L'hiver se poursuivait, toujours plus virulent dans ses assauts. les tentatives pour rejoindre Karaz-a-Karak ou Zhufbar par gyrocoptère s'étaient soldées par des échecs. Le vaste Kazad était pétrifié par le vent et la neige. A l'intérieur, Skorri Barberouge supervisait l'installation de lourdes portes d'acier qui pouvait isoler des groupes de salles entières, tandis que ses fondeurs, purifiaient le minerais d'or ou de gromril qui provenait des salles d'extractions. Un de ses gardes du corps, vint le chercher en lui annonçant qu'une coulée d'or pur était sur le point d'avoir lieu.
- Fort bien, je ne manquerais celle là pour rien au monde. Sais tu pourquoi mon brave Barin ?
- Non, bien que cela soit une coulée d'or pur et que le spectacle de ce métal fondu aussi brillant que le soleil soit agréable, je ne sais pourquoi.
- Parce que les pièces et les lingots de cette coulée iront rejoindre mon coffre. Depuis trente ans, entre les salaires et les achats et les frais de reconquête, c'est à peine si j'ai encore un trésor personnel. Cette fois, ni tribut à verser, ni nourriture ni houblon à acheter. Rien que du bon et bel or qui brillera pour mes yeux.
- J'ai entendu dire que des émissaires du clan du dragon rouge souhaitaient venir, est-ce exact ?
- Oui, malgré les tempêtes de neige ils veulent voir de leur propre yeux notre Kazad et notre victoire. Mais derrière eux se profile la curiosité du Haut Roi. Les allégations de certains ont jeté l'opprobre sur nous.
- Pour quel motif ? nous étions à un contre mille lors de la reconquête de la mine. Nous n'avons utilisé qu'une arme parmi tant d'autres ! A Karak Azul et à Huit Pics, ils dératisent maintenant avec des canons crache flamme !
- Je sais cela, mais des clans très traditionnalistes nous en veulent de jetés aux orties ce qu'ils considèrent comme étant une partie de notre héritage.
- Ils te considéreront mieux lorsque tu feras état de tes richesses.
- Nous verrons cela, conclua le jeune Thane en se dirigeant vers la fonderie.
Au fond de son trou, la horde de Gridlok, faisait bombance, dévorant avec une satisfaction émaillée de rire, de rots et de pets la troupe de skavens sur laquelle ils étaient tombés. Gridlok lui-même mangeait de bon appétit une cuisse d'orque qui s'était fait écrasé par un fanatique. Près de lui, Gorak le Boucher attrapa un jeune gobelin qio le servait et le vida avant de manger les parties les plus charnues de la bête. Bel avertissement, cet orque noir allait être difficile à se coltiner, songeait Gridlok. Depuis que cette brute épaisse avait rejoint ses rangs, le nombre de chefs fidèles diminuaient de façon alarmante. Il fallait se débarrasser de cet imbécile avant qu'il ne soit trop tard.
- Gorak apprécie la chasse et le festin, grogna l'orque noir. Mais Gorak veut plus !
-Tu as raison mon ami, appuya Gridlok et j'ai une idée, un grand pillage !
Les orques et les gobelins hurlèrent d'approbation.
- Tuons des zoms ! Beugla Gorak !
- Non, des nabots ! reprit Gridlok, tuons les nabots et mangeons-les !
Gorak apprécia très moyennement le fait d'être contredit, il se prépara à trucider le chef gobelin quand celui-ci hurla le mot magique qui mit tout le monde d'accord et lui sauva la vie.
- Ils ont de la bière !!!
Les orques et les gobelins préparèrent leur équipement et quittèrent la grande salle de la grotte où ils se trouvaient et prirent la direction de la surface. Gorak laissa Gridlok emmener la horde là où se trouvait les nabots. Il le tuerait après la bataille et serait le chef... Un bon plan. Gridlok de son côté réfléchissait au meilleur endroit pour emmener sa horde. Envoyer ses troupes vers un Karak était du suicide. mais une colonie minière bien défendue pourrait faire l'affaire. Les nabots avait repris il y a bien des générations une vaste mine. avec un peu de chance, celle ci serait en mesure de les recevoir...
Les Orques arrivèrent un vu du Kazad lors d'un changement d'équipe de terrassiers. En une demie heure, la vaste vallée enneigée fut noire d'orques et de gobelins. L'alerte fut donnée. Les nains virent que la tribu qui les attaquait n'était pas une des moindres. Skorri flanqué de Grugni regardait la horde avec un mélange d'appréhension et de surprise.
- Il y a du monde en bas, c'est vrai, mais ils n'ont aucune arme de siège, il vont tenter de prendre la porte d'asaut.
- Skorri dit Grugni, cette fois, tu vas avoir quelque chose de bien particulier à faire.
- Quoi donc ?
- Me montrer que j'ai eu tort de mal juger tes stratégies. Ils ont du bois à proximité. Ils ne vont pas tarder à construire des béliers. ou des tours. et nous n'avons pas encore assez d'artillerie pour tous les repousser et encore moins de guerriers. Si tu as une idée pour les faire déguerpir, c'est le moment.
Gridlok, regarda sa horde progresser du haut de son char à loup flambant neuf, une réalisation des snotlings. Au loin, Gorak parlait avec un groupe de chefs, en lançant des coups de tête en direction du chef gobelin. Celui_ci nota dans quelles unités les chefs et Gorach allaient se mettre et ordonna que l'on installe les faux au niveau des roues. Cette bande traitres allaient payer leur changement d'allégeance.
Les orques se mirent à édifier rapidement des tours pour arriver au niveau des murailles, tandis que les chamans travaillaient d'arrache pieds a rendre ces constructions branlantes un peu plus stables et transportables par le biais de magie. Gorach quand à lui testait la défense adverse en notant que certains endroits semblaient dégarni de machines de guerre. En trois jours, malgré le froid, les machines de siège furent prêtes.
- Alors, hurla Skorri, tout le monde est prêt ? il ne s'agit pas de se battre en ligne mais d'en tuer le plus possible sans s'arrêter. Je ne sais pas si les automates tiendront face à eux, c'est la première fois que nous les utiliserons comme machine de guerre. Ne jouez pas aux héros. si ils croient ces machines invulnérables ils fuiront, c'est le but. Bonne chance à vous.
Une fois cela dit, il rejoingnit son groupe de marteliers, espérant que les peaux vertes allaient mordre à l'hameçon du point faible. En dernier recours, il jeta une prière aux ancêtres pour que ces machines tiennent le coup.
A l'aube du quatrième jour, les peaux vertes donnèrent l'assaut, orque et gobelins se disputant leurs places dans la horde. Les unités commandées par les chefs fidèles à Gorach se trouvaient en arrière. Parfait se dit gridlok, voilà qui va faciliter le travail de mes gobelins de la nuit. Il regarda précisement où se trouvait Gorach et prépara son char. il savait très bien ce que les nabots avaient préparé, et il n'allait rien faire pour empêcher le désastre.
Les tours avancèrent près des murs, là où théoriquement il ne devait pas y avoir d'artillerie. Mais soudain une série de forte détonnations retentirent dans l'air. Les tours furent proprement pulvérisées tandis qu'une pluie de projectiles s'abattaient sur les peaux vertes. Les obus schrapnells transformaient en bouillie des dizaines d'orques à la fois, les balles trouaient les panses et bientôt l'odeur des viscères orques répandues sur le sol dissipa celui de la poudre. Coincés en bas des murs, les orques et les gobelins commençaient malgré tout l'escalade, afin d'atteindre les sabords de tir de l'immense vaisseau de pierre. Au dessus d'eux, les gyrocoptères s'en donnaient à coeur joie, envoyant des bombes incendiaires. Gridlok lança son char contre un régiment d'orque où se profilait la tête d'un chef rebel. sous l'impact, il faucha une douzaine de guerriers et coupa en deux ce frimeur d'orque à la peau tatouée. il ne se retourna même pas et fonça vers le centre de la bataille, où Gorach donnait des ordres pour tenter d'empêcher la débâcle.
L'unité d'automates était prête et sortit au moment où les lourdes portes d'acier s'ouvrirent. Contournant la horde, les automates prirent le chemin d'une petite colline d'où il pourraient charger les gobelins par le flanc. Pour l'occasion, les automates avaient été armés de lourdes barres de métal, légèrement aiguisées, mais qui maniées par des bras d'acier développant vingt tonnes de pression pouvaient couper un orque en deux. La peur et la terreur étant des armes aussi importantes que le sont la hache et le marteau, les nains utilisèrent les soufflets à pression pour envoyer dans l'air des mugissements afin de capter l'attention de leurs ennemis.
les machines pilotées par les nains chargèrent les rangs inorganisés de flanc et laissèrent derrière eux une saillie de corps disloqués et de sang, tapant comme des sourds et profitant de leur allonge démentielle, les nains mécanisés éventrèrent les unités orques et gobelines d'un bout à l'autre du champ de bataille.
Gridlok vit enfin son rival debout sur un rocher, qui ordonnait de rester en place malgré les pertes. Usant d'un harpon avec lequel il trainait des ennemis blessés derrière son char, gridlok transperça la cuisse de l'orque noir et trimballa celui-ci tel un pantin devant le regard médusé de ses guerriers tout en ordonnant la retraite.
Une fois de retour dans la grotte qui lui servait de repaire, Gridlok examina avec satisfaction sa horde. elle avait diminué d'un bon tiers, mais avec la mort de Gorak, celle-ci était plus fidèle que jamais. Se rappelant que son estomac criait famine, il tandit à l'un de ses servants le membre tranché de l'ancien orque noir où était encore fichu son harpon fétiche et ordonna de le faire rôtir à petit feu.