière environnante. (Erhard : 3T, 3B, 1 invu, 2PV !)

Victoire d'Erhard Mikaelson.
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MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyJeu 12 Mar 2020 - 11:30

Alors que public acclamait les participants, quelque chose se mit à transparaître dans le public et plus particulièrement chez les nains. Une sorte de lente réalisation qui s’installait après l’annonce du vainqueur du précédent duel. En effet, il ne fallut pas longtemps aux fils et filles des montagnes pour comprendre que les champions de leur propre race avaient tous été, eh bien, vaincu.

Le regard dans le vague, nains comme naines regardèrent les prêtresses de Valaya emmener leur dernier espoir, Hrafni, pour être soigné en sécurité. Ce fut comme si on venait de faire sauter un pilier porteur de la halle principale de la forteresse. La finale du premier tournoi organisé par des nains allait se jouer entre humains. Les umgis avaient gagné.

Plusieurs dans l’assemblée baissèrent le regard, d’autres froncèrent des sourcils en incendiant Thuringar d’un air vengeur. Mais ce qui était sûr, c’était que l’air donnait l’impression d’avoir perdu quelques degrés alors que les tribunes se taisaient d’un grondement sourd.

Puis, un nain se leva, la rage au cœur et commença à sortir de l’arène. Un autre se leva à son tour, puis un groupe, puis une rangée. Toute l’opération se fit dans un mutisme qui ne fit que faire se poser des questions aux humains alentours. Et lorsqu’un spectateur osait en poser une justement, il écopait aussitôt d’un coup de poing visuel et un grognement de déni, mais rien de plus.

Thuringar voyant sa propre tribune se vider à vue d’œil, les longues-barbes du conseil s’étant déjà levé d’un bloc en grommelant une rancune dans la seconde suivant la fin du match, le roi nain ravala son égo et se redressa après un soupir.

« DAWI ! »

Tonnant à tout-va, l’appel du roi nain en fit se retourner plus d’un.
« Est-ce là votre manière d’accueillir nos hôtes ? Oui… Nous avons perdu »

Entendre ces mots de la part de leur roi en personne ne fit qu’aggraver l’air morose de tous les nains présents, mais Thuringar n’avait pas terminé :

« OUI ! Ils sont venus et ils nous ont vaincus. Certes. Mais dois-je vous rappeler que pas plus tard qu’hier, vous festoyiez avec les umgi ? Célébrant une victoire mémorable contre nos ennemis de toujours ?! »

A cette mention, quelques nains de l’assemblée enlevèrent leur casque pour honorer d’une prière silencieuse les vaincus. D’autres commencèrent à acquiescer aux propos de leur roi, mais à voix basse.

« OUI ! L’honneur de notre forteresse a été terni par cette défaite. MAIS MAINTENANT… Maintenant on s’assoit. On se pose et on regarde la fin de ce tournoi. On regarde les umgis se battre jusqu'au bout… Parce que nous, nains, savons honorer la prouesse au combat de nos alliés ! »

Cette fois-ci, le regard de Thuringar se tourna vers la délégation humaine qui ne savait plus trop où se placer.

« Mais, nous sommes aussi capables de leur faire comprendre que nous aurons notre revanche un jour tandis que nous applaudissons poliment. Parce que le prochain tournoi, car il y en aura un autre ! Lui ! N’aura pas le même déroulement, foi de dawi !! KHAZUK ! »

Le Khazuk tonitruant qui répondit en écho à l’invective de Thuringar sembla satisfaire la majorité des nains présent qui partirent se rassoir, même s’ils le firent les bras croisés. Quelques anciens partirent tout de même, mais il sembla aux organisateurs que la crise avait été évitée.

Puis, Johannes Mikaelsson fit mine de se lever pour accompagner le discours de Thuringar avec quelques verbes bien senti. Mais après s’être fait foudroyé du regard par un roi nain dont la colère avait été contenue depuis plusieurs minutes l’en dissuada. Et au roi de Karak Azgaraz d’annoncer la suite des combats et donc la petite finale par un son de cor qui tenait presque plus de la complainte amère que de réjouissances, mais ainsi en était-il.




Petite finale : Hrafni Hrotgarsson (Gromdal) contre Hrorgosak Gorimson (Doobloom)

Sous les tribunes, les prêtresses de Valaya s’affairaient autour de Hrafni Hrotgarsson. C’est que l’ancêtre ne semblait pas se réveiller depuis son dernier combat !

Mais alors que l’inquiétude allait grandissante, un Khazuk tonitruant se fit entendre depuis les tribunes… et Hrafni se releva d’un trait devant des prêtresses médusées.

« Aïe, se contenta-t-il de maugréer.
— Vénérable rhunki, allez-vous bien ? s’enquit une des prêtresses.
— Les grobis attaquent ?
— Heum… Non, on s’agite au-dessus c’est tout.
— Dommage. Bon, je m’en retourne chez moi. »

Et au maître des runes de sortir de sa litière comme si de rien était.

« Mais enfin, il vous reste un combat à mener !
— Heh ?
— Le tournoi n’est pas terminé, il faut encore départager les guerriers qui recevront les différents lots.
— Attendez, parce qu'on gagne des trucs à la fin ?
— Eh bien, oui, en fonction de votre place
— Y'a un classement ?! »

Il fallut encore une bonne dizaine de minutes pour faire comprendre à Hrafni le concept de tournoi. Une fois cela fait, l’ancêtre put être amené non sans mal dans l’arène sous le regard froid des nains et celui indécis des humains. En effet, ces derniers ne savaient pas vraiment s’ils devaient tenter l’affront d’encourager un combat que les nains eux-mêmes semblaient réprouver.

Ce fut donc dans un silence quelque peu pesant que Hrorgosak entra dans l’arène… avec un air satisfait. Les jeunots montraient un semblant de sens commun à ses yeux en restant coi et, presque pour la première fois de la journée, le longue-barbe n’avait pas trop à redire. Et puis, pour une fois, son adversaire avait une barbe de taille réglementaire et honorable pour changer !

On sonna le début du combat sans plus tarder. Il était clair qu’on voulait que ce « détail » soit réglé au plus vite.

Hrafni, ne donnant pas l’impression d’avoir enregistré la totalité des informations, ne bougea pas d’un centimètre sur le terrain, mais il comptait ses doigts en murmurant (Hrafni : 0T). En voyant cela, Hrorgosak compris que l’ancêtre en face de lui comptait le nombre de rancunes à lui infliger car il n’engageait pas le duel de la manière la plus naine possible. Le thane ne se fit donc pas prier et fila, hache en avant, mais son hésitation le fit s’arrêter devant Hrafni (Hrorgosak : 1T 1B 1Invu).

C’est qu’il s’agissait d’un ancêtre vivant enfin ! On ne l’insultait pas l’attaquant par Grungni ! En plus, l’ancêtre vivant avait l’air ailleurs (Hrafni : 0T), il était donc déshonorable de l’attaquer alors qu’il n’était pas prêt.

S’ensuivit une période de quelques secondes durant laquelle Hrafni finit de compter et s’exclama subitement :

« Ah ! Mais c’est qu’ça peut financer un outil ou deux c’tournoi en fait. »

Et le maître des runes se saisit de son marteau. Il n’en fallut pas plus pour que Hrorgosak relance son assaut (Hrorgosak : 3T 2B 2Invu) mais sans grand succès alors que sa hache rencontrait le marteau (Hrafni : 1T annulée).

Voyant que Hrafni n’était pas le combattant le plus rapide, et se rappelant très bien de l’effet du marteau de l’intéressé sur le pilier de la caverne, Hrorgosak eu la même idée que nombre de combattants avant lui : jouer le jeu de la distance et profiter de sa rapidité. Et cela marcha jusqu’à un certain point (Hrorgosak : 3T 1B 1Invu / Hrafni : 0T / Hrorgosak : 3T 1B 1Svg / Hrafni : 0T). Si le thane arrivait à survivre, il n’était pas capable de passer outre la résolution de son adversaire. C’était comme frapper une paroi de granit.

« Bon ça dure tout ça ! » grogna Hrafni après une énième passe.

Comme parcouru par un électrochoc, Hrorgosak sentit sa moustache se friser d’horreur. Il avait déçu un ancêtre ! Par la barbe de Grimnir, il ne pouvait en être ainsi ! Armant un nouveau coup, le thane envoya une taille avec toute la force qu’il pouvait mettre dedans (Hrorgosak : 1T 1B 1PV !). Enfin, la peau presque impénétrable de maître des runes avait cédé. Mais Hrorgosak n’eut pas longtemps pour célébrer l’occasion, car il s’était mis à portée de l’arme de son adversaire (Hrafni : 1T 1B 2PV !).

Le tonnerre du marteau runique rugit à nouveau et ce ne fut que grâce à un réflexe bien rodé que le gardien des portes réussit à dévier une partie du coup avec son bouclier. Mais ce dernier souffrit de l’impact et le bras de Hrorgosak en tremblait encore.

Guidé par sa ferveur de vouloir rendre l’ancêtre fier, le thane lança un nouveau coup (Hrorgosak : 1T 1B 1PV !) qui ne perça pas autant qu’il aurait souhaité. L’impact précédent l’ayant en effet déstabilisé un brin. Une opportunité que le maître des runes saisit dans l’instant en abattant son arme terrible (Hrafni : 1T 1B 3PV !).

Un nouveau choc, une nouvelle détonation sourde. Hrorgosak, qui avait cette fois perdu son bouclier et ne sentait maintenant plus son bras, déclara forfait avec le peu de lucidité qui lui restait. Mais avant de sombrer dans une semi-inconscience post-Hrafni (un syndrome devenu commun durant ce tournoi), le thane eut l’immense joie d’apercevoir un subtil acquiescement de la part du maître des runes… Il s’était bien battu. C’était tout ce qui comptait.

De son côté, Hrafni dodelinait de la tête en imaginait le petit pactole qui l’attendait. Il fallut cependant quelques minutes de plus pour lui faire comprendre qu’il n’avait pas gagné le tournoi.

Victoire de Hrafni Hrortgarsson !

Grande finale : Erhard Mikaelson (Arcanide Valtek) VS Jean Coteas des Entommeures (MagnanXXIII)

           L’heure était venue. Tout ce temps, tous ces combats, avaient menés à ce moment précis. Ce moment où les deux meilleurs guerriers du tournoi allaient s’affronter dans un combat sans merci pour qu’un seul en émerge vainqueur. Et ces deux combattants, qui s’étaient silencieusement placés sur leurs emplacements respectifs, se regardaient dans un silence total.

           Serein, Jean Coteas des Entommeures dardait son regard sévère sur son adversaire du jour. Il l’avait vu se battre, et avait aussi eu vent de ses récents exploits. Ce Mikaelson n’était peut-être pas la personne la plus aimable du monde, mais ses talents martiaux étaient indéniables. Pourtant, si Sigmar le voulait, il triompherait.

           Face à lui, Erhard était parfaitement immobile. Dans son armure noire, il ressemblait presque à une statue. Une statue dont les yeux pourraient geler un incendie sur place. Erhard se méfiait de l’archidiacre, et ne le prenait certainement pas à la légère. Il l’avait vu éliminer ses adversaires avec une efficacité toute militaire. S’il voulait gagner, il allait falloir jouer serré, surtout s’il voulait le faire sans révéler sa nature de créature de la non-vie.

           On aurait dit qu’une chape de plomb s’était abattue sur l’arène. Thuringar lui-même hésita une demi-seconde avant de lever le bras. Comme un éclair dans le brouillard, les cors retentirent, et en un éclair les deux combattants se jetèrent l’un sur l’autre.

           « POUR HELDENHAMMER ! » Hurla Coteas, qui chargea en levant bien haut son marteau. Erhard lui répondit par le silence tout en s’élançant droit devant. Leur rencontre vit Erhard encaisser un déluge de coups amples portés par un Jean Coteas qui ne perdit pas un seul instant. La plupart furent parés ou esquivés, mais le vampire ressentit tout de même une vive douleur sur son épaule gauche. Pour autant, Coteas cessa soudain son assaut, l’air surpris, et se passa la main sur le front. Elle se couvrit d’un liquide chaud. Erhard sourit. Sa contre-attaque fulgurante avait réussi à atteindre en partie son but (Erhard : 2T, 2B, 1svg, 1 PV ! Coteas : +3 attaques ! 5T, 1 T annulée, 3B, 2 invu, -1PV !).

           Mais cela sembla avoir l’effet inverse de celui prévu sur l’archidiacre. Au lieu de le forcer à prendre une attitude plus défensive, ses yeux s’emplirent de colère, et il chargea à nouveau, forçant Erhard à rester sur la défensive (Erhard : 0T). Mais sans succès, car l’archidiacre força le contact, et lui asséna un violent coup dans le plastron (Coteas : 1T, 1B, -1PV !). Erhard réagit au quart de tour, et bloquant le marteau de ses deux lames, il donna un grand coup de pied dans les jambes de Coteas, le faisant tomber lourdement (Erhard : 2T, 1B, -1PV ! Coteas : 0T).

           « Vous vous battez bien » dit ce dernier d’un ton sévère en se relevant, « mais Sigmar me protègera ».

           Erhard répondit sans une once d’émotions.

           « Sigmar n’aura rien à voir avec le gagnant. La foi n’est pas votre seule arme, j’espère. »

           « Vous verrez bien. »

           Ils retournèrent au combat, l’un virevoltant avec ses deux lames, l’autre implacable, le marteau tourbillonnant comme un boulet de canon au bout d’une corde. Erhard vit la plupart de ses coups déviés par l’imposante armure de plaque du prêtre, mais au moment où il pensait trouver une faille, une vive lumière blanche dévia son coup (Erhard : 2T, 2B, 1svg ,1 invu), le laissant complètement vulnérable. Coteas n’hésita pas, et sa contre-attaque envoya voler Erhard, qui se réceptionna durement, perdant une de ses épées au passage (Coteas : 2T, 1B, -1PV ! Erhard perd une attaque).

« Que disiez-vous sur la foi, mein Herr ? Il semble que Sigmar ait donné son jugement. »

Encore une fois, Erhard ne répondit pas, se contentant de serrer les dents. Voyant son adversaire le toiser ainsi, Coteas se mit à nouveau en garde, et s’avança. Leur ballet reprit, mais les mouvements d’Erhard se faisaient plus lents, plus prévisibles. Une nouvelle fois, la lumière blanche de l’amulette de Coteas le protégea d’un coup redoutable (Erhard : 2T, 1B, 1invu), et une nouvelle fois le vampire mordit la terre et se releva. Seuls l’aspect cabossé de son armure et ses attaques de plus en plus maladroites attestaient des dégâts subis, car il ne prononçait nulle plainte (Coteas : 1T, 1B, -1PV ! Erhard perd une attaque). Coteas, aussi sombre qu’un longue-barbe qui a gagné une rancune, ne lui laissait aucun répit. Il semblait que son adversaire se relèverait tout le temps, mais par Sigmar, il finirait bien par rester au sol (Erhard : 2T, 1B ,1svg, Coteas : 2T, 1B, -1PV ! Erhard perd une attaque).

Puis, il lui vint une idée. Si ce damné Mikaelson ne voulait pas rester à terre, alors il allait falloir la jouer fine. Erhard tenta une ultime botte, qu’à sa grande surprise Coteas ne tenta même pas de bloquer. Pour une fois, son visage inexpressif s’emplit de doute, puis de frustration quand sa lame ricocha une nouvelle fois sur l’armure du prêtre (Erhard : 1T, 1B, 1svg). Mais ce dernier n’était pas resté inactif. Profitant de l’attaque d’Erhard, il pivota sur ses appuis, et frappa, non pas son adversaire, mais son arme. Il y eut un bruit métallique qui fit sursauter toute l’arène, et l’épée atterrit dix mètres plus loin, la lame tordue (Coteas : 2T, 2B, -2PV !)

Victoire de Jean Coteas des Entommeures
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Arcanide Valtek
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L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: L'honorable tournoi de Karak Azgaraz    L'honorable tournoi de Karak Azgaraz  - Page 2 EmptyVen 20 Mar 2020 - 14:52

Dans la forteresse naine, l’ambiance avait viré au solennel. Passée l’exaltation de la finale, passée la ferveur du public et la fureur des combats, était venu le temps de conclure. Et pour cela, Thuringar avait rejoint le sol de l’arène, son royal pied foulant les mêmes dalles que les belligérants de son tournoi. Car c’était le sien, et de la même façon qu’il l’avait initié, il comptait bien l’achever : avec panache.

Il n’y était bien sûr pas seul. D’abord l’accompagnaient les hauts dignitaires de la forteresse, les plus anciens arborant une barbe florissante et un regard qui aurait pu enfoncer des clous dans de l’acier. S’y trouvaient notamment Brunna, dont le visage harmonieux arborait un demi-sourire, et Hokar, qui semblait être le seul à n’être pas réellement atteint par le dédain général dont ses pairs faisaient preuve. Il y avait aussi les membres de la délégation humaine. Gunther Hindelschtrossheblunter était cette fois réveillé et aux aguets, mais quels que soient ses efforts, aucun nain n’avait oublié ses remarques déplacées la première fois qu’il était venu, et ils réagissaient à ses paroles comme si un simple courant d’air les avait effleurés. Au contraire, Johannes Mikaelson, qui le dépassait d’une bonne tête, ne faisait même pas mine de lui disputer son autorité. C’était déjà fait. Son prestige acquis lors de la bataille de la veille éclipsait totalement la légitimité du vieux Gunther.

Mais pour l’heure, aucun des deux ne disait rien. Toute l’attention était focalisée sur les compétiteurs. Les dix participants aux phases de groupes et à la phase finale se trouvaient là, sans exception, bien que certains aient dû employer des techniques particulières pour descendre dans l’arène. C’était particulièrement le cas de Jandrom, dont l’état avait exigé l’emploi d’une civière, et d’Ember, qui avait dû venir soutenue par deux autres nains. Elle n’avait pas enlevé son masque pour autant, mais tout le monde pouvait deviner qu’elle était mal en point. Le maestro parvenait à garder le sourire, mais son visage était pâle, et semblait manquer de sa dureté habituelle. Elric était encore bandé, mais il tenait bien debout, tout comme Richter, même si le visage de ce dernier fixait à présent intensément le sol, sa moustache improbable pendouillant vers le sol. Gorim Grandmarteau avait le regard déterminé, et sa mine aurait pu le faire passer pour un des membres du cercle d’anciens du conseil du roi. Vorlek avait à peu près la même, à la différence près que c’était habituel chez lui, et n’attirait plus autant l’attention. Hrorgosak, qui avait perdu ses deux derniers duels, était pourtant l’image même de la sérénité, contrairement à Hrafni, qui se dandinait sur place à l’idée de recevoir son prix. Jean Coteas, impassible lui aussi, riait intérieurement de voir le plus ancien des participants manifester le plus d’impatience. À côté de lui, Erhard arborait la même expression qu’à son habitude, c’est-à-dire aucune, et ce malgré sa récente défaite en finale.

Après les combats, un énorme podium de pierre orné de runes avait été posé au centre de l’arène. À cet instant, il était vide, mais personne n’avait de doutes quant à ses futurs occupants. Une estrade avait également été amenée, afin que Thuringar puisse être vu de tous pendant son discours de fin. Plusieurs coffres étaient tractés jusqu’au centre de l’arène eux aussi, tâche d’autant plus difficile qu’ils étaient aussi faits en pierre.

Quand tout fut prêt, Kregac Argrunsson, le premier héraut du roi, ordonna qu’on établisse un cercle autour du podium et de l’estrade. Puis, de sa voix forte et claire qui lui avaient, en parti, valu son office, il appela le trio gagnant à se placer sur les marches du podium. Hrafni, l’esprit ailleurs, grimpa péniblement sur la troisième, Erhard se plaça tranquillement sur la deuxième, et Jean Coteas se hissa pesamment sur la première.

« Mes amis » commença Thuringar, qui commençait à s’impatienter d’en finir, « Voici venu le dernier moment de ce long tournoi. Vous êtes nombreux à être venus, de nos propres tunnels jusqu’à de lointaines horizons, pour y participer, mais comme le veut la coutume, il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur. »

Il s’arrêta un instant, puis reprit.

« Je sais que nombre d’entre vous espéraient voir un dawi à cette place. C’est aussi mon cas, mais si cet espoir a été déçu, un autre a été largement accompli : celui de voir cet évènement sceller une nouvelle fois l’amitié entre deux peuples, deux races, qui plus que jamais doivent se serrer les coudes en ces heures sombres. Mais aussi et surtout, dawis, umgis, j’avais l’espoir que cet évènement soit une réussite, une fête, et cet espoir-là a été exaucé au-delà de mes espérances ! »

Il y eut à nouveau des applaudissements, des vivats, mais le roi éleva bien vite à nouveau sa voix de stentor.

« À présent, voici venu le moment de donner les récompenses. » Il attendit un signe de son héraut, qui lui signifia que tout était prêt. « Sur la troisième place du podium, nous avons un des plus éminents membres de notre fier peuple : le seigner des runes Hrafni Hrotgarsson. En récompense, vénérable, votre prix est d’un tonnelet de bière Bugman, de cinquante gorl d’or, ainsi que ce serre-tête d’argent, serti d’émeraudes. De plus » ajouta le roi d’un ton qui devint soudain hésitant, « il était, hum, prévu que vous gagniez aussi ce…marteau. »

Et devant l’assemblée ébahie, alors que plusieurs nains apportaient lesdits prix au maître des runes, on vit l’un d’eux lui présenter un marteau à une main, d’une facture à priori excellente, orné de symboles et de décorations. Hrafni darda un regard impitoyable sur l’objet, puis le saisit dans l’une de ses mains massives et l’y tourna longuement, l’observant sous toutes les coutures. Puis, poussant un reniflement de mépris, il rendit l’objet au porteur, qui sans plus de cérémonie le plaça avec le reste du prix. Thuringar était soulagé. Hrafni n’avait pas fait de scène. Il passa rapidement au suivant.

« Sur la seconde place du podium, nous avons l’un des plus brillants guerriers umgis qu’il nous ait été donné de rencontrer : Erhard Mikaelson. En récompense, votre prix est de deux tonnelets de Bugman, de cent gorl d’or, ainsi que ce pendentif. De plus, vous avez également gagné ce bouclier. »

Erhard observa nonchalamment les porteurs qui l’approchaient à son tour. Le pendentif était superbe, tout d’or et de bronze, serti d’un gros rubis, mais le bouclier l’était tout autant, étant décoré de motifs finement gravés représentant des nains et des hommes à égale proportions. Gravement, il inclina la tête, signifiant ainsi sa gratitude. Dans le public autour, Johannes crispa son sourire. Son frère aurait pu au moins être un peu plus volubile en ses moments de gloire, ça n’aurait pas fait de mal à leur aura.

Thuringar fixa alors ses yeux vers l’archidiacre.

« Et sur la première place, l’umgi qui n’a perdu aucun combat, et un fier défenseur de l’humanité, j’ai nommé Jean Coteas des Entommeures ! »

Contrairement aux deux précédentes annonces, celle-ci fut suivie d’une nouvelle salve d’applaudissements, que Thuringar coupa au bout de quelques secondes.

« En récompense, cher ami, voici tout d’abord cent-cinquante gorl d’or, ainsi qu’un tonneau de bière Bugman. Ensuite, je vous prie d’accepter ce torque de platine. Enfin, vous remportez aussi ce casque, fait par nos meilleurs artisans. »

En plus de la somme colossale, Coteas vit les porteurs lui amener un superbe torque, d’or et de platine, orné de décorations d’une précision incroyable, et dans lequel était serti un énorme diamant, finement ciselé. Le casque, qui était presque un véritable heaume, pouvait recouvrir l’intégralité de la tête, et disposait de deux trous en losange pour les yeux. Il était de couleur gris sombre, mais rehaussé de motifs d’or et de bronze. Quatre nervures formaient une croix à son sommet, et il était sculpté de telle façon que la zone sous le nez ressemble à une barbe. Un objet typiquement nain, mais splendide.

« Je vous remercie beaucoup, votre majesté, pour ces récompenses à l’humble serviteur de Sigmar que je suis, en mon nom, et en celui de mon Eglise. »

Thuringar acquiesça, ravi qu’au moins un des gagnants fasse preuve de gratitude.

« Dawis, umgis, à partir de maintenant, ce tournoi est terminé. Mais pas les festivités, oh non. Mettons des tonneaux en perce, que la bière coule à flots, et que la joie nous étreigne jusqu’à demain ! »
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